Auteur/autrice : Juliette Brunerie

  • Sémawé lance son site pour accompagner en Holacratie des territoires anglophones

    Nous sommes fiers d’annoncer la mise en ligne de notre site web en anglais : www.semawe.us. Ce nouveau site permet aux organisations anglophones de découvrir nos services d’accompagnement à la transformation organisationnelle, notre approche du coaching de dirigeants, et nos formations en Holacracy.

    Sémawé accompagne des équipes à l’international et dans des contextes multiculturels. La création d’un site dédié en anglais s’inscrit dans la continuité de cette dynamique. Vous y retrouverez des contenus détaillés sur nos offres de coaching individuel, audits organisationnels, supervision de réunions, ou encore nos stages de découverte Holacracy, avec une structure claire et un ton adapté au public nord-américain et européen.

    Ce site a aussi pour objectif de renforcer notre visibilité à l’international. N’hésitez pas à le consulter, à le partager, et à le faire circuler dans vos réseaux :
    https://semawe.us

  • Ce que votre colère dit de vous : et si c’était votre « Ombre » qui pilotait ?

    En tant qu’accompagnante des transformations organisationnelles, je suis régulièrement amenée à coacher des individus, dirigeants, managers, collaborateurs.

    De façon récurrente dans ces accompagnements, apparaissent des zones d’agacement, des situations relationnelles qui se rigidifient et des doutes qui s’installent chez mon coaché « Ai-je vraiment le droit d’être en colère ? Est-ce normal de sentir un tel agacement ? »

    Bonne nouvelle la réponse est oui c’est tout à fait courant et ce n’est pas une question d’avoir le droit ou pas. Il s’agit plutôt de prendre un temps de recul pour faire le tri en soi…


    L’illusion du « c’est la faute de l’autre »

    Il y a des jours où tout semble légitime : votre colère contre ce collègue « trop lent », votre agacement viscéral face à ce manager « arrogant », ou votre mépris pour ce collaborateur « désorganisé ». Sur le moment, le diagnostic est simple : l’autre est le problème.

    Pourtant, dans mon métier, j’observe un phénomène récurrent : plus la réaction émotionnelle est disproportionnée, moins elle parle de l’autre, et plus elle parle de vous. C’est ici qu’entre en scène un concept clé de C.G. Jung, popularisé par les travaux de Jean Monbourquette : l’Ombre.

    Carl Gustav Jung (1875-1961) était un psychiatre suisse influent et le fondateur de la psychologie analytique ; il a révolutionné la compréhension de l’inconscient en introduisant des concepts tels que l’inconscient collectif, les archétypes et, précisément, l’Ombre.

    Jean Monbourquette (1933-2011), prêtre et psychologue québécois, s’est inspiré de la pensée jungienne pour créer des outils de croissance personnelle accessibles, devenant une référence mondiale dans l’accompagnement du deuil, du pardon et de l’estime de soi à travers ses best-sellers comme Apprivoiser son ombre.

    Qu’est-ce que l’ombre ?

    L’Ombre, c’est tout ce que vous avez refoulé en vous pour être « une personne bien ». C’est la remise au grenier de vos parts jugées inacceptables par votre éducation, votre culture ou votre milieu professionnel. Comme le souligne Monbourquette, plus on cache son ombre, plus elle prend de la puissance et cherche à sortir par la projection : nous percevons chez les autres ce que nous refusons de voir en nous-mêmes.

    Les trois visages de l’ombre : Identifiez la vôtre

    Pour Monbourquette, l’ombre n’est pas monolithique. Elle se présente sous trois formes distinctes :

    1. L’Ombre Individuelle : Vos propres « défauts » refoulés. Exemple : Le manager bourreau de travail qui déteste la paresse des autres car il s’interdit tout repos.
    2. L’Ombre Collective : Ce qu’un groupe (entreprise, famille, nation) refoule.
      Exemple : Une entreprise qui prône l’innovation mais méprise secrètement l’échec. L’ombre devient alors une culture du blâme qui étouffe toute créativité.
    3. L’Ombre Dorée : Elle contient vos talents, votre génie et votre puissance que vous n’osez pas incarner par peur de « faire de l’ombre » aux autres.
      Exemple : Admirer l’aisance d’un orateur alors que vous possédez ce talent, mais le gardez enfoui.

    Les conséquences de l’ombre ignorée : le coût invisible

    Ne pas mettre de conscience sur son ombre laisse un pilote automatique saboter votre efficacité :

    • La Rumination Mentale : L’ombre non reconnue tourne en boucle, consommant une énergie cognitive massive.
    • Le Verrouillage des Relations : La projection crée des murs. Vous ne voyez plus l’être humain, mais une caricature de votre propre défaut refoulé.
    • La Somatisation : L’effort permanent pour maintenir le grenier fermé crée des tensions physiques réelles (maux de dos, migraines, épuisement).

    Faire le tri : colère légitime ou ombre projetée ?

    • La colère Saine : Elle est centrée sur un fait. Elle vise à protéger une valeur. Elle est « propre », s’exprime fermement et s’arrête dès que la situation est adressée.
    • L’ombre : Elle est obsessionnelle. Elle s’accompagne de jugements de valeur (« il est nul »). Elle dure longtemps et vous « colle à la peau ».

    Pourquoi la transformation organisationnelle réveille-t-elle l’ombre ?

    C’est le point critique pour tout dirigeant qui lance une transition (vers l’Holacratie par exemple). Le changement est un puissant activateur d’ombre. Pourquoi ? Parce que transformer l’organisation, c’est changer les règles du jeu.

    • Les structures rassurantes disparaissent,
    • L’implicite doit devenir explicite,
    • Les zones de pouvoir floues sont mises en lumière.

    Dans ce moment de vulnérabilité collective, les greniers s’ouvrent. Ce que l’on arrivait à cacher dans l’ancien système (un besoin de contrôle, une peur de l’initiative, une difficulté à dire non) explose soudainement à la figure des collègues. La transformation organisationnelle ne crée pas les tensions, elle révèle les ombres qui étaient déjà là, mais que la bureaucratie masquait. Sans un travail sur l’ombre, le nouveau système de gouvernance sera utilisé comme une arme pour servir des projections individuelles.

    Que puis-je espérer de meilleur si je prends conscience de mon ombre ?

    À quoi sert ce travail de discernement ? C’est une quête de robustesse. En faisant la paix avec votre ombre, vous pouvez espérer :

    • Une liberté totale : Vous ne réagissez plus de manière compulsive aux provocations. Vous reprenez les commandes.
    • Un leadership magnétique : Un leader qui assume son ombre est « entier ». Sa vérité sécurise ses équipes.
    • L’accès à votre ombre dorée : C’est la voie vers un déploiement de vos talents sans précédent.

    Conclusion
    Oser regarder son grenier

    Jean Monbourquette disait qu’apprivoiser son ombre est un acte d’humilité, mais surtout un acte de liberté. Pour un leader, c’est le passage clé vers une maturité réelle.

    La prochaine fois qu’une personne vous « hérisse » au point de vous faire perdre votre calme, ne demandez pas : « Qu’est-ce qu’il a fait de mal ? ». Demandez-vous : « Quelle part de moi est en train de s’agiter dans mon grenier ? ».
    Il pourrait bien s’agir de votre ombre qui se réveille.

    Si vous avez envie d’en savoir plus et d’être accompagné, je serai ravie de vous y aider !

  • Aliocha Iordanoff au TEDx Pointe à Pitre

    Comment l’Holacratie dépasse le paradoxe du pouvoir ?

    Lecture : 2 minutes

    Réinventer la gouvernance d’entreprise : liberté, agilité et holacratie

    « Comment faire de votre entreprise un modèle d’agilité et d’autonomie ? »

    Voilà la question qui a été la porte d’entrée d’Aliocha en octobre 2024 pour son tout premier talk, dans l’exigeant format du TEDx à Pointe-à-Pitre.

    Dans ce talk inspirant, découvrez comment l’Holacratie transforme la manière dont les organisations s’adaptent et évoluent. Aliocha dévoile les pratiques managériales innovantes mises en place chez Sémawé, véritable laboratoire de l’innovation managériale, pour libérer la créativité et redonner à chacun la capacité de contribuer pleinement.

    À travers une approche structurée, il explique comment ce modèle résout le paradoxe entre verticalité et horizontalité, permettant à l’organisation de combiner structure et liberté.

    Ce talk vous offre des clés concrètes pour repenser votre gouvernance et donner une nouvelle impulsion à votre entreprise dans un monde en perpétuel changement.

    L’équipe TEDx Pointe à Pitre

    « Courtes, percutantes, émouvantes, les conférences TED, en bouleversant les codes de la prise de parole en public, permettent de faire circuler les idées qui changent le monde. » — Chris Anderson, Directeur de TED Conférences.1

    Le TEDx Pointe à Pitre est un formidable événement organisé localement grâce aux bénévoles et à l’Effet Papillon.

  • Expérimenter l’Holacratie dans l’Armée Suisse, un pari peu courant !

    Lecture : 5 minutes

    Comment une équipe a transformé son organisation sans imposer le cadre, mais en le révélant par la pratique.

    « Nous avons réduit nos réunions de quatre heures à une heure, sans perte d’efficacité. L’information circule mieux, les décisions sont prises plus vite, et surtout, chacun sait enfin qui fait quoi. » — Alexandre Julien Robatel

    Mettre en place l’Holacratie dans une institution militaire ? L’idée peut sembler paradoxale. Pourtant, c’est bien ce qu’a entrepris Alexandre Julien Robatel, Chef planification, finances et contrôle de gestion et Suppléant chef d’état-major au sein de l’Armée Suisse. Son approche : ne pas imposer un modèle, mais accompagner son équipe à le découvrir par l’expérimentation. Un an après, les résultats parlent d’eux-mêmes : une organisation plus fluide, une autonomie accrue, et des réunions transformées.

    Retour sur une transition étonnante et inspirante menée par un tempérament d’explorateur !

    Un changement nécessaire pour une équipe en mutation

    Quand Alexandre prend la direction de son équipe en janvier 2024, il hérite d’un mode de fonctionnement très hiérarchisé :

    « À mon arrivée, l’équipe fonctionnait en vase clos, avec une culture de contrôle très forte. Je devenais le chef d’une équipe en place depuis de nombreuses années. »

    Un tiers de l’équipe approche l’âge de la retraite et des habitudes de travail sont ancrées. Alexandre, en étant nommé à la tête de cette équipe, voit là une opportunité : plutôt que d’imposer immédiatement un nouveau système, il décide de poser un regard neuf sur les pratiques existantes.

    Observer avant d’agir : un rapport d’étonnement décisif

    Avant de prendre la moindre décision, Alexandre adopte une posture d’observation. Pendant un mois, il prend des notes sur tout ce qui le surprend, ce qui fonctionne et ce qui pourrait être amélioré. Il synthétise ses constats dans un « rapport d’étonnement » et le partage à son équipe.

    « Je n’ai pas cherché à juger. J’ai simplement mis en évidence ce qui m’a marqué : les doublons, les lenteurs administratives, les silos de communication… C’était très important pour moi de faire ce travail avec impartialité ! »

    Ce rapport crée une première onde de choc, mais pose surtout les bases de la future démarche de transformation.

    Démarrer sans dire « Holacratie » : une expérimentation guidée

    Plutôt que d’annoncer un changement radical, Alexandre engage son équipe dans une série d’expérimentations. Pendant un mois, il leur demande de répertorier l’ensemble de leurs activités quotidiennes sur un grand tableau dans leur bureau commun. Au bout d’un mois, Alexandre a de la matière pour commencer le travail de clarification du “Qui fait quoi ?”.

    « Je n’ai pas parlé d’Holacratie au départ. J’ai commencé par cartographier les activités de chacun et à les structurer en cercles. En simultané, j’ai demandé à chaque membre de l’équipe de choisir un rôle à formaliser dans cette cartographie. »

    L’équipe joue le jeu. Rapidement, les rôles émergent naturellement, et chacun se réapproprie ses missions.

    « On a découvert qu’on avait des tâches en double, que certaines étaient délaissées faute de clarté. Faire ce constat était très intéressant. »

    Petit à petit, Alexandre introduit les rituels de réunion et les principes de gouvernance distribuée, sans jamais imposer un cadre rigide.

    « On a mis en place des réunions tactiques, mais au début, on les appelait juste ‘tables rondes’. On a structuré les prises de décision, mais on a gardé des mots familiers. Je voulais que l’équipe découvre l’intérêt du système avant de lui mettre une étiquette. »

    Des résultats concrets : réunions plus courtes, décisions plus fluides

    L’impact est très rapide. Les réunions, qui duraient quatre heures, sont réduites à une heure.

    « Avant, les gens arrivaient en réunion et racontaient leur semaine. Maintenant, on ne garde que l’essentiel : les blocages, les décisions à prendre, les actions prioritaires. Et surtout, chacun sait pourquoi il est là et ce qu’il peut apporter. »

    L’équipe se prend au jeu. Chacun devient acteur de la gouvernance, les tensions se résolvent plus vite et les responsabilités sont clarifiées.

    Une contagion positive au-delà de l’équipe

    Le changement dépasse rapidement le cadre du service d’Alexandre.

    « Nous avons commencé à proposer la réunion tactique aux équipes avec lesquelles nous collaborons. Cela demande un peu de temps de mise en place, mais une fois la pédagogie installée, cela permet d’essaimer cette culture agile et pragmatique. »

    Son supérieur hiérarchique s’y intéresse à son tour et décide d’élargir l’expérimentation à d’autres unités.

    « L’Holacratie n’a pas été imposée par la hiérarchie, elle s’est diffusée parce qu’elle était utile. Nous avons d’ailleurs décidé d’élargir la démarche en faisant intervenir Sémawé lors d’une journée de sensibilisation. »

    L’humain au cœur de la transformation

    Ce qui frappe dans cette histoire, c’est l’impact humain du changement. Les profils seniors qui auraient pu être réticents deviennent des moteurs du projet :

    « Deux collègues proches de la retraite ont décidé de tester les rôles de scribe ou facilitateur avec enthousiasme, une autre collaboratrice a décortiqué la Constitution Holacracy ! »

    De même, une jeune collaboratrice à temps partiel, initialement sceptique, s’est révélée être un leader naturel.

    « Elle me disait : ‘Moi, je suis à 50 %, je ne peux pas être leader’. Je lui ai répondu que son pourcentage d’activité n’avait rien à voir avec sa légitimité. Aujourd’hui, elle pilote un cercle et prend des décisions clés. »

    Ou encore certains talents révélés.

    “Parmi les plus jeunes, des talents ont émergé car ces personnes ont compris qu’elles pouvaient proposer des choses. Elles sont désormais reconnues dans leur domaine d’expertise par le reste de l’organisation.”

    Un modèle agile pour une institution rigide ?

    Loin des clichés sur la rigidité militaire, cette transformation prouve qu’il est possible de réconcilier autonomie et discipline.

    « Nous n’avons pas mis en place l’Holacratie pour ‘faire moderne’. Nous l’avons mise en place parce que ça répondait à un besoin concret : mieux s’organiser, mieux collaborer, mieux décider sans passer par tous les échelons hiérarchiques. »

    Ce qu’on peut retenir de cette transition réussie

    1. L’expérimentation avant la théorie : L’équipe a découvert l’intérêt de la méthode avant qu’on lui mette un nom.
    2. Des bénéfices visibles rapidement : Réunions plus courtes, décisions plus claires, responsabilités mieux réparties.
    3. Un impact humain fort : Les talents émergent quand on leur laisse la place de s’exprimer.
    4. Une diffusion naturelle : Le modèle se propage parce qu’il est efficace, pas parce qu’il est imposé.
  • Alter Si : 3 ans d’Holacracy et un regard lucide sur sa transformation

    Lecture : 5 minutes

    « L’Holacratie nous a permis d’accélérer la prise de responsabilité et l’initiative, mais il nous reste des défis à relever »

    Chez ALTER SI, cela fait maintenant près de trois ans que l’Holacratie structure l’organisation. Un choix qui ne doit rien au hasard : dès la création de l’entreprise, Thomas Delacourt, fondateur, savait qu’il voulait un modèle de gouvernance partagée. Pourquoi ? Comment s’est passée la transition ? Et quels enseignements tirer de ces trois années de pratique ? Rencontre avec un dirigeant engagé, qui revient avec lucidité sur son expérience.

    Un modèle de gouvernance pensé dès la création

    Avant même de lancer ALTER SI, Thomas savait qu’il voulait une entreprise fonctionnant en SCOP (Société Coopérative et Participative). Mais une coopérative n’est pas nécessairement synonyme de gouvernance partagée. Il explique :

    “La SCOP pose un cadre à long terme : qui détient l’entreprise, comment sont répartis les bénéfices, comment est élu le dirigeant… Mais en dehors de cela, tout est possible. On peut très bien avoir une SCOP avec un modèle de management totalement pyramidal. On peut imaginer un gérant autocrate qui est réélu à chaque fois. Ce n’est pas ce que je voulais.”

    Lui cherchait un modèle qui permette un fonctionnement coopératif au quotidien, où chacun a une voix et une responsabilité claire. Pour Thomas, il ne s’agit pas seulement d’un choix organisationnel, mais d’un véritable engagement philosophique.

    “L’entreprise est l’un des lieux où se joue le pouvoir dans notre société. C’est un espace où l’on passe la majorité de nos journées, et pourtant, dans la plupart des cas, le modèle dominant ressemble à une oligarchie. Un petit nombre décide pour tous. Ce n’est pas un fonctionnement qui me convient.”

    Son attachement à la coopération ne date pas d’hier. Il utilise la métaphore du sport collectif, comme le football :

    “Dans une équipe, chacun a un rôle clé au service du collectif. L’arrière-droit ne peut pas décider de regarder la balle rouler sans réagir. Tout le monde est impliqué.”

    Pour lui, cette approche est une condition essentielle pour s’épanouir en tant qu’entrepreneur.

    “Si mon équipe m’avait dit : ‘Non, on veut une organisation hiérarchique, avec un dirigeant qui décide de tout’, je n’aurais pas accepté. Pour moi, ce n’est pas négociable dans mon projet entrepreneurial.”

    C’est en explorant les alternatives qu’il découvre l’Holacratie :

    “Je suis tombé dessus via le MOOC de l’Université du Nous sur la gouvernance partagée. Puis j’ai lu Reinventing Organizations de Frédéric Laloux et j’ai creusé le sujet. Ce qui m’a plu, c’est que l’Holacratie propose un cadre structuré, avec des outils concrets et actionnables. Contrairement à d’autres approches, c’est un système déjà pensé, clé en main, avec la possibilité d’être accompagné dans sa mise en œuvre.”

    La rencontre avec Sémawé confirme son choix.

    “Ce n’était pas forcément l’Holacratie ou rien, mais en discutant avec Sémawé, j’ai vu que cette méthode répondait précisément à notre besoin de clarté et de répartition explicite des responsabilités.”

    Les premiers pas : entre continuité et nouvelles habitudes

    Dès le début, l’implémentation de l’Holacratie n’a pas été un choc culturel trop brutal.

    “Nous avons démarré avec une formation de praticien, puis un séminaire de mise en place qui transposait notre organisation existante dans un cadre holacratique. On n’a pas tout bouleversé du jour au lendemain et surtout ça collait déjà plutôt bien avec notre fonctionnement.”

    Cela a permis une continuité rassurante, tout en introduisant des changements concrets. L’un des plus visibles ? L’adoption des réunions tactiques :

    “On s’est mis à structurer nos réunions différemment. La tactique est devenue un rituel. Aujourd’hui, chacun sait ce qu’il vient chercher et ce qu’il peut apporter.”

    Autre changement fondamental : la répartition explicite des rôles.

    “Avant, il y avait des choses qui étaient implicites. Des gens prenaient en charge certaines tâches, mais ce n’était pas formalisé. L’Holacratie a mis ça noir sur blanc : qui fait quoi, et avec quelle autorité. On a gagné en clarté.”


  • Comprendre les subtilités sur la notion de projets en Holacratie

    Lecture : 6 minutes

    En tant que praticien en Holacratie vous avez certainement déjà entendu la notion de “projet”. Si la constitution Holacratie vous donne des indications sur les rôles, les cercles et les responsabilités, elle est plus ouverte lorsqu’il s’agit de piloter et de mener à bien des projets. Je vous rassure, c’est tout à fait voulu ! En aucun cas l’Holacracy ne vous décrit comment vous devez vous organiser pour travailler ensemble.

    Les projets sont mentionnés dans plusieurs sections de la constitution :

    • 1.2.3 Décomposer les Projets
    • 1.2.4 Suivre les Projets, Prochaine-Actions et Tensions
    • Article 2 : Règles de coopération

    Pour vous aider à mieux comprendre les projets voici 4 éléments.

    Un projet est un résultat

    En Holacracy, un projet est un résultat à atteindre. Nous pouvons appeler n’importe quel objectif un « projet ». Les redevabilités définissent les actions récurrentes, les projets eux, donnent un aperçu plus granulaire et concret sur qui fait quoi en ce moment.

    C’est pourquoi un projet est formulé comme s’il était terminé. Par exemple : « Les tickets sont accessibles sur la billetterie en ligne » plutôt que « Billetterie”. Pourquoi se discipliner à formuler les projets ainsi me direz-vous ? Pour obliger notre réflexion à choisir l’une des deux options : soit ce résultat a été atteint, soit il ne l’a pas été. Comme l’holacratie nous permet de nous adresser mutuellement des demandes de projets, nous avons besoin de plus de clarté qu’une formulation comme « Billetterie » et notamment sur le résultat commun qui nous permettra de mesurer si l’objectif a été atteint !

    Au cours de mes accompagnements j’ai souvent entendu 2 idées opposées : un projet devrait être très large, un projet doit être très précis et petit. En holacratie, personne ne vous demande la taille de votre projet. La seule chose qui est demandée c’est qu’il s’agisse d’un résultat. Il peut donc s’agir de tout type de projet. Un grand projet comme « Un livre sur notre histoire d’entreprise est publié » à un projet beaucoup plus petit comme « Les plantes sont arrosées dans les bureaux ». Parfois la taille du projet peut vous aider à sentir qu’il est temps de le découper en projets plus petits.

    Un projet collectif n’existe pas !

    Il arrive que dans certains projets tout ou partie de l’équipe contribue. Dans ce cas de figure, il est utile de savoir de quelle manière spécifique chaque personne contribue pour s’assurer que rien ne soit oublié. Faire l’effort de distinguer les parties individuelles permet de rendre visible le fait qu’elles sont liées les unes aux autres. Si nous ne voyons qu’une grosse pelote de laine, il devient compliqué d’avancer efficacement.

    Par exemple, tous les membres d’une équipe contribuent au résultat de l’équipe (projet = Un livre sur notre histoire d’entreprise est publié), mais chaque rôle individuel a également des résultats individuels à atteindre (par exemple, édition = un contrat avec un éditeur est signé, graphiste = une couverture du livre qui nous ressemble, etc.)

    Ainsi, une personne a le projet « Un livre sur notre histoire d’entreprise est publié » et trois autres rôles ont des sous-projets, qui contribuent tous à ce résultat global. L’objectif est que chaque résultat soit détenu par une seule personne. Cela signifie qu’il y a au moins une personne qui est censée considérer le résultat global dans son ensemble. En ayant un leader de rôle identifié, l’organisation peut être sûre qu’une personne se préoccupe que le résultat soit atteint un jour.

    Un projet est toujours le vôtre

    En Holacratie, les projets ne vous sont pas confiés. Vous prenez la décision dans vos rôles. Si quelqu’un demande à votre rôle de marketing de prendre en charge le projet « Trois newsletters commerciales sont envoyées », vous devez vous demander : » Ce projet a-t-il du sens pour moi dans ce rôle ? » Peut-être que ce n’est pas le cas. Peut-être que vous n’avez pas besoin d’en envoyer trois. Vous ne devriez peut-être pas vous limiter aux contenus commerciaux. Mais rien de tout cela ne devrait concerner la personne qui demande le projet. Ce n’est pas son rôle de déterminer ce qui a le plus de sens pour vous. La personne essaye juste de résoudre sa tension (ce qui est en soi une bonne chose).

    Vous pouvez également vous questionner sur la raison d’être du cercle dans lequel est votre rôle. “Ce projet nourrit-il la raison d’être du cercle au-delà de mon rôle ?”

    Les projets doivent être basés sur les tensions. Et si quelqu’un d’autre peut ressentir une tension, votre tension doit être basée sur votre compréhension, vos besoins, ce qui vous évite d’hériter de la tension de quelqu’un d’autre.

    Ainsi, les gens peuvent vous demander des choses dans vos rôles, mais vous ne devriez jamais accepter un projet simplement parce que quelqu’un d’autre pense qu’il est important si cela ne répond pas à l’un des besoins opérationnels concrets.

    -> Ressource : 4 astuces que tout titulaire d’un rôle en Holacracy devrait connaître

    Le suivi est différent de l’action

    Ce n’est pas parce que vous suivez un projet que vous allez le faire. Bien sûr, cela ne signifie pas non plus que vous ne le ferez pas – cela signifie simplement que c’est l’une des nombreuses choses parmi lesquelles vous pouvez choisir. Mais si vous ne l’écrivez pas, comment pouvez-vous lui donner la priorité par rapport à tout le reste ?

    Un fonctionnement en holacratie demande aux rôles de coordonner entre eux leur travail sur les projets. Le suivi des projets n’est donc plus une problématique individuelle. Et le devoir de transparence expliqué à l’article 2 signifie que nous devons rendre nos projets accessibles et visibles. L’autre concession est que nous ne sommes pas les seuls à pouvoir établir des priorités dans notre travail. Puisque nos rôles existent au sein d’un cercle défini, le leader de cercle peut également hiérarchiser les projets. Ce qui signifie que la pratique normalement solitaire et intuitive consistant à simplement noter ses propres tâches à accomplir est différenciée en deux questions distinctes :

    1. « Travailler à ce projet m’aiderait-il à remplir l’objectif de ce rôle ? »
    2. « Parmi tous les projets que je suis en train de suivre pour mes rôles, quels sont ceux qui sont les plus prioritaires ?”

    Ces deux questions vous aideront certainement à faire le tri dans vos projets et à mettre l’énergie au bon endroit pour aller dans le sens de la raison d’être de votre rôle et du cercle dont il fait partie. Et si vous n’avez pas les idées claires sur les priorités du cercle, c’est une merveilleuse occasion de demander à votre Leader de cercle de clarifier les stratégies du cercle !

    J’espère que cet éclairage sur la notion de projet sera soutenante dans votre pratique au quotidien !

    Juliette Brunerie

  • Témoignage de leader, 3 mois après l’adoption de l’Holacratie, ça donne quoi ? Interview avec Louis Geoffroy co-fondateur de Les coqs en pâte

    Lecture : 7 minutes

    Créée en 2008 par Emmanuel et Louis, les Coqs en pâte rassemblent aujourd’hui une trentaine de personnes. Leur mission ? Créer des jeux originaux et immersifs à destination des entreprises, sous la forme d’escape games ou de serious games. Les entreprises peuvent faire appel à leurs services pour gamifier des apprentissages de tous les horizons ! Nous partons aujourd’hui à la rencontre de Louis, qui a accepté de parler de leur ambitieuse décision d’adopter l’Holacratie comme système de gouvernance.

    Salut Louis, merci de te prêter au jeu de l’interview ! Pour commencer peux-tu nous dire quels sont tes rôles chez les Coqs en pâte ?

    Je suis directeur associé et fondateur. Emmanuel et moi gérons l’entreprise, de manière assez bicéphale. Je m’occupe en particulier de la production, des aspects RH et des projets.

    Qu’est-ce qui a déclenché la décision d’adopter l’Holacratie ?

    Cela faisait quelque temps que nous étions en réflexion, Emmanuel et moi, sur le rôle de direction. On avait dans un petit coin de tête l’Holacratie, mais ce n’était pas la base de notre réflexion.

    Parmi les questions qu’on se posait, il y avait : comment fait-on pour garder des salariés qui sont supers, quand leur métier est usant comme c’est le cas avec l’événementiel ? Nous avions aussi envie d’éviter d’être « pompiers » en tant que dirigeants. Il y avait aussi un enjeu à donner du sens à l’équipe sur notre travail !

    Durant cette période, nous avons discuté avec Céline Cusset, créatrice de Diverty Events, une de nos partenaires et qui a répondu à chacune de nos interrogations :

    « Il vous faut l’Holacratie et il faut absolument être accompagné ».

    Sémawé accompagne l’équipe de Céline depuis plusieurs années à la mise en place de l’Holacratie. Ça nous a parlé, car nous avions déjà commencé à réfléchir à mettre en place des cercles pour sortir de la logique de la fiche de poste, c’était de l’ordre de l’expérimentation à ce moment-là.

    Ensuite que s’est-il passé ?

    Après cela nous avons échangé avec Aliocha, ça s’est bien passé ! Nous avons été tout de suite attirés par le côté méthodique de l’Holacratie. Le propos n’était ni trop ésotérique, ni dogmatique. Ça ne remettait pas non plus en cause une forme de verticalité, notion qui était importante pour nous. Et d’ailleurs cela permettait même de sortir du débat horizontalité/verticalité. On a trouvé l’approche très pragmatique. On avait l’impression d’appliquer une méthode et pas de faire de la philosophie. Par exemple, le fait qu’il y ait une méthode de conduite de réunion, ça, c’était concret !

    Il y a eu aussi de l’humour dans les échanges avec Aliocha. On a monté une boîte dont l’activité était de chanter des recettes de cuisine, alors cette touche d’humour nous a parlé tout de suite !

    Vous semblez avoir une vraie culture de l’innovation, peux-tu m’en dire plus ?

    Dans notre métier, c’est une nécessité d’innover : une fois qu’un team building est fait, l’entreprise ne refera jamais le même. C’est dans notre ADN, cette volonté de sortir des sentiers battus, d’entreprendre de nouvelles choses. On travaille pour le kiff depuis le début. On sort des produits parce qu’on les trouve cool. On fait face régulièrement à différents enjeux comme bien s’organiser pour que ce soit plus efficace, ou plus rigolo.

    Une partie des métiers de l’événementiel est dure, on voulait réfléchir à ce que tout le monde puisse aider quand il y a des périodes de rush. D’où l’intérêt de sortir de la logique de fiche de poste avec l’Holacratie, pour créer de la solidarité dans les moments de surcharge.

    L’accompagnement a démarré il y a environ 3 mois. As-tu déjà perçu des évolutions dans ton équipe ?

    Oui, la première c’est l’adoption massive de la réunion de triage, qui est devenue le quotidien des Coqs en pâte, pour toutes les réunions hebdomadaires d’équipe notamment. C’est vraiment bien car des personnes qui parlaient peu, prennent la parole, la méthode de réunion a beaucoup changé ça.

    Les animateurs dont le métier est de prendre la parole pouvaient parler 1h30 sans problème, alors que maintenant tout le monde fait plus attention à ce que chacun s’exprime et chacun a aussi le sentiment que c’est important de s’exprimer si nécessaire.

    J’ai aussi observé une réflexion plus systématique sur la gouvernance via les redevabilités, le sens des missions et donc la façon dont on est organisé. Avant c’était très lié à la direction, aujourd’hui c’est étendu à tout le monde. C’est un gros changement. Il n’y a plus spécialement de discussions entre la direction et l’organisation des postes, l’équipe gagne en autonomie.

    Ça a permis aussi de clarifier beaucoup de missions connexes ou transverses, qui consomment du temps. Ça a fait émerger aussi les endroits où les gens ont besoin de travailler ensemble de manière plus régulière. En fait c’est une réflexion permanente sur l’organigramme, ça permet de détecter les besoins de ressources. Si je devais résumer, je dirais qu’il y a aujourd’hui une très grosse volonté collective d’explicitation générale que ce soit dans la communication entre les personnes, les rôles, les résultats attendus, le qui fait quoi !

    Et pour toi qu’est-ce que ça a changé ?

    Une forme d’abandon de la notion d’organigramme. J’ai aussi moins besoin de prendre la parole de manière générale et surtout dans les réunions. Et ça, c’est vraiment bien.

    Et entre toi et Emmanuel, ton associé, est-ce que cela a changé quelque chose ?

    On a été convaincus de faire ce changement, on est sur la même longueur d’onde, ça ne change pas notre façon d’être ensemble. Ça nous permet de mieux réfléchir à l’aspect systémique de notre entreprise, par contre ça ne change pas le rapport entre nous.

    2 mois après la première formation, y a-t-il des choses plus laborieuses avec la mise en place de l’Holacratie ?

    Les réunions de gouvernance c’est laborieux pour le moment, on aborde 1,5 point en 1h30. Je pense que c’est normal car on est au début. Nous avons du mal à appliquer le processus. Il y a eu un mouvement réflexe de faire de l’asynchrone et donc un peu de perte d’échanges. L’équipe est encore effrayée par le côté protocolaire et long des réunions de gouvernance.

    Nous avons trouvé notre solution en mettant en place des rendez-vous réguliers qu’on appelle les “Hola hours” pour discuter de gouvernance sans être en réunion, pour fluidifier les modifications de gouvernance. Pendant ces rendez-vous, des changements dans les rôles peuvent s’opérer en faisant des propositions dans le logiciel directement. On est un peu loin d’une habitude qui fait que la gouvernance est light et pratique. Ça fait partie des sujets sur lesquels on va avoir besoin de votre aide !

    Tu as eu l’occasion de venir au Printemps de l’Holacratie, pour rencontrer des pairs qui pratiquent, qu’en as-tu pensé ?

    Rencontrer des gens plus avancés qui sont aussi en grand questionnement, c’était rassurant pour moi ! Ça m’a aussi permis de voir plein de choses concrètes sur la mise en place de l’Holacratie. C’est enrichissant de voir qu’il y a des évidences chez les uns et pas chez les autres. Le climat et la méthodologie d’animation le jour J ont permis d’aborder une grande diversité de sujets et de voir plein d’approches différentes. Je me suis dit que partager des expérimentations entre organisations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, c’est vraiment riche !

    Louis merci pour ton partage, nous referons le même exercice dans 1 an pour observer ensemble les évolutions pour les Coqs en pâte ! D’ici là bonne pratique !

    Juliette Brunerie

  • Les bases de l’Holacracy : Comprendre les priorités

    Lecture : 14 minutes

    Oeil du coach : Sarah Dantz

    Alors, pourquoi diable devriez-vous vous plonger dans cet article sur l’Holacratie et la gestion des priorités ? Parce que, tout d’abord, ça va secouer votre façon de penser la gestion de vos tâches et de celles de votre équipe. « Priorité » ne veut pas dire « faire tout en vitesse ». En Holacratie, la priorisation doit être explicite (sur ce sujet aussi) et vous allez adorer la décortiquer ici. Découvrez pourquoi il est essentiel de réfléchir sérieusement à ce que vous faites en premier et pourquoi certaines choses valent plus la peine que d’autres.


    Traduction de l’article de Chris Cowan disponible sur Medium

    Pour moi, cet article permet d’appréhender l’autonomie des rôles et leur responsabilité personnelle dans le système que représente l’organisation. Donc si vous en avez assez de dire “je n’ai pas le temps de faire ça !” ou bien “j’aimerais que les objectifs de l’entreprise soient mieux appréhendés par l’équipe.” ou encore “Mais pourquoi est-ce qu’on perd du temps sur telle ou telle chose ?”, cet article est fait pour vous !

    Guide du praticien Holacracy

    À chaque instant, nous établissons des priorités. Parfois, nous le faisons consciemment. Parfois non. Mais dans les deux cas, nous accordons de l’attention à certaines choses au détriment d’autres.

    Lorsqu’il s’agit de choisir ce sur quoi il faut mettre la priorité dans le travail, les règles d’Holacracy fournissent des indications. Ainsi, lorsque vous êtes confronté à une question du type « Dois-je consulter mes e-mails ou dessiner ce nouveau design auquel je pense ? », il peut être utile de savoir qu’il existe une règle constitutionnelle qui stipule que vous devez généralement donner la priorité au traitement des messages plutôt qu’à l’exécution de votre propre travail.

    Mais bien sûr, l’existence d’une telle règle explicite n’est pas d’une grande aide. Après tout, elle dit seulement que vous devez « généralement » donner la priorité au traitement des messages ; et il y a de nombreuses raisons pour lesquelles vérifier votre courrier électronique à un moment donné serait une mauvaise idée.

    C’est le défi que posent les priorisations en Holacracy. D’une part, il existe des règles constitutionnelles claires (sur lesquelles nous reviendrons), et d’autre part, ces règles ne vous disent jamais exactement ce que vous devez faire.

    Le défi est qu’il n’existe pas de formule simple de hiérarchisation A-B-C, 1-2-3, haut-moyen-bas, qui ait beaucoup de sens dans le monde réel, au jour le jour et à la minute près – bien qu’on en ait fait la promotion ad nauseam.– David Allen

    Pour vous aider à comprendre comment Holacracy gère les priorités, voici le sommaire des choses que vous devez savoir :

    1. « Priorité » signifie simplement « le plus important », ce qui n’est pas la même chose que de vous dire quand quelque chose doit être fait (c’est-à-dire la date limite ou le délai), ou quelles ressources cela pourrait nécessiter (c’est-à-dire l’énergie, le temps ou l’argent).
    2. Chacun est responsable de l’établissement de ses propres priorités à chaque instant (et ne négligez pas la partie « à chaque instant »).
    3. On peut faire confiance à chacun pour établir ses propres priorités parce qu’il est également responsable du suivi et de la révision régulière de tout son travail.
    4. La Constitution prévoit quelques priorités standard que chacun doit généralement appliquer.
    5. Chaque Leader de Rôle doit considérer les priorités officielles du cercle comme plus importantes que ses propres objectifs individuels.
    6. Les priorités des Leaders de Cercle sont toujours relatives, ce qui inclut toute échéance ou stratégie explicite.
    7. N’ayez pas peur de remettre ouvertement en question les priorités qui vous ont été attribuées.
    8. Il n’y a pas de formule parfaite ; posez-vous plutôt cette simple question : « Que pourrais-je faire qui produirait la plus grande valeur pour l’organisation ? » et faites ensuite confiance aux autres pour traiter leurs tensions.

    #1. « Priorité » signifie simplement « le plus important », ce qui n’est pas la même chose que de vous dire quand quelque chose doit être fait (c’est-à-dire la date limite ou le délai), ou quelles ressources cela pourrait nécessiter (c’est-à-dire l’énergie, le temps ou l’argent).

    Cela peut sembler évident, mais cela vaut la peine d’être expliqué. Dans les organisations conventionnelles, dire que quelque chose est une « priorité » signifie généralement quelque chose comme « C’est tellement important, faites-le le plus vite possible ».

    Mais dans la pratique d’Holacracy, lorsqu’un Leader de Cercle dit qu’un certain projet est une « priorité » pour le cercle, cela ne signifie pas nécessairement : « Lâchez tout et faites-le maintenant ! » En fait, techniquement parlant, un Leader de Cercle peut qualifier un projet de prioritaire et ne pas s’attendre à ce qu’il soit mené à bien.

    Imaginez un scénario dans lequel le Leader de Cercle des Événements Sociaux définit le « projet X » comme une priorité pour les rôles au sein de ce cercle. Mais il sait également que l’énergie de chacun est, consciemment et de manière appropriée, consacrée à d’autres rôles dans d’autres cercles. Autrement dit, le projet X est la priorité absolue parmi les travaux en cours dans ce cercle, ET comme les travaux dans d’autres cercles sont relativement plus importants, le projet X ne sera probablement jamais achevé.

    C’est parce que nous utilisons une définition stricte de la « priorité », qui équivaut uniquement aux éléments « d’importance » ou de « valeur globale », tout en mettant temporairement de côté les préoccupations relatives aux délais ou aux ressources disponibles, et en nous concentrant de manière rigide sur la question suivante : « Quelle est la chose la plus précieuse pour l’organisation ? »

    À proprement parler, une priorisation ne dit pas quand quelque chose sera fait. Elle vous indique quel résultat est le plus important par rapport aux autres, mais c’est tout ce qu’elle vous dit. D’autres facteurs, comme le temps ou l’énergie disponibles, ou le contexte dans lequel vous vous trouvez, vous aideront également à déterminer ce que vous pouvez faire à tout moment.

    On pourrait donc dire qu’Holacracy a simplement opérationnalisé certaines distinctions qui nous sont déjà familières. Nous avons des règles distinctes pour demander à quelqu’un de travailler à un résultat spécifique (c’est-à-dire un « projet »), pour exiger qu’il vous donne des informations transparentes sur ses progrès et ses prochaines actions (devoir de transparence) et sur sa date d’achèvement estimée (c’est-à-dire une « projection »), et pour exiger que les Leaders de Rôle alignent leur attention sur le travail le plus important de l’organisation (« priorisation »).

    #2. Chacun est responsable de l’établissement de ses propres priorités à chaque instant (et ne négligez pas la partie « à chaque instant »).

    La prise de responsabilité personnelle est un principe fondamental de la Constitution de l’Holacracy. Cela est souligné spécifiquement dans le §2.3 (ou §4.1.3 si vous utilisez la version 4.1), le devoir de priorisation, qui stipule : « En tant que partenaire, vous avez le devoir de prioriser votre attention… ». Cela signifie essentiellement que, peu importe ce qu’un Leader de Cercle, un fondateur d’entreprise ou un « patron » exige de vous, en fin de compte, vous êtes toujours responsable de faire vos propres choix.

    Mais il est important de faire une pause ici. Car ce point est largement exagéré et mal compris, même par les praticiens bien intentionnés d’Holacracy. Cela ne signifie pas que tout le monde peut faire ce qu’il veut. Ou qu’il n’y a pas de conséquences à vos actions. Dire que vous êtes responsable de vos choix n’est pas la même chose que dire que vous avez des options infinies.

    Mais cela n’exclut pas non plus les moments où vous pensez qu’il est judicieux de suivre les conseils de quelqu’un. Par exemple, un Leader de rôle peut choisir de suivre les conseils d’une personne plus expérimentée, mais dans ce cas, le Leader de Rôle est toujours celui qui fait ce choix. Rien de mal à cela.

    Il est presque impossible de prédire l’avenir. Mais c’est également inutile, car la plupart des gens vivent dans le passé. Tout ce que vous avez à faire, c’est de voir le présent avant que tout le monde ne le fasse.– Jason Crawford

    Le fait est que dire « vous êtes responsable de vos choix à chaque moment » n’a rien de nouveau. Les règles d’Holacracy n’inventent pas cette distinction. Nous sommes toujours en train de décider, de prendre de nouvelles informations et de les intégrer dans nos choix. Si je suis à la maison en train de travailler sur un projet important et que le lavabo de ma salle de bain explose, je mettrai le projet de côté pendant un moment.

    Ainsi, ce n’est pas parce que la correction des fautes de frappe dans la présentation est la priorité absolue que vous allez forcément vous y consacrer en premier. Ou même exclusivement. Vous êtes toujours responsable d’utiliser votre propre jugement à chaque instant. C’est tout ce que cela signifie.

    #3. On peut faire confiance à chacun pour établir ses propres priorités, car chacun est également responsable du suivi et de la révision régulière de son travail.

    Il n’y a aucun moyen de garantir que chacun donnera toujours la bonne priorité à chaque instant. Chacun a besoin de l’espace nécessaire pour faire des erreurs. Mais nous pouvons limiter cet espace d’erreur. La Constitution, qui est notre ensemble de règles communes, nous aide à le faire en exigeant deux choses :

    Premièrement, la Constitution exige que chacun suive tout travail actuel ou potentiel pour l’un de ses rôles (§1.2.4). La première étape consiste à déterminer où se trouve le travail, c’est-à-dire quel rôle se soucie de cette question ou de l’obtention de ce résultat. C’est la raison pour laquelle nous posons la question non conventionnelle (et gênante) suivante : « Est-ce que cela a du sens pour vous, dans votre rôle, de travailler à ce résultat ? » plutôt que « Êtes-vous d’accord pour dire que c’est une priorité ? » ou « Avez-vous le temps de le faire ? ». Ces questions peuvent venir plus tard (ou immédiatement après si nécessaire).

    Deuxièmement, la constitution Holacracy exige de chacun qu’il révise régulièrement l’ensemble de son travail suivi (§1.2.4). Ainsi, nous pouvons être sûrs que chacun prend le temps, au moins périodiquement, de prendre du recul sur l’ensemble des travaux actuels et potentiels qu’il pourrait effectuer.

    Cette pratique consistant à revoir régulièrement votre liste de travail est essentielle. Tout le monde devrait le faire (en utilisant sa propre interprétation et au mieux de ses capacités), car sans cette habitude, il n’est pas très logique de faire confiance aux gens pour établir leurs propres priorités au moment présent.

    Maintenant, je vous entends dire « Mais si je ne peux pas faire confiance aux autres pour faire cela ? ». Eh bien, c’est en fait l’intérêt d’avoir une règle explicite. Ni les mots eux-mêmes, ni l’accord de quiconque à ces mots, ne font que quelque chose se passe comme par magie. Mais cela ne signifie pas non plus que vous devez faire aveuglément confiance au fait que tout le monde revoie et hiérarchise régulièrement son travail. Le fait est que vous pouvez (et devez) questionner un collègue sur sa manière et sa fréquence de révision de son travail.

    C’est pourquoi il est si utile d’avoir une règle explicite et partagée à ce sujet ; non pas parce qu’elle fait quelque chose en soi, mais parce qu’elle facilite grandement l’alignement et la clarification.

    #4. Il existe des priorités prévues par la constitution que chacun doit généralement appliquer.

    Même si c’est vous qui prenez la décision finale, il y a un guide prévu dans la constitution. Si nous revenons en arrière et regardons le Devoir de Priorisation, ce qu’il dit en fait est : « En tant que partenaire, vous avez le devoir de prioriser votre attention en accord avec ce qui suit … ». Donc, en fin de compte, vous avez le pouvoir de prioriser à chaque moment, mais vous devez le faire dans le cadre des contraintes suivantes :

    • « Vous devez généralement donner la priorité au traitement des messages entrants destinés à vos Rôles et provenant d’autres Leaders de Rôle plutôt qu’à l’exécution de vos propres Prochaines Actions. » Cela signifie que chacun doit généralement donner la priorité à la communication avec l’équipe plutôt qu’à son propre travail. Le mot clé ici est « généralement ». Cela signifie que vous devez faire preuve de discernement pour déterminer quand il est judicieux de répondre aux e-mails et quand vous devez vous concentrer sur votre propre travail, mais vous ne pouvez pas ignorer complètement les messages des autres, même si vous pensez que votre propre travail est plus important.
    • « Vous devez donner la priorité à la participation à toute réunion définie dans la présente constitution par rapport à l’exécution de vos propres Prochaines Actions, mais uniquement lorsqu’un autre partenaire demande explicitement à prioriser cette réunion. » Cela signifie plusieurs choses. Premièrement, cela signifie que, par défaut, vous n’êtes pas tenu de donner la priorité à la participation à chaque réunion tactique et de gouvernance pour chaque cercle dans lequel vous êtes. Utilisez votre bon sens. Mais si vous voulez vraiment vous assurer que quelqu’un donne la priorité à une réunion, vous pouvez vous référer à cette règle (notez également que cela ne signifie PAS que vous pouvez demander à quelqu’un de donner la priorité à toutes les réunions, mais seulement à certaines).

    Ces deux contraintes sont nécessaires pour garantir que les besoins des autres membres du cercle sont intégrés aux siens. Pour que l’auto-organisation prospère, nous devons équilibrer la polarité de l’autonomie (qui est abordée au point #2) et de l’alignement (qui est abordé par des contraintes sur cette autonomie).

    #5. Chaque Leader de Rôle doit considérer les priorités officielles du cercle comme plus importantes que ses propres objectifs individuels.

    La Constitution stipule que lorsque vous choisissez sur quoi travailler, vous devez prendre en compte les priorités officielles que le Leader du Cercle a données à votre rôle, ainsi que les priorités officielles du cercle et des super-cercles de ce rôle.

    Ok, décomposons tout cela et examinons quelques mots-clés importants.

    • « Leader de Cercle » – Comment savez-vous quelles sont les priorités du cercle ? Eh bien, les priorités officielles d’un cercle peuvent être définies par le Leader de Cercle. Et tout comme chaque rôle doit s’aligner sur son cercle élargi, chaque cercle doit s’aligner sur son super-cercle. Toutefois, étant donné qu’un Leader de Cercle ne peut établir des priorités qu’à l’intérieur de son champ d’action (c’est-à-dire son cercle et ses sous-cercles), les partenaires qui jouent un rôle dans plusieurs cercles différents doivent établir leurs propres priorités entre les cercles. Et si une plus grande clarté est nécessaire, le Leader du Cercle encore supérieur devrait être en mesure d’apporter des éclaircissements.
    • « Officielle » – Les Leaders de Rôles interprètent parfois inconsciemment une priorisation de la part d’un Leader de Cercle alors que ce n’était pas le cas. Par exemple, imaginez qu’un ancien manager vous fasse part d’une opinion tranchée sur un projet. Si cette personne joue également le rôle de Leader de Cercle, il peut être facile pour les autres de supposer qu’il s’agit d’une priorisation officielle. Peut-être était-ce l’intention. Mais peut-être pas. Découvrez-le. Une règle simple : ne considérez pas qu’il s’agit d’une priorité officielle à moins qu’elle n’ait été explicitement désignée comme telle (par exemple :  » Quelle est votre priorité officielle ?  » ou  » Ceci est ma priorité officielle « ).
    • « Traiter comme plus important » – Ce n’est pas parce qu’un Leader de Cercle définit quelque chose comme une priorité que les autres doivent le faire. Non, pas nécessairement. Rappelez-vous que priorité signifie simplement importance. Et il peut y avoir de bonnes raisons (le contexte, l’énergie, etc.) pour lesquelles, un jour donné, il peut être judicieux de travailler sur un projet moins important. Mais les Leaders de Rôle ne peuvent pas non plus ignorer les priorités officielles. On peut ne pas être d’accord avec un ordre de priorité, mais il faut quand même s’y conformer. Encore une fois, utilisez votre jugement pour déterminer ce que cela signifie dans chaque cas.

    #6. Les priorités des Leaders de Cercle sont toujours relatives, ce qui inclut toute échéance ou stratégie explicite.

    Les priorités données par le Leader de Cercle sont, par définition, toujours relatives. « Relatives « , dans ce sens, signifie non absolues, c’est-à-dire non exemptes d’exceptions, de réserves ou de changements. Et quand on y pense, très peu de choses dans la vie sont absolues. Ainsi, l’une des façons d’interpréter une « hiérarchisation relative » est de dire qu’il est impossible de donner la priorité à quelque chose sans en déprioriser une autre.

    Mais il existe une autre interprétation utile. « Les Leaders de Cercle ne peuvent donner que des priorités relatives » signifie que, même avec les interprétations les plus créatives, les Leaders de Cercle n’ont aucun moyen de violer la limite souveraine du jugement d’une personne à un instant T, en lui ordonnant d’entreprendre une action spécifique.

    Comme nous l’avons abordé au point #2, chacun a le pouvoir (et la responsabilité) d’établir ses propres priorités à chaque instant, de sorte que toute priorisation donnée comportera des exceptions possibles parce que, eh bien, c’est la vie. Et personne ne veut que quelqu’un suive aveuglément les ordres au bord d’une falaise. Cela soulève deux sous-questions importantes : A) comment gérer les délais, et B) comment gérer les stratégies.

    • les délais – si la gouvernance ou une priorisation officielle spécifie un délai, vous ne devez pas le considérer comme un mandat que vous devez réaliser coûte que coûte. Parce que les coûts sont importants. Nous devons tenir compte des coûts. La réalité change trop rapidement pour que nous puissions suivre aveuglément des ordres (définis dans le passé) sans aucune considération ni aucun regard sur la façon dont les choses ont pu changer depuis. Mais nous ne voulons pas non plus ignorer les délais. Si nous voulons coordonner nos efforts avec succès, certaines choses doivent se produire à certains moments. Ainsi, au lieu de suivre aveuglément une date limite, traitez-la comme une priorité, c’est-à-dire donnez la priorité aux actions nécessaires pour respecter cette date limite par rapport aux autres actions pour ce cercle.
    • les stratégies – si le Leader de cercle veut définir quelque chose de plus général dans l’intention de l’appliquer à grande échelle, il peut définir une  » stratégie” au sens holacratique, c’est-à-dire une règle empirique destinée à guider les rôles du cercle dans l’identification des priorités. J’ai écrit un article entier sur les stratégies, mais la version courte est qu’une « stratégie » définie par le Leader de cercle, comme « Innover de nouveaux produits et tester le marché plutôt que d’optimiser le statu quo », indique à tous les rôles du cercle de donner la priorité au développement de nouveaux produits plutôt qu’à l’amélioration des anciens.

    « Tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’on reçoive un coup de poing en pleine gueule. »
    -Mike Tyson

    Ce qu’il faut retenir, c’est que toutes les priorisations du Leader de cercle sont relatives, même s’il ne le dit pas expressément. Par exemple, si un Leader de cercle se contente de dire :  » Le projet X est très important « , une déclaration qui en soi ne décrit pas une relation relative, tout rôle dans ce cercle doit quand même l’interpréter comme relative.

    Cela étant dit, il pourrait être utile de clarifier en demandant : « Si le projet X est important, alors qu’est-ce que je dois déprioriser ? ». Ou encore, clarifier s’il s’agit même d’une priorité (ex :  » À titre d’éclaircissement, s’agit-il d’une priorisation officielle en tant que Leader de cercle… ou s’agit-il simplement d’une opinion ? »).

    #7. N’ayez pas peur de remettre ouvertement en question les priorités qui vous ont été attribuées.

    Que faire si un Leader de cercle vous dit que quelque chose est prioritaire, mais que vous n’êtes pas d’accord ? La réponse, étonnamment simple, est de le lui dire. Étant donné que vous devrez intégrer et vous aligner sur les priorités qu’il vous donnera, les priorités devraient avoir un sens pour vous (du moins suffisamment pour ne pas créer une sorte de blocage psychologique qui vous empêcherait d’agir).

    J’ai rencontré des Leaders de cercle qui hésitaient à donner des priorités parce qu’ils craignaient que les autres les perçoivent comme des ordres. S’il est vrai que les autres peuvent les interpréter comme des ordres, la solution n’est pas de ne pas les donner. Cela ne ferait qu’accroître la confusion. Au lieu de cela, les Leaders de cercle doivent fournir des priorités claires, mais ils doivent aussi encourager ou solliciter des réactions. Ils doivent préciser que la remise en question d’une priorisation et l’émergence de nouvelles données ou opinions sont les bienvenues.

    Mais même s’il ne l’invite pas explicitement à le faire, tout bon Leader de cercle veut disposer des meilleures données disponibles. Si vous ne savez pas comment aborder poliment ou élégamment la question, voici quelques formules que vous pouvez utiliser :

    • « Mon opinion est que cette autre chose est plus importante, et je m’alignerai sur l’une ou l’autre, mais j’aimerais d’abord obtenir quelques éclaircissements… »
    • « J’aimerais te faire comprendre que cette autre chose est plus importante… »
    • « J’aimerais influencer ta réflexion sur ce point… »

    L’accent est mis ici sur une remise en question ouverte.
    En d’autres termes, n’exprimez pas votre désaccord avec une priorité en sabotant secrètement des projets ou en vous plaignant dans votre coin. Abordez la question.Exposez vos arguments.Voyez ce qui se passe.

    #8. Il n’y a pas de formule parfaite ; posez-vous plutôt cette simple question : « Que pourrais-je faire qui produirait la plus grande valeur pour l’organisation ? »

    Déterminer ce qu’il faut faire à un moment donné est toujours, en fin de compte, une question de jugement intuitif. La réalité est chaotique. Et même si l’existence de priorités explicites peut aider à clarifier cette complexité, dans la pratique, les praticiens peuvent facilement avoir 5, 10 ou 20 priorités explicites différentes à prendre en considération.

    Si cela vous semble insurmontable, je suis d’accord. C’est le cas. Mais la solution n’est pas d’essayer de trouver la formule parfaite pour éliminer comme par magie la complexité réelle à laquelle nous sommes confrontés, mais plutôt de se rappeler qu’il suffit de faire preuve de discernement pour « intégrer et aligner » toutes ces priorités différentes.

    Et pour se sentir à l’aise dans cette démarche, il suffit de se rappeler que l’on peut faire confiance aux autres pour gérer les tensions qu’ils ressentent à propos du temps et de l’énergie que l’on consacre à chaque tâche. Il n’est pas nécessaire d’empêcher les personnes qui vous entourent de ressentir des tensions à propos de ce que vous faites. Il suffit d’indiquer clairement que vous êtes ouvert aux commentaires, aux nouvelles données, aux nouvelles propositions, etc., et que vous ferez preuve de la plus grande transparence possible quant à la manière dont vous déterminez vos priorités.

    « D’accord, mais si je ne sais toujours pas ce qui est le plus important ? » Encore une fois, il n’y a pas de formule parfaite, il n’est donc pas nécessaire de trop réfléchir. Il est généralement préférable d’avoir un plan de base et de commencer à travailler.

    Je vous recommande de vous poser cette simple question : « Compte tenu de tous mes rôles dans tous mes cercles, que pourrais-je faire, dès maintenant, qui créerait le plus de valeur pour l’organisation ? » Puis suivez votre instinct.

    Et si vous obtenez une réponse qui ne vous convient toujours pas (et qui vous empêche d’aller de l’avant), rappelez-vous :

    • L’importance n’est pas le seul facteur déterminant. Le contexte et le temps ou l’énergie disponibles jouent également un rôle. Il se peut que rien ne puisse être fait dans l’immédiat pour la chose la plus importante. Ce n’est pas grave. C’est la réalité. L’important est de décider consciemment de faire autre chose, plutôt que de l’éviter inconsciemment. Il suffit d’avoir une bonne raison de faire quelque chose de moins important.
    • Faites le point. Il est difficile de faire confiance à son intuition lorsque celle-ci est privée de données. Notre intuition fonctionne mieux lorsqu’elle est informée. Dans ce cas, il s’agit d’un examen relativement récent de tous vos engagements et intentions actuels. Même si vous n’obtenez pas de réponse claire quant à la marche à suivre, vous vous sentirez au moins plus à l’aise face à l’ambiguïté.
    • Communiquez vos intentions. Vous n’avez pas besoin de permission pour faire preuve de discernement, mais parfois vous ne vous sentez pas à l’aise pour prendre une décision. Ce n’est pas grave. C’est en se lançant dans l’inconnu que l’on apprend. Mais au lieu de chercher l’approbation des autres, partagez plutôt votre intention (« Hé tout le monde, j’ai l’intention de donner la priorité à X sur presque tout le reste, faites-moi savoir si cela crée des tensions pour vous »).

    Conclusion

    Dans la hiérarchie classique du management, le « patron » vous dit ce que vous devez faire. Peut-être pas tout le temps et peut-être pas explicitement, mais au moins vous vous sentez à l’aise en sachant que tant que vous êtes dans son camp, tout va bien.

    Dans un monde de plus en plus complexe, nous accordons une grande importance à ce type de simplicité. Il est plus facile de donner inconsciemment la priorité à ce que les autres vous ont dit de faire. C’est plus facile, mais ce n’est pas honnête.

    En fin de compte, le problème n’est pas de faire ce que quelqu’un d’autre vous dit de faire ; parfois, c’est ce qui est le plus logique. Le problème est de le faire inconsciemment.

    Les règles d’Holacracy sur les priorisations peuvent nous aider, non pas parce qu’elles rendent artificiellement plus simple ce qui est complexe, mais parce qu’elles nous permettent d’être encore plus conscients de la complexité réelle à laquelle nous sommes confrontés.

    Traduction : Emma Louwagie.

  • La réunion tactique : opérationnel et efficacité !

    Lecture : 5 minutes

    La réunion tactique en Holacracy est un moment dédié aux rôles et à leurs projets.

    Nous nous en servons chaque semaine à Semawe et nous proposons à nos clients de les accompagner pour l’adoption de ce format à la fois efficace, clarifiant où chacun a sa juste place dans l’échange !

    Comment ça marche ?

    Il y a 6 étapes à cette réunion. Elle peut durer de 30 minutes à 2h. Sa longueur dépend du temps dont l’équipe dispose, ou bien de la taille du projet pour lequel on l’utilise. C’est une réunion qui peut être utile pour une équipe dans sa globalité, par exemple, une équipe en charge de la communication, des ressources humaines ou de l’accueil etc. On l’utilise aussi pour des projets. À Sémawé on s’en sert aussi bien pour nos réponses à Appel d’offres ou pour notre projet d’écriture d’un livre que pour nos besoins permanents (Communication, accompagnement de nos clients etc.).

    C’est parti pour un tour d’horizon rapide de chaque étape !

    Le tour d’inclusion

    Au début de chaque réunion le facilitateur fait un tour d’inclusion. Il demande à chaque personne présente de partager avec quoi elle arrive à la réunion.

    À quoi ça sert ?

    Le tour d’inclusion permet à chacun de prendre le temps de rentrer dans le sujet qui va être traité le jour J. La réunion tactique est liée à un cercle qui a sa propre thématique (cercle admin, cercle prospection, cercle communication, cercle finance) c’est une façon pour les membres de s’aligner avant de travailler ensemble. Cela permet également au facilitateur de connaître l’état de disponibilité dans lequel se trouve chaque personne présente. C’est un tour qui est plutôt rapide, en général, chaque personne s’exprime en moins d’une minute.

    La revue de la checklist

    Chaque cercle peut décider de définir une ou plusieurs checklist. La checklist sert à se donner des nouvelles sur une attente récurrente. Une action que certains rôles du cercle doivent faire régulièrement. Par exemple dans notre cercle administratif une checklist concerne les frais de chaque associé.e.s. Au démarrage de chaque réunion tactique le facilitateur demande aux membres du cercle : “Les frais individuels sont renseignés dans notre logiciel comptable, check ou pas check ?”. Chaque membre présent répond “Check”, “Pas check”.

    À quoi ça sert ?

    • À renseigner un ou plusieurs rôles sur l’état d’avancement d’un sujet. Pour les frais, notre rôle finance a une température pour savoir s’il peut s’occuper de programmer les remboursements.
    • À ancrer de bonnes habitudes en y revenant régulièrement. Quelqu’un qui a oublié de faire son action récurrente s’en rappelle grâce à la checklist. L’enjeu est de ne pas culpabiliser quelqu’un qui n’est pas à jour mais bien de lui faire une petite pichenette de rappel !

    La revue des indicateurs

    Les indicateurs importants sont définis par tout membre du cercle. Dans l’idéal ils sont utiles et essentiels pour les membres du cercle. Par exemple pour le cercle Finance, un indicateur intéressant serait : Le montant de la trésorerie pour le mois d’octobre.

    À quoi ça sert ?

    Cette phase est importante car elle est gage de transparence. Chaque membre du cercle a connaissance de l’indicateur en question, qui doit donner une idée sur l’état de santé d’un projet ou d’une activité.

    Des nouvelles sur les projets

    Chaque rôle a des redevabilités. En Holacracy ces redevabilités sont traduites par des projets.

    La revue des projets consiste pour chaque rôle à donner des nouvelles sur ses projets.

    Il s’agit de communiquer au groupe uniquement ce qui est nouveau. Inutile de rappeler ce qui a déjà été fait ou pourquoi cela n’a pas encore été fait. Il ne s’agit en aucun cas de se justifier mais bien de donner des nouvelles sur les projets.

    À quoi ça sert ?

    Cette revue de projet a l’avantage d’être rapide et efficace avec un bon niveau d’informations partagé aux membres du cercle.
    Pendant la revue de projet si certaines personnes ont besoin de poser des questions de clarification pour mieux comprendre elles peuvent les noter et pourront les amener dans la phase de triage des points.
    Un des éléments essentiels lors de la revue des projets : seul le rôle concerné peut s’exprimer. Cela permet d’aller vite sur cette partie et de ne consacrer du temps aux échanges que si cela est un besoin exprimé par un des membres du cercle.
    Cette méthode est la garantie d’une revue des projets rapide et agile. L’équipe est au courant en peu de temps de toutes les informations sur l’état d’avancement des projets du cercle.

    Le triage des points

    C’est le moment où chaque membre du cercle peut amener une tension à l’ordre du jour. Le facilitateur a la mission de traiter chaque tension une par une en restant centré sur la personne qui l’a amenée.

    Une tension en Holacracy n’a rien de négatif. C’est la différence entre un idéal et ce qui est réellement. Voici quelques exemples :

    • Un partage d’information
    • Demande d’action ou de projet à un autre rôle
    • Une question de clarification
    • Une attente récurrente qui peut faire l’objet d’un point de gouvernance.

    Pour mieux comprendre cette notion de tension, je vous recommande notre podcast dédié à ce sujet : Les tensions (10min)

    À quoi ça sert ?

    Cela évite au groupe de mélanger plusieurs points et d’aller plus vite. Par exemple si un rôle amène une tension liée à un de ses projets et que cela provoque une tension chez un autre rôle présent, celui-ci peut à son tour amener une tension à l’ordre du jour et le facilitateur s’en occupera de manière individuelle. Cela permet au groupe d’avancer avec ce qui est vivant pour chacun de ses membres. L’ordre du jour n’étant pas prévu à l’avance et se construisant en direct c’est la façon la plus participative d’avancer !

    Le tour de clôture

    À la fin de la réunion le facilitateur fait un tour de clôture. Il demande à chaque personne présente de partager avec quoi elle repart de la réunion.

    À quoi ça sert ?

    Le tour de déclusion permet à chacun de prendre le temps de sortir du sujet. C’est une façon pour les membres de s’aligner avant de reprendre leur travail. Cela permet également au facilitateur de connaître l’état dans lequel se trouve chaque personne présente à l’issue des échanges. C’est un tour qui est plutôt rapide, en général, chaque personne s’exprime en moins d’une minute.

    Le rôle du facilitateur

    Il est à la fois l’arbitre des discussions et adopte une posture coachante pour aider chaque rôle à exprimer ce dont il a besoin. Il n’est pas détenteur de la solution, il accompagne seulement sur le chemin. Il a toute autorité pour distribuer la parole permettant ainsi un format de réunion opérationnelle qui reste efficace et lié à l’autorité de chaque rôle !

    Pour perfectionner votre posture de facilitateur, cet article devrait vous intéresser : Checklist mentale pour le facilitateur lors des réunions tactiques

    Le rôle du scribe

    Il encode les décisions avec le logiciel Glassfrog ou Holaspirit selon votre choix. À chaque fois qu’un membre en a besoin il note une prochaine action, un projet, un point de gouvernance pour la prochaine réunion et l’attribue au rôle concerné en direct. Il ne décide pas, il est au service du facilitateur et des rôles pour garder une trace de ce qui se décide !

    Maintenant que vous avez découvert le principe d’une réunion tactique, il ne vous reste plus qu’à l’expérimenter ! Contactez-nous pour obtenir la fiche de facilitation : contact@semawe.fr

    Et si vous voulez constater par vous-même l’efficacité du format, Sémawé vous ouvre ses portes lors de nos réunions publiques ! On vous explique tout ça ici : À quoi ressemblent les réunions en Holacracy ? Venez le découvrir par vous-même !

  • Découvrez le portrait de Juliette, Coach en Holacracy !

    Lecture : 4 minutes

    Pourquoi crois-tu en Holacracy ? Qu’est-ce qui est important pour toi dans Holacracy ?

    Parce que ça vient adresser plusieurs sujets très importants pour moi dans une organisation : la clarté organisationnelle, la responsabilité individuelle. C’est un savant mélange entre valoriser le leadership de chacun et créer des espaces de coopération. Il y a aussi un autre aspect que j’apprécie particulièrement ce sont les formats de réunion proposés par Holacracy : elles sont efficaces, pragmatiques, tout en restant connectées au sens. Dans ces réunions, on est toujours liés à la raison d’être du cercle ou du rôle dans lequel on est.

    Qu’est-ce que ça change dans tes pratiques d’adopter Holacracy ?

    Je me sens plus à l’aise pour verbaliser mes demandes et formaliser mes tensions. Holacracy autorise une exigence mutuelle entre les personnes. C’est soulageant car je fais mes demandes dans un rôle précis et je sais à quel rôle je m’adresse. Cela me permet aussi de faire le tri entre besoins opérationnels et besoins relationnels.

    Holacracy m’aide à mettre de la conscience sur tous les rôles que j’occupe, à assumer ce sur quoi j’ai de l’autorité et à porter une vision. C’est aussi plus simple de renoncer à certains rôles pour me concentrer là où j’ai envie de mettre de l’énergie. Un rôle explicite devient tangible, il est donc plus facile de dire si je suis dedans ou pas et d’assurer le transfert dans l’équipe.

    Enfin, Holacracy a soutenu notre passage en Scop : nous avions besoin d’avoir un fonctionnement clair et lisible parce que l’on devenait impliqués au-delà du salariat, en devenant associés avec plus d’enjeux pour prendre de bonnes décisions et maintenir de bonnes relations.

    Quelle est la touche singulière que tu souhaites apporter dans tes accompagnements ?

    Mon pragmatisme et mon intuition ! Je sais questionner le pourquoi on fait les choses, identifier concrètement quel est le résultat que l’organisation souhaite obtenir. À d’autres moments je fonctionne à l’intuition. Je sais être à l’écoute et en soutien de ce que les gens partagent, de ce qu’ils ont besoin d’exprimer. Cette compétence m’est venue en me formant à l’accompagnement individuel. J’avais un capteur sensible sur les énergies des personnes, ça m’a permis de savoir m’en servir au service du groupe. Le fait de vivre le modèle au quotidien dans mon équipe m’apporte de la confiance dans les équipes que j’accompagne car je sais qu’elles sont capables de se transformer.

    Je suis un sponsor inconditionnel de leur réussite !

    Quelles sont les dates marquantes dans ton parcours ?

    • En 2010, j’entre dans le monde de l’événementiel, c’est ce qui m’a formé au pragmatisme.
    • En 2013, je voyage seule 1 an au Canada, je m’ouvre à une culture différente, j’aiguise mon sens de l’observation !
    • En 2015, j’arrive à Sémawé, je découvre qu’un patron peut être stimulant, libérant, soutenant.
    • En 2017, j’embarque dans le monde de l’entreprenariat en devenant associée de notre Scop en Holacracy.
    • Et enfin en 2022, J’obtiens ma certification de coach individuel et de coach en Holacratie !

    Une compétence dont tu es fière ?

    Mes compétences en communication, en rédaction et gestion de la réputation. Cela me rend fière de les mettre au service de mon entreprise. Et en plus je m’éclate ! Elle permet de raconter notre histoire d’équipe et de contribuer à l’essaimage de nos idées et de nos expérimentations. J’ai la sensation de contribuer à semer des graines inspirantes pour les autres.

    Qu’as-tu appris sur toi-même en intégrant Sémawé ?

    Que j’ai un tempérament d’entrepreneure !

    Que mes émotions sont un capteur précieux pour accompagner avec justesse.

    Que je suis capable de changer. J’ai beaucoup évolué sur la tolérance envers les autres et moi-même, je me suis émancipée en faisant des choix qui avaient du sens pour moi dans ma vie.

    Je suis capable de travailler sur moi, mes vulnérabilités, et ça ne me fait pas peur.

    Je me sens chanceuse de faire ce métier qui mixe une grande diversité de sujets : stimulant et riche ! J’explore de multiples paramètres : l’humain, l’organisation, l’opérationnel, le collectif, l’individuel.

    Ta connexion à la raison d’être de Sémawé ?

    J’aimerais proposer aux autres ce que j’ai pu vivre au sein de ma propre organisation. L’aventure professionnelle que je vis est stimulante et émancipatrice pour moi. J’ai envie d’offrir cela à l’extérieur. Je m’y sens profondément connectée parce que je l’ai vécu et j’y crois vraiment. Cela me fait me sentir utile dans ma vie.

    Un souvenir marquant d’un accompagnement ?

    Le grand bain chez QoQa avec 180 personnes qui signent la Constitution Holacracy dans la joie et l’effervescence tout en dégustant une raclette géante et du bon vin, c’était captivant ! Ce sont des gens optimistes, courageux et modernes. Ces gens sont des pionniers. Je suis heureuse d’avoir été témoin de cela, c’est un moment rare. J’avais la sensation que je contribuais à l’ouverture d’une nouvelle ère organisationnelle.

    Ta devise perso

    “Qu’il me soit donné la possibilité de faire aux autres ce que j’aimerais que l’on me fasse”. Confucius.

  • Comment créer les conditions d’un séminaire créateur de liens ?

    Lecture : 8 minutes

    Les séminaires sont devenus un incontournable dans les organisations. À première vue, le mot séminaire ne fait pas rêver. Pour moi, il évoque même quelque chose de froid, mécanique, conçu comme une obligation de rassembler tout le monde une fois par an. On peut aussi choisir de faire d’un séminaire un véritable temps de retraite d’équipe, même sur 1 journée, un temps où l’on se « retire » du monde, du quotidien pour se consacrer à ce que l’on fait ensemble.

    À Sémawé nos clients nous sollicitent régulièrement pour animer des temps d’équipe. Il y a des sujets récurrents comme :

    • Renforcer l’implication en partageant un but ou objectif commun,
    • Communiquer ou prendre des décisions importantes,
    • Partager de l’information sur l’orientation à venir,
    • Préparer un plan d’actions à 6 mois ou 1 an, de définir une vision ou une raison d’être

    Tous ces sujets sont éminemment importants et peuvent être générateurs d’une force vive dans l’équipe tout comme produire une sorte de consensus mou, où les intéressés ne perçoivent qu’un morceau de la responsabilité qui leur incombe en tant que membre de l’organisation.

    Je vous partage quelques éléments qui peuvent éviter l’écueil du séminaire pour la forme et réunir vos équipes avec une adhésion plus profonde au projet collectif.

    Les idées claires sur ce qui est ouvert et ce qui ne l’est pas

    Avant toute chose, commençons par le début. Vous souhaitez organiser un séminaire d’équipe. Vous connaissez le message que vous voulez transmettre et l’objectif final.

    Avez-vous clarifié la marge de manœuvre que vous confiez à votre équipe ?

    Si non, prenez le temps de vous questionner et de mettre de l’explicite là-dessus. Un cadre clair permet des contributions précises, les personnes savent où et comment participer. Si vous ne sécurisez pas le périmètre, comment attendre que les collaborateurs se sentent à l’aise pour proposer s’ils ne savent pas jusqu’où ils peuvent aller ?

    Dans quelle démarche s’inscrit ce temps en équipe ? Que s’est-il passé avant ? Que se passera-t-il ensuite ? Avez-vous pensé à impliquer quelques membres de l’organisation dans la préparation et la communication ?

    Communiquer sur la démarche globale dans laquelle s’inscrit votre séminaire permet de donner une vision d’ensemble à votre équipe, de lui dire où elle se situe sur le chemin. Même si ensuite, le chemin se réajuste.

    Si vous décidez de mobiliser des collaborateurs pour contribuer au choix du sujet du séminaire, pensez au volontariat. Il n’y a rien de plus porteur que des personnes enthousiastes qui ont choisi d’être là où elles sont.

    Du soin donné au démarrage du séminaire

    Permettez-moi de vous partager notre culture d’organisation sur ce point essentiel à nos yeux : le démarrage de votre temps d’équipe. Contrairement à ce que l’on peut penser, ce qui se passe dans la première heure de ce temps de rassemblement est déterminant sur la suite.

    Que voulez-vous produire dans votre équipe ? Avez-vous réfléchi à l’effet que peut faire un début de journée, assis passivement dans un fauteuil à écouter un directeur ou un manager faire un monologue ? Vous pensez que je caricature ? Libre à vous ! C’est en tout cas la commande que je reçois régulièrement dans mon métier de coach d’équipe et de facilitatrice.

    Donner de l’espace aux membres de l’équipe en démarrage permet aux personnes de se mettre en route, de rentrer dans ce temps qui leur est dédié, d’en être les acteurs dès les premiers instants !

    En profiter pour renforcer le lien en proposant par exemple une inclusion en groupe entier ou en petits groupes si votre équipe dépasse les 15 personnes est une façon de donner de l’espace d’expression. Pour vous donner un exemple, nous utilisons souvent en début de temps d’équipe un temps de centrage sur soi. Cela peut passer simplement par fermer les yeux et prendre le temps de se poser en respirant profondément. Ce temps de ralentissement a la vertu de donner à chacun le temps de se reconnecter à soi au milieu de l’effervescence du collectif. Une fois centrée, l’équipe peut démarrer un partage individuel sur son état d’esprit du jour, son intention pour la journée ou, pour les équipes les plus avancées, l’humeur qui les habite à l’instant T, l’émotion qui les traverse, un vœu verbalisé pour la journée.

    Et ne sous-estimez pas l’importance de l’informel. Avoir du temps pour se parler, se (re)rencontrer autour d’un café peut être déterminant, surtout si l’équipe ne s’est pas vue depuis longtemps ou si elle est répartie sur plusieurs sites.

    Une intention posée sur la contribution de chaque membre

    Les temps d’équipe les plus porteurs, générateurs d’énergie, sont ceux où les personnes présentes peuvent proposer, imaginer, créer, affiner leurs idées. Des idées combinées avec une perspective de réelle mise en œuvre par ceux qui les ont proposées font partie des conditions les plus impliquantes pour les équipes. Il y a bien sûr les profils qui aiment la nouveauté et le challenge et ceux qui ont besoin de se sentir en sécurité dans leur zone de talent. Ces deux polarités mises en coopération peuvent produire des résultats de qualité, à la fois créatifs et réalistes. Chaque contribution a de la valeur. Cela peut d’ailleurs faire partie du cadre sécurisé posé en début de journée. Dans une équipe, il y a des leaders naturels et il est aussi nécessaire d’avoir des souteneurs qui contribuent à générer une énergie complémentaire. Dans votre séminaire, avez-vous pensé à prévoir des espaces de travail contributifs pour que les membres de votre organisation fassent équipe au-delà de leur quotidien ? Réfléchissez-y, car cela peut avoir un impact de long terme sur la cohésion.

    Le rôle et la posture des managers

    Comment s’inscrivent les managers dans ce type de journée ? Quelle est la culture de votre organisation sur la posture managériale ? Réfléchissez bien à ce que vous souhaitez produire dans les groupes de travail. Si vous avez une culture où la place hiérarchique est un élément important et que les managers prennent beaucoup de décisions eux-mêmes, et qu’en même temps vous souhaitez laisser la place aux collaborateurs pour contribuer, il serait intéressant de leur laisser un espace sans le regard de leur manager. Ou d’intervertir les managers pour qu’ils travaillent avec une équipe qu’ils ne côtoient pas habituellement, ou encore de leur proposer un espace de travail dédié pour qu’ils puissent contribuer exactement de la même façon que le reste du groupe. À mon sens, l’option la moins stimulante serait de leur confier un rôle passif ou de ne pas les inclure du tout. Si un tel choix est fait, il est certain que les managers doivent adhérer à la proposition pour éviter l’effet déceptif pour les collaborateurs d’un côté qui peuvent avoir l’impression de contribuer sans résultat, et pour les managers de l’autre qui peuvent se sentir dépossédés de leur responsabilité décisionnelle.

    Si vous avez le souhait de faire évoluer la culture managériale de votre organisation, il serait peut-être adapté de lancer d’abord un accompagnement des managers avant de le modéliser pendant un séminaire où toute l’équipe est réunie.

    Les conditions matérielles du séminaire

    Deux éléments qui peuvent paraître triviaux mais sont pourtant marqueurs de souvenirs :

    • ce que l’on mange
    • ce que dégage le lieu dans lequel l’équipe se retrouve

    Bien manger, prendre du plaisir à partager un moment convivial contribue grandement à l’ambiance du temps de travail. Si le budget ne permet pas d’obtenir un menu de qualité, peut-être pourriez-vous envisager de mettre à contribution l’équipe ? Comme lorsqu’une famille se réunit et s’auto-organise pour les repas. Cela ajoute à la dimension sympathique et authentique de l’événement, tout en mettant dès le début l’équipe à contribution pour l’événement.

    Ce que dégage le lieu du séminaire est déterminant. Dans notre vie d’entreprise, nous avons toujours fait le choix de nous retrouver dans des lieux proches de la nature, dans lesquels nous pouvons sortir de notre quotidien opérationnel et prendre de la hauteur : un chalet dans le Beaufortain, une ancienne ferme dans le Trièves, une maison au-dessus de la plage à Noirmoutier, une longère en Bretagne, etc. Cela a toujours eu l’effet de nous plonger dans une bulle de réflexion intense hors du quotidien dans un endroit inspirant où chacun peut approfondir le sens qu’il trouve dans son travail. Pour en savoir plus sur notre dernière retraite d’équipe : Retraite dans un chalet d’alpage : un moment magique en équipe !

    Lieu de séminaire pour André Cros

    Lieu de séminaire pour SCOP Alter-SI

    Il y a quelques semaines, je faisais un retour à un client pour lequel j’ai animé un séminaire sur le lieu choisi par celui-ci et notamment la salle de travail en sous-sol sans fenêtre. J’ai été étonnée de ce choix, pour une équipe dispersée sur le territoire et qui ne se retrouve qu’une fois par an. Mon client en avait conscience et m’a partagé l’attention qu’il tâcherait de porter pour le prochain événement rassembleur de son organisation.

    Le lieu que vous choisissez parle de l’attention que vous souhaitez mettre dans votre événement. Il n’est souvent pas plus onéreux de trouver un gîte qui combine salle de travail et espace pour se loger. Ce cocon offert par un lieu proche de la nature permet de laisser émerger l’identité singulière de votre organisation, l’atmosphère générée par ses membres, concentrés ensemble sur leur journée, réunis au service de l’objectif commun, hors de leur quotidien dans un lieu qui invite à se centrer sur le présent. Ne lésinez pas sur la luminosité des espaces de travail. La lumière produit un effet stimulant, une sensation d’ouverture, et permet à l’équipe de travailler sur des temps longs sans avoir l’impression d’être enfermée dans une grotte !

    À la belle saison, si vous avez la possibilité de proposer des espaces de travail extérieurs, vous pouvez augmenter les conditions d’une profonde cohésion d’équipe. Se réunir dehors pour réfléchir à un avenir qui fait sens, échanger en marchant, travailler à l’ombre d’un arbre peut créer de nouveaux espaces de réflexion et de partage entre les personnes.

    Du soin donné à la clôture du séminaire

    Au même titre que le démarrage est important, la clôture l’est tout autant. Laissez de l’espace à chacun pour mettre de la conscience sur ce qu’il ou elle a vécu durant cette journée d’équipe. Une clôture peut se pratiquer dans l’espace en posant des questions :

    • Ai-je pu contribuer comme je le souhaitais ?
    • Suis-je optimiste pour la suite du travail entamé ce jour-là ?
    • Ai-je découvert des choses que j’ignorais sur mon équipe ?
    • Ai-je apprécié la façon dont le séminaire s’est déroulé ?

    Toutes ces questions vous permettent de sentir le groupe, et le groupe a conscience d’où il se situe visuellement avec la diversité des ressentis qui le composent, une autre façon de mettre de la conscience sur l’équipe !

    Une clôture peut aussi se pratiquer en petit groupe de 3 ou 4 personnes. Par exemple, nous utilisons souvent des questions d’autoréflexion. Quelques exemples :

    • Qu’ai-je appris sur moi aujourd’hui ?
    • Quel est le prochain pas que j’ai envie de mettre en œuvre ?
    • Qu’est-ce que je retiens de cette journée ?

    Enfin, sachez vous entourer. Y a-t-il dans votre équipe des personnes à l’aise avec l’animation ? Si non, faites appel à un facilitateur professionnel qui peut vous aider en amont en vous posant des questions qui vous feront avancer et mettre de la finesse sur ce moment essentiel et peuvent aussi vous aider le jour J en proposant la méthode et le cadre sécurisé pour que chacun se sente dans sa juste et libre contribution.

    Alors êtes-vous prêts à préparer votre prochain séminaire ? À sortir de vos habitudes pour proposer un événement plus incarné, ouvert à ses membres ? Si tel est votre choix, vous prenez probablement un risque oui, celui de l’ambition, celui de l’expérimentation, et après tout que risquez-vous vraiment ?

  • Retraite dans un chalet d’alpage : un moment magique en équipe !

    Lecture : 8 minutes

    Cela fait maintenant 7 ans que nous avons pris l’habitude de faire des retraites d’équipe au vert pendant quelques jours. Au début il ne s’agissait que d’une journée ou deux. Avec le temps et nos relations s’approfondissant, nous avons commencé à rallonger le format pour en faire de vrais moments suspendus sur plusieurs jours de suite.

    Aujourd’hui je vous embarque dans notre dernière retraite d’équipe à l’été 2022 en espérant que vous y trouverez une source de réflexion.

    Tout commence par l’anticipation

    Nous sommes aujourd’hui une équipe de 12 personnes, toutes assez occupées sur le terrain et dans nos vies en général. Autant vous dire que ces quelques jours de retraite sont planifiés au minimum 6 mois à l’avance pour être sûrs d’assurer la présence de l’entièreté de l’équipe !

    Des rôles clairement répartis dans l’équipe

    Il y a ceux qui s’occupent de la partie choix du lieu, ceux qui s’occupent de la partie victuailles, rôle qui n’est pas des moindres vu la proportion que prend la gourmandise et les bonnes choses dans nos temps d’équipe, et enfin ceux qui s’occupent de la partie purement technique, matériel de travail etc. Ces rôles tournent dans l’équipe si bien que l’organisation n’a jamais été un poids, et génère plutôt de l’enthousiasme et du soin par ceux qui s’en occupent !

    Le choix du lieu, pierre angulaire d’une retraite réussie !

    Bien que le lieu à lui seul, ne suffise pas, il reste un paramètre qui peut tout changer. Depuis plusieurs années nos choix se sont portés sur différents endroits, générateurs d’un sentiment de retrait du monde, propice à nos échanges de fond, nos partages spirituels et opérationnels sur notre organisation. Nous nous sommes rendus compte de l’importance du beau qui infuse nos échanges discrètement. Parmi les exemples les plus récents :

    Un chalet dans le Beaufortain qui nous a permis d’écrire notre livre en une semaine sous la neige

    Une ancienne ferme dans le Trièves avec un bain Norvégien dans lequel nous avons posé notre vision à l’hiver 2022

    Une maison en Bretagne dans laquelle nous avons expérimenté pour la première fois une semaine ensemble mêlant travail opérationnel et temps de réflexion sur notre avenir de SCOP.

    Et cet été un chalet d’alpage perché à 2400 m dans la vallée de la Maurienne, lieu dans lequel s’est produit ce que je m’apprête à partager avec vous.

    Tous ces endroits ont de commun un isolement du monde, confortable pour respecter les espaces individuels, ouverts et lumineux sur la grande nature, entourés du silence des grands espaces ou du son des éléments.

    Le séjour commence avec une grande randonnée en équipe, pendant laquelle nous avons pris de la hauteur, littéralement parlant avec un bon dénivelé et des paysages grandioses, un soleil éclatant. Comme une invitation à sortir du quotidien, à se ressourcer devant la beauté du monde, à se replacer humblement dans l’immensité de la nature, à la fois individuellement et tous ensemble.

    Ce premier temps a généré une vraie détente, de la complicité entre les membres les plus anciens et les nouveaux arrivés depuis quelques mois. Créer des souvenirs communs hors du temps génère une puissante connexion dès le départ. Sur le chemin des discussions à 2 ou 3 se sont engagées par-ci par-là.

    Un endroit idéal pour rentrer en introspection et partager

    Le lendemain nous avons mené des revues appréciatives. Il s’agit d’une heure consacrée à un membre de l’équipe qui prend un temps pour regarder les éléments de satisfaction, mais aussi les obstacles rencontrés et les progrès sur une période écoulée. Puis l’équipe offre un temps de miroir avec des questions et un partage de ce qu’elle trouve de précieux dans le fait de travailler avec le membre dont la revue est en train d’être faite. C’était la première fois que nous faisions ce travail de mise au centre de chaque membre de l’équipe. Cela a généré beaucoup d’émotions, d’écoute sincère et silencieuse, de partages intimes et enfin d’ouverture et de confiance mutuelle. Évidemment chaque membre est libre de partager ce qu’il souhaite, personne n’oblige personne.

    Pratiquer cet exercice dans les alpages, isolés du monde, dans un cocon protégé, dans la douceur de l’air d’été, a été une vraie révélation pour notre équipe. Cela fait des années que nous avons des relations privilégiées et que nous recherchons sans cesse des espaces d’approfondissement de nos liens, nous avons trouvé là un format accélérateur d’intégration. Une de nos futures associées arrivée en mai a osé jouer le jeu et cela a permis d’augmenter considérablement, dans un temps très court, notre complicité et notre perception de la façon dont elle vit son arrivée dans notre équipe.

    Cette première journée d’échanges intenses s’est clôturée avec des temps de partage en binôme avec Aliocha, notre leader, que nous appelons « Tour d’Horizon ». Ces temps d’échanges ont été placés par-ci par-là durant le séjour. Aliocha a pu sentir ses associés et jouer son rôle de soutien quand il le faut, de challenger quand cela est nécessaire.

    Une raison d’être évolutive

    Depuis notre dernier travail sur notre raison d’être il y a 3 ans, il s’est passé beaucoup de choses dans notre entreprise. Cette étoile polaire évolue comme l’organisation, comme un être vivant qui avance dans la vie et change avec le temps.

    Pour vous donner une idée de notre temporalité, notre métier actuel est en place depuis 5 ans, à l’époque nous avions fait un travail d’émergence pour clarifier à quelle étoile polaire nous voulions nous fier pour avancer. Entre temps nous avons eu un projet de fusion avec deux autres organisations qui n’a finalement pas vu le jour, 4 nouvelles personnes sont arrivées, notre offre a évolué avec une spécialisation dans les accompagnements en Holacracy. 6 mois après la clarification de notre vision, nous éprouvions le besoin de retravailler notre raison d’être, dans ce nouveau contexte avec notre équipe qui gagne en maturité et notre taille qui augmente.

    Nous avons utilisé les niveaux logiques de Robert Dilts pour faire un travail exploratoire, mélangé à des déplacements dans l’espace pour marquer chaque étape de travail. Chacun a pu se connecter à un souvenir heureux dans la SCOP et expliciter les éléments de la réussite, les compétences exprimées, à quoi cela répond d’important, pour enfin exprimer individuellement la mission de la SCOP. Les marcheurs qui passaient par là ont bien dû se demander que faisait ce groupe abrité sous un parasol dans les alpages qui se déplaçait régulièrement de quelques mètres ! Tant pis nous assumons sereinement notre groupe tout singulier qu’il puisse paraître de l’extérieur !

    S’en sont suivis des échanges en petits groupes puis plusieurs propositions. Parmi ces propositions, une personne a été porteuse d’une raison d’être qui lui semblait faire le plus sens. La décision a été prise avec l’aide du processus de décision par consentement. Et oui, les amateurs d’Holacracy savent qu’on parle habituellement de décision intégrative avec la question : « Penses-tu qu’adopter cette raison d’être pourrait causer du tort à l’organisation ? » Ici nous avons fait le choix d’utiliser la question posée en sociocratie, qui renvoie à une contribution beaucoup plus incarnée à savoir : « Peux-tu vivre avec cette raison d’être ? »

    Le choix de cette question a été guidé par l’idée qu’une fois cette raison d’être adoptée en tant qu’individu dans l’organisation, tout ce qui en découle doit être à son service et donc au service de notre organisation. Son adoption demande donc de l’engagement individuel et une réelle adhésion.

    Après la raison d’être quel champ de valeur est important pour nous ?

    La seconde partie de la journée a été dédiée à l’explicitation du champ des valeurs qui sont importantes pour notre équipe. Ce concept a été clarifié pour nous lors de notre récent travail sur les sources. Nous sommes partis toutes et tous ensemble pendant 2 jours en Suisse nous former au principe Source. La source est la personne qui initie un projet, elle est rejointe par des sources spécifiques qui viennent contribuer au projet et élargir son champ de vision, de compétence, d’action. La source globale a la responsabilité de clarifier et donner une direction claire à son équipe, les valeurs en font partie. Qu’est-ce qui est important pour cette source ? Qu’est-ce qui est acceptable et ne l’est pas en termes de comportements ? Ces éléments qui constituent notre vision du monde et ce que nous attendons les uns des autres dans nos relations d’équipe fera l’objet d’un travail d’explicitation que nous communiquerons dans les prochains mois.

    Pour que l’agrandissement de l’équipe soit une réussite

    Enfin nous nous sommes posés une journée pour identifier comment les missions de chacun et chacune pouvaient évoluer, être transférées, pour assurer un volume d’activité qui nous permette de sécuriser les 6 nouveaux postes créés.

    Après la raison d’être, les valeurs, les temps de partage individuels, ces moments de prise de hauteur, il était important de ne pas négliger la mise en oeuvre de la fin de notre année 2022.

    Et ça fait quoi de vivre une retraite en équipe quand on vient d’arriver ?

    Le retour de Geneviève arrivée en avril :

    “Nouvellement arrivée dans l’équipe, vivre ce moment m’a permis de réaliser à quel point je suis en phase avec cette manière d’envisager le travail. Nous fonctionnons en Holacracy et ma vision aujourd’hui c’est que ce système permet d’être efficace et de répondre aux exigences de notre monde contemporain. Ça signifie que dans notre quotidien à l’Agence, nous sommes centrés sur du travail opérationnel et portons une attention particulière à ce que nos rôles soient « à jour » avec les situations que nous rencontrons.

    À Bessans, nous avons consacré du temps à tout autre chose de très important également : nourrir nos relations, prendre du recul sur la façon dont nous travaillons ensemble, échanger sur nos envies, redéfinir notre raison d’être. Nous avons également pris le temps de réaliser nos repas et de les partager, de randonner et cueillir des plantes : déconnexion garantie, et chez moi ça entraîne une grande disponibilité pour le moment présent ! C’est vraiment précieux, ça nourrit mon besoin d’authenticité dans les relations de travail, et ça m’a permis de me sentir pleinement intégrée à l’équipe. Je pense vraiment que des temps comme celui-là permettent aussi de cultiver l’engagement et la motivation.”

    Le retour de Léa arrivée en mai :

    “Quelques jours avant de partir, je ressentais à la fois beaucoup d’excitation mais aussi un peu d’appréhension à l’idée de passer 4 jours isolés avec ces personnes que je côtoie seulement depuis 3 mois. Il m’a fallu faire preuve d’un peu de lâcher-prise pour les suivre dans ce chalet. Finalement ce temps suspendu m’a paru tout à fait naturel. C’était pour moi une occasion unique pour en apprendre encore un peu plus sur tous les membres de l’équipe Sémawé, mais aussi pour m’ouvrir davantage à eux. J’ai beaucoup apprécié que chacun partage ses ressentis suite aux dernières décisions prises en équipe, notamment au sujet des recrutements. Je me suis sentie encore plus reconnaissante de travailler pour cette organisation et avec ses individus uniques. Le rythme était idéal, entre les temps de travail, les temps partagés ensemble et les temps plus personnels, introspectifs et silencieux pour assimiler toutes ces émotions. Je suis revenue de Bessans avec un grand sourire aux lèvres et plus motivée que jamais pour continuer à faire grandir notre organisation !”

  • Les bases d’Holacracy : comprendre les objections (Chris Cowan)

    Lecture : 5 minutes

    Article traduit de Chris Cowan par Juliette Brunerie : https://blog.holacracy.org/holacracy-basics-understanding-objections-d87b579d00d1

    Certains aspects de la pratique d’Holacracy demandent plus d’attention, notamment les objections et le test des objections qui nécessitent du temps pour les comprendre réellement. Rien ne vaut l’expérience. Nous espérons que ces quelques exemples et métaphores vous aideront à mieux vivre cette expérimentation.

    Note : considérez cet article comme une 1ère approche du sujet de l’objection. Si vous recherchez des apports plus avancés, voici l’article en anglais : “Une meilleure façon de tester les objections”

    Qu’est-ce que la gouvernance ?

    Pour comprendre ce que sont les objections, il est important de commencer par appréhender quel genre de décisions peuvent être prises dans une réunion de gouvernance en Holacracy. La gouvernance est représentée comme une carte unique des attentes récurrentes, restrictions et domaines d’autorité de l’organisation. Une sorte de carte routière.

    Ce qui signifie qu’une proposition est une suggestion pour mettre à jour cette carte. Lorsqu’une personne lève une objection en réunion de gouvernance, elle dit “Je pense que faire cette modification serait néfaste pour la carte de notre organisation”.
    A chaque objection, chacun se demande “Comment peut-on abîmer une carte ?” Et bien, si vous la rendez inexacte, confusante ou pas claire.

    Lorsque quelqu’un objecte une proposition en disant “Nous n’avons pas le temps de faire cela”, un des membres peut demander “Une carte alloue-t-elle des ressources de temps” ? La réponse est “non”. Une carte des USA ne détermine en rien comment s’y prendre pour se rendre de New York en Virginie, ou les ressources nécessaires pour un voyageur pour faire son trajet. La carte ne fait que montrer des chemins possibles.

    De la même façon, la gouvernance d’une organisation n’est qu’une carte qui explique où peuvent être adressées les demandes. Voilà pourquoi on ne prend jamais de décision opérationnelle en réunion de gouvernance. L’unique fonction de la gouvernance est de mettre à jour la carte de l’organisation pour pouvoir agir toujours plus rapidement chaque jour.

    C’est aussi pour cela que les réunions opérationnelles servent à travailler “dans l’organisation” et la gouvernance à travailler “sur l’organisation”. Pour la plupart des gens, cette distinction n’est pas intuitive, elle est pourtant importante à saisir si vous souhaitez comprendre le principe de l’objection.

    Qu’est-ce qu’une objection?

    En Holacracy, une objection est une raison logique qui prouve que la proposition cause du tort. Dans ce contexte une raison est un argument qui peut être évalué logiquement sans nécessiter une observation ou expérience concrète. . Par exemple, l’argument “J’ai faim, j’ai donc besoin de manger” est logiquement cohérent même si vous n’avez aucune idée de si j’ai vraiment faim (vs une raison telle que “J’ai faim donc j’ai besoin de nouvelles chaussures”).

    Une raison connecte simplement les points entre une cause et son effet. C’est ce que l’ont entend lorsqu’on dit que le Facilitateur “ne juge pas” les arguments. Le facilitateur ne juge pas si la raison correspond à la réalité, mais bien si la raison telle que présentée paraît saine (i.e que le facilitateur ne juge pas l’argument raisonnable, mais seulement si cela paraît raisonné).

    Un facilitateur ne peut jamais vraiment être sûr si une objection est valide ou non. Il peut seulement tester comment les choses sont exprimées. Il ne teste pas le tort causé mais si l’objecteur croit qu’un tort va être causé. Je mets cela en lumière car il est important de se rappeler qu’in fine, la clarté de l’objection est déterminée par la capacité de l’objecteur à exprimer sa tension (même si parfois on aimerait que les autres lisent dans nos pensées!)

    Techniquement parlant, n’importe quel argument donné par un objecteur est par définition une objection. Cependant, une objection valide doit exprimer comment la proposition (critère 2) va nécessairement créer (critère 3) du tort (critère 1) à l’un des rôles énergisé par l’objecteur (critère 4). (Les 4 critères sont présents dans le processus de test des objections)

    Qu’est-ce qu’un tort ?

    Bien que chaque critère de la constitution de l’Holacracy mentionnés ci-dessus offrent une vraie distinction et méritent sa propre analyse, pour ce récapitulatif, je ne vais me concentrer que sur le 1er critère qui dit :

    Si les tensions restaient non traitées, la capacité du cercle à exprimer sa raison d’être ou à mettre en œuvre ses redevabilités serait dégradée. Donc, la tension n’est pas juste déclenchée par une meilleure idée ou une potentielle future amélioration mais bien parce que la proposition ferait reculer le cercle dans sa capacité actuelle. Avec l’intention de ce critère, “réduire la clarté” est considéré comme une dégradation de la capacité du cercle, alors que “échouer à clarifier” ne l’est pas. Cela veut dire que bien souvent, la majorité des objections, telles que présentées par l’objecteur ne sont pas des raisons pour lesquelles la carte se dégraderait. La meilleure façon de comprendre est de regarder des exemples concrets et essayer de détecter ce qui ne fonctionne pas avant de lire mon analyse.

    *Attention : Lever une objection non valide n’est jamais une mauvaise chose. Cette information est pour illustrer le propos. Une personne pratiquant Holacracy ne devrait jamais ressentir de pression pour amener une objection valide. N’utilisez jamais les informations qui suivent pour pré-filtrer votre objection. Tout comme une proposition, toute information peut être le point de départ d’une objection.

    “Nous devons ajouter X à cela….” ou “Cela appartient au rôle Finance”

    Il n’y a que des solutions, pas de problèmes. Rappelez vous qu’une objection doit décrire un tort. Quand cela se présente lorsque je facilite, je dis généralement “Cela semble être une super solution, mais à quel problème ?” J’ai besoin de savoir “Quel est le problème si nous n’appliquons pas ce que tu proposes ?”

    “Je n’aime juste pas cette proposition,” ou “Je ne suis pas d’accord avec la proposition.”

    Il n’y a rien de mal à avoir un avis marqué mais nous ne cherchons pas l’accord de tous (ie un consensus). Quand vous déjeunez avec vos collaborateurs, vous n’avez pas besoin de recueillir l’accord de chacun pour décider de ce que vous allez commander à manger pour vous-même. De la même façon, une proposition est une solution que vous commandez pour résoudre votre propre tension. Que se passe-t-il si vous voulez un sandwich au thon mais la personne à côté de vous ne peut pas supporter l’odeur du thon ? Dans ce cas votre commande va l’impacter (serait donc une objection valide)

    “Nous n’en avons pas besoin », ou « Cela ne résout rien »

    Ces déclarations décrivent la neutralité, pas le préjudice. En ce qui concerne une réunion de gouvernance, une absence d’amélioration de la carte est parfaitement acceptable. Les objections sont des raisons pour lesquelles la proposition rendrait la carte pire qu’elle ne l’était avant le début de la réunion.

    “Oui cela va causer du tort”

    Il est évident que cette réponse ne nous renseigne en rien, mais c’est pourtant très commun, lorsqu’un facilitateur un peu stressé, a raté le tort initialement décrit par l’objecteur et a tendance a demander mécaniquement “Est-ce que cela va causer du tort ou est-ce inutile ou incomplet ?”. L’objecteur ayant déjà décrit le tort a tendance à répondre à cette question bizarre un effrayant “Oui, du tort”. Sans tenir compte de pourquoi cela se produit, le facilitateur a besoin de clarifier cette objection “Quel tort vois-tu ?” “J’ai dû le rater, quel est le tort causé déjà ?”

    “Ce n’est pas le vrai sujet”

    Il est possible qu’il y ait un ou plusieurs autres sujets importants à discuter, mais cela n’est pas notre préoccupation pendant le tour d’objection. Nous travaillons une proposition à la fois à l’exclusion de tous les autres sujets, sachant que l’objecteur peut simplement ajouter un point à l’ordre du jour pour qu’on s’en occupe. Imaginez un chirurgien en pleine intervention. Il réalise qu’il a oublié de fermer la porte de son garage. Il est important de s’en occuper, mais plus tard. Dans les réunions conventionnelles, l’ordre du jour est souvent composé de sujets à discuter par le groupe, plutôt que des tensions à traiter individuellement, c’est donc un malentendu commun. Amenez simplement un nouveau point à l’agenda, il sera traité ensuite comme les autres !

    La gouvernance est comme une carte. Les objections sont des raisons logiques à exprimer. Une objection valide doit décrire le tort causé !

  • Interview de Fabio Monte, leader de QoQa : Holacracy avec une équipe de 180 personnes, un challenge ambitieux

    Lecture : 6 minutes

    Interview de Fabio Monte, leader de QoQa

    QoQa est l’un des plus gros acteurs du marché suisse de l’e-commerce. L’idée de cette plateforme est lancée en 2005 par Pascal Meyer, son fondateur. Le concept est simple : Des produits triés sur le volet disponibles durant seulement 24 heures à prix cassé et avec un stock limité. Aujourd’hui ce sont plus de 900 000 suisses qui achètent de façon régulière sur la plateforme communautaire de vente en ligne. En 15 ans, QoQa a grandi et accueille aujourd’hui 180 salariés. Rencontre avec l’un de ces leaders !

    Comment avez-vous pris la décision d’embarquer en Holacracy ?

    Ça a été un mix de 2 choses, on l’a découvert au contact de notre agence Liip qui était passionnée d’Holacracy et par l’impulsion de personnes internes comme Joann (leader du cercle chargé du développement web). On était intrigués, et nous avons donc commencé à nous renseigner. Mais ce qui nous a motivé à passer le cap, c’est qu’on n’avait pas véritablement de gouvernance et l’équipe venait de passer le cap des 100 personnes. Il y avait par conséquent en interne des problématiques pour identifier les rôles et missions de tout le monde. On voulait également rester agile avec la méthode scrum, rester dans cette mouvance… Ce qui nous semblait possible avec l’Holacracy.

    Quelles ont été les bonnes surprises dans votre adoption d’Holacracy ?

    La bonne surprise, c’est définitivement la rapidité d’intégration de la méthode par les 180 collaborateurs (oui, on a grandi très vite entre-temps !). Pour moi, le choix était évident après plus de 2 ans de recherche et de formation. Mais tout le monde n’avait pas eu la chance de passer autant d’heures sur ce sujet. J’ai trouvé donc assez agréable de voir la rapidité avec laquelle les gens ont dit “ok, on suit”, sans connaître forcément les conséquences et la suite. Dans notre entourage, nous avons aussi eu des remarques un peu perplexes, les gens peuvent avoir des réserves sur le fait de tout mettre à plat, avec beaucoup de transparence. Et il ne faut pas oublier les craintes de certains “leaders” qui pourraient craindre la perte du pouvoir. Mais je pense aujourd’hui que les gens ont saisi le plus important : le pouvoir ne disparaît pas, il est simplement plus global, et à la portée de tout le monde.

    Qu’avez-vous mis en place en interne pour garantir le succès de cette transformation ?

    Évidemment, le Covid n’a pas aidé : on est tous à distance depuis tellement longtemps… Il y a beaucoup de personnes déjà formées, et cela continue actuellement. C’est un investissement important. Plus il y a de personnes qui comprennent les subtilités d’Holacracy, plus ce sont des gens qui vont porter et ne pas lâcher face aux premières difficultés. La supervision des séances par les coachs d’Ivolve et Sémawé nous permet aussi d’avoir une vue d’ensemble et de mettre l’accent là où les cercles coincent. Avoir ce regard extérieur et pouvoir faire des time out permet de répondre à des questions et surtout des questions individuelles. Il s’agit de trouver comment l’outil peut nous aider à résoudre nos problèmes. La théorie paraît facile, mais c’est toujours autre chose d’être confronté à un bloquant dans la pratique.

    Vous avez créé un cercle dédié à la montée en compétence en Holacracy. Peux-tu nous en dire plus sur ce cercle ?

    On a créé le cercle QoQa Academy d’abord pour identifier le porteur de la transformation. Il est leadé par Christos, qui a coordonné depuis le début ce projet que ce soit dans la recherche du partenaire ou la mise en place des formations de l’équipe. L’avantage c’est que tout le monde chez QoQa saura que lorsqu’il y a un besoin de coaching ou de supervision car il y a un sujet chaud, il sera possible de se référer à ce cercle pour avoir des réponses. C’est aussi ce cercle qui fait le lien avec les coachs externes d’Ivolve et Semawe. Cela crée un filtre et évite que tout le monde contacte nos coachs externes. Les coachs internes peuvent aussi voir s’il est nécessaire d’impliquer un coach externe ou pas.

    Quelles sont les particularités identitaires de QoQa qui vous rendent compatibles avec Holacracy ?

    J’ai écrit un jour dans une de nos présentations “Chacun fait ce en quoi il est bon”. Nous avons longtemps eu une culture qui consistait à laisser les gens s’annoncer spontanément pour faire autre chose que leur compétence première. Pour Holacracy, Christos s’est par exemple proposé et à la base il est développeur. Le fait que les gens osent proposer et travailler sur des choses sur lesquelles ils sont bons et sortent de leur périmètre initial nous rend particulièrement compatibles. Chez QoQa les gens s’expriment librement. Dans l’ensemble les gens sont bienveillants, s’expriment et proposent des choses. Avec Holacracy aujourd’hui ils peuvent aller plus loin que la critique et proposer.

    Quel est le prochain challenge dans votre pratique d’Holacracy ?

    Il y a beaucoup de travail, j’ai peur que l’organisation comme on la dessine ne se mette pas à jour aussi vite que le reste, qu’on oublie Holacracy et retombe dans notre tendance à revenir comme avant où on bossait avec le fameux “bon sens”. Je le vois à des réflexes comme “On le mettra après dans notre gouvernance” ou dans le fait qu’on utilise pas toujours les formats proposés par Holacracy de réunion tactique ou de gouvernance.

    Tout le monde peut remettre en question la gouvernance mais certains pensent encore qu’ils n’ont pas la possibilité de changer, de prendre le lead pour proposer un changement. On a vu 2 ou 3 fois des frustrations de certains qui disent “Mais je ne peux pas faire de changement”, qui ont des besoins de revoir une organisation par exemple. J’ai vu quelquefois, des personnes qui n’étaient pas claires sur un rôle et n’ont pas osé le dire. Elles attendent encore que les leaders qui étaient anciennement responsables de tout, le fassent pour elles. Il y a un besoin d’apprivoiser mieux la gouvernance pour tous les rôles du cercle et que chacun se dise : “J’ai une problématique, j’essaye de la poser en gouvernance, peut-être que ça ne donnera rien mais au moins le sujet est posé”.

    Observes-tu des changements dans ton équipe ?

    Pour moi, il y a eu un grand changement quand je suis devenu leader du cercle QoQa. Pascal, le fondateur et “loutre in chief” historique est toujours évidemment très présent. Ça a permis de clarifier et mieux définir nos périmètres respectifs. Cela met plus de clarté pour le reste de l’équipe aussi. Ça améliore le fonctionnement car il garde le projet sur l’ADN de QoQa. Il a aussi le rôle d’agitateur, qui s’occupe de secouer le bananier. L’avantage c’est que quand il y a besoin de disrupter je discute beaucoup avec Pascal et quand il faut mettre en place les choses avec l’équipe, c’est moi qui prends le lead.

    Concernant le reste de l’équipe, toutes les personnes qui ont des responsabilités ont été officialisées avec le rôle de leader de leur cercle. Ça leur permet de pouvoir assumer et de prendre leur responsabilité. Avant on disait qu’ils étaient responsables de pôle mais on ne savait pas trop ce que cela voulait dire. J’ai vu un changement de posture de beaucoup de gens. C’est clair que ça met en danger parfois, et en même temps pour ceux qui le prennent et qui avancent c’est une opportunité pour qu’ils puissent s’exprimer et revendiquer un peu leur légitimité :

    “Je suis responsable de ce rôle, si vous prenez cette décision, cela doit m’appartenir, car je suis responsable de cette partie du projet”

    Y a-t-il des choses que tu trouves plus sensibles dans l’adoption ?

    La partie RH est plus délicate, même si Holacracy définit des rôles, il y a toujours un lien crucial avec les ressources humaines. Des questions réflexes émergent comme “C’est quoi mon titre officiel ?”, “Qu’est-ce que je mets sur linkedin ? “, “Est-ce que je mets tous mes rôles ?”. Je pense qu’il faut apprendre à jongler avec les deux mondes. Il y a aussi la suite avec notre review annuelle, sans oublier les réalités économiques avec la question des salaires, une réalité en termes d’identité vers l’extérieur. L’autre élément délicat, c’est notre travail actuel sur la vision. Même si tout peut être remodelé, revu, challengé avec Holacracy, comme toute organisation, on a besoin de définir une vision. On a cet enjeu de pousser tout le monde à travailler là-dessus et de s’engager à «Où je veux arriver”. C’est vrai qu’il y a chez QoQa beaucoup de leaders qui le sont aujourd’hui car ils le méritent mais qui n’ont pas l’habitude d’être leader et de déterminer une vision, une ambition. Ce travail de coaching plus classique dans l’entreprise est à hybrider avec notre système de gouvernance en Holacracy.

    Une chose à ajouter ?

    J’ai envie de partager quelques secrets pour les personnes ou entreprises qui veulent se lancer dans Holacracy : je pense qu’il faut une communication interne rapide, intégrer tout le monde dans la réflexion dès le début et donner rapidement un avant-goût avec des exemples concrets pour qu’ils comprennent la démarche. Chez QoQa, on a ainsi mis en place des ateliers en amont de la décision pour que les gens comprennent le potentiel du virage. Et – évidemment – le choix du partenaire est très important. Un coach ne doit pas seulement outiller en donnant les clés d’Holacracy, il doit aussi voir les particularités de l’organisation. Holacracy ne fait pas seulement travailler sur la gouvernance mais sur la manière avec laquelle tu travailles individuellement, et avec les autres. C’est un voyage dont l’on ressort grandi, quelle qu’en soit l’issue!

  • Holacracy 2 ans après ça donne quoi ?

    Lecture : 9 minutes

    L’aventure démarre fin 2018. Cela fait quelques mois que nous sommes associés de la SCOP. Nous éprouvons le besoin de mettre de l’explicite sur nos rôles et notre organisation. Le sujet émerge en Forum Ouvert. Nous identifions Holacracy comme étant un système de gouvernance intéressant.

    Holacracy permet de rendre explicite l’ensemble des rôles nécessaires au fonctionnement de l’entreprise. Cette méthode de gouvernance distribuée est expliquée dans une constitution qui décrit tous les processus nécessaires à son application. La vie professionnelle avec Holacracy est rythmée par deux types de réunions. Les réunions tactiques où tous les points et besoins opérationnels sont traités. Les réunions de gouvernance où avec l’aide de la décision intégrative les membres peuvent ajouter ou modifier des rôles.

    Les 6 associés sont partants, j’ai le souvenir que nous profitons de cette énergie pour nous lancer ! Nous nous immergeons immédiatement dans la pratique.

    Les premiers pas, entre joyeuse découverte et déconstruction de nos croyances

    Au début, Aliocha facilite nos réunions tactiques et de gouvernance. Rapidement nous encodons une gouvernance qui rassemble une vingtaine de rôles. L’encodage consiste à traduire en rôles les diverses missions et actions récurrentes que nous menons les uns et les autres. Nous démarrons avec 3 cercles : 1 pour tous les rôles administratifs, 1 cercle dédié à la communication et un autre à la prospection.

    Après 1 an notre gouvernance est composée de 9 cercles et d’une soixantaine de rôles.

    Cela peut paraître vertigineux mais en réalité, certains rôles sont des rôles très précis avec une mission spécifique. Par exemple, le rôle « santé au travail » s’occupe de prendre les rendez-vous médicaux pour l’équipe et de gérer le dossier des mutuelles des salariés. Les expliciter permet de se relayer et de s’assurer qu’il y a toujours quelqu’un pour s’en occuper.

    Voici à quoi ressemble notre gouvernance après un peu plus de 2 années de pratique.

    Nous sommes une petite équipe et faisons le choix de nous répartir les tâches essentielles à la vie de notre SCOP. Mettre de la clarté sur ces tâches nous a permis d’avancer sur le chemin de la prise de responsabilité et de la distribution de l’autorité. Certaines actions de gestion qui étaient gérées jusque-là par Aliocha, notre mandataire, ne le sont plus aujourd’hui. Désormais les rôles tournent dans l’équipe. J’y vois deux avantages :

    • La responsabilité et la conscience des priorités sont partagées au lieu d’être concentrées sur un seul individu. Cela renforce nos liens et notre implication dans notre projet commun.
    • Notre équipe est de plus en plus autonome pour continuer à fonctionner en cas d’absence de notre dirigeant.

    Au bout d’une année, 4 membres de l’équipe ont des rôles de facilitateurs dans les cercles et tous ont occupé un rôle de secrétaire. Ces 2 rôles nous permettent notamment de monter en compétence plus rapidement sur l’adoption de cette méthode de gouvernance. Nous en avons notamment besoin pour animer nos réunions tactiques et de gouvernance de nos différents cercles. Lire mon article sur la réunion tactique.

    Notre rencontre avec Ivolve, un tournant

    Fin 2019, notre complicité grandissante avec Ivolve, notre partenaire, passe un nouveau cap. Nous organisons un Forum Ouvert ensemble. En janvier 2020, à l’issue d’une journée passée à échanger sur notre rapprochement, nous décidons d’avoir une gouvernance commune. Accessible ici : http://app.holaspirit.com/public/demo-board-kaosen

    Désormais la gouvernance de Sémawé cohabite dans un cercle commun avec Ivolve. Ce cercle s’appelle Kaosen, nous choisissons son nom ensemble : Kaosen comme Chaos. Du chaos naît l’énergie créatrice !

    Je me souviens qu’au début je prends cela très au sérieux, et cela soulève des craintes sur l’accès aux informations confidentielles. Très vite je me rends compte que le partenariat est solide et que notre gouvernance publique est une façon d’incarner notre pratique plus profondément. De l’explicite et de la transparence entre nous et envers l’extérieur, nos clients, nos partenaires !

    Si vous avez envie d’en savoir plus sur notre partenariat et comment Holacracy nous aide, le webinaire ci-dessous peut vous renseigner !

    Après 1 an de gouvernance commune

    Cette pratique quotidienne est un jeu stimulant et générateur d’énergie. J’aime l’inspiration que je trouve dans la gouvernance d’Ivolve, j’aime les échanges que nous faisons ensemble sur nos expériences, nos connaissances, nos gouvernances respectives.

    Anne-Muriel et Emmanuel sont devenus nos complices, nos compagnons de pratique d’Holacracy, nos associés, nos pairs. Nos deux organisations ont leur identité singulière et trouvent des terrains communs d’innovation. Nous créons le cercle Dojo pour l’amélioration continue de nos compétences et pratiques. Ce cercle nous sert à échanger, affiner nos accompagnements, créer des outils et des méthodes communes.

    Le cercle La Fabrique quant à lui, est notre laboratoire, notre R&D à nous. Sa raison d’être est : Des outils innovants dans nos accompagnements.

    Nous aménageons des espaces d’expérimentation ensemble pour essayer de nouveaux formats inspirés de nos formations et pratiques respectives.

    Notre gouvernance évolutive

    Après 2 ans de pratique, notre gouvernance est composée de 6 cercles, dédiés au fonctionnement opérationnel quotidien de notre entreprise.

    • Par exemple dans le cercle Hermès nous nous occupons de la communication et de la prospection.
    • Dans le cercle Accompagnement nos réunions sont dédiées aux échanges sur nos prestations, qu’il s’agisse de nos accompagnements d’équipe, coaching à Holacracy, facilitation de séminaires, ou démarches participatives.
      Nous nous donnons des nouvelles sur nos clients. Ce cercle contient tous les rôles nécessaires au bon déroulement de nos prestations (coach, facilitateur, médiateur, pilote de projet, ressource pour nos supports pédagogiques, édition pour la création de nos contenus vidéos et fiches de facilitation).
      Lors de nos réunions tactiques nous pouvons préparer une intervention. Chaque rôle amène les points qu’il souhaite traiter pour avancer. Dans les réunions de gouvernance nous améliorons les rôles pour que la répartition des redevabilités soit cohérente et utile pour le cercle. Nous complétons avec une démarche d’amélioration continue pour chacune de nos prestations (rétrospectives de projet, débrief en équipe, feedback entre co-animateurs).
    • Dans le cercle Vie d’agence nous rassemblons tout ce qui concerne le confort matériel et relationnel avec des rôles en charge de la bonne gestion de notre lieu de travail et d’autres en charge d’organiser des temps d’échanges sur la question relationnelle
    • D’autres cercles apparaissent pour gérer des projets de longue haleine. Nous écrivons un livre, ce projet a démarré en 2020 et se terminera en 2021 lors de la publication du livre. Nous avons fait le choix d’y dédier un cercle car cela a demandé une vraie logistique et de l’implication de chaque contributeur. Après ce premier livre nous envisageons d’en écrire un second. Le cercle est donc toujours présent !

    L’organisation, un organisme vivant en évolution permanente

    Notre gouvernance évolue sans cesse. C’est à la fois stimulant et rassurant. Au même titre qu’un organisme vivant évolue dans le temps, notre SCOP est composée d’individus qui y apportent leur énergie et leurs envies. Cela nous permet de faire bouger régulièrement les cercles et les rôles pour affiner toujours plus la mise en cohérence entre l’explicite et la réalité.

    C’est aussi un gage de liberté créative dans nos projets. Nous avons le souhait de mettre notre énergie là où elle nous stimule, la gouvernance permet de mesurer cela et de gérer les priorités. C’est aussi un atout de taille pour réagir vite et nous adapter en cas d’imprévu. La crise sanitaire du Covid nous a demandé de réadapter toutes nos prestations (adaptation de nos accompagnements en visio, lancement de nos webinaires, lancement d’un Slack dédié à nos clients).

    Les postures dans l’équipe

    Ici je vous livre ce que j’ai pu observer après ces 2 années de pratique.

    Le powershift

    Holacracy amène de la robustesse aux rôles. À partir du moment où le système dit que toute autorité est donnée au rôle, cela crée de la confiance et ouvre la voie pour l’énergie créatrice. Holacracy rend explicite les rôles et leur périmètre d’intervention mais ne dicte pas comment le rôle doit s’organiser. Concrètement à Sémawé cela se concrétise par :

    • des demandes d’avis plus ciblées et moins systématiques,
    • des actions et décisions menées plus rapidement,
    • de nouvelles idées proposées par une nouvelle personne qui énergise un nouveau rôle,
    • des personnalités plus discrètes qui gagnent en proactivité et en assurance,
    • des profils plus “meneurs” qui apprennent à laisser plus de place aux rôles.

    Je fais partie de ceux-là. Holacracy me permet de réduire considérablement ma tendance à pousser les autres au risque de faire de l’ingérence. Chaque rôle est autonome. A partir du moment où leur mission n’a pas d’impact sur l’un de mes rôles, il n’y a pas de raison que j’y mette de l’énergie. Cela me permet de consacrer mon temps à mes rôles. Les autres rôles ont la liberté d’avancer comme ils le souhaitent.

    Faire la différence entre les personnes et les rôles

    Holacracy permet de faire le ménage sur ce sujet. Toutes les tensions opérationnelles sont liées aux rôles. Lorsque des sujets liés au relationnel apparaissent, l’équipe les identifient plus vite et sait que d’autres espaces existent pour en prendre soin comme la rétrospective où les accords relationnels sont travaillés, ou la météo quotidienne. Pour ma part, je sens que cela m’évite de mélanger les sujets et me permet d’être plus juste dans la formulation de mes attentes envers mes associés. Je peux utiliser cette clarté pour mes feedback et faire la différence entre mes demandes aux rôles et aux personnes.

    Le FIT FOR ROLE

    Cet aspect amené par Holacracy est un vrai changement de paradigme. Je l’observe en tant que leader de mes rôles mais aussi chez les leader de cercle. Si une personne n’a pas l’énergie ou l’envie pour être dans son rôle, c’est au leader de cercle de s’assurer de trouver un meilleur FIT FOR ROLE. Cela signifie qu’on reconnaît la possibilité de changer la personne qui prend le rôle sans pour autant que cela soit synonyme d’échec. J’énergise ce rôle depuis quelques mois et j’ai encore du chemin à faire pour bien me saisir de ce que signifie être leader en holacracy. Je suis comme toutes les personnes ayant eu une expérience dans une organisation pyramidale. Les vieux réflexes ont la dent dure, comme par exemple, aller aider quelqu’un qui n’en a pas besoin, ou demander des deadlines car je ressens de l’inquiétude quant à l’avancée d’un projet.

    J’observe aussi que dans l’équipe, le lâcher prise sur les envies est aussi un chemin. Je le constate car nous avons très peu de démission des rôles et peu de demandes pour être mis dans de nouveaux rôles. L’énergie a souvent lieu dans l’autre sens. C’est le leader de cercle qui sollicite l’équipe mais rarement l’inverse.

    Les accords relationnels

    La version 5.0 de la constitution, sortie en 2020, introduit une nouvelle notion qui a souvent été décrite comme manquante, celle des accords relationnels.
    Les membres de l’organisation peuvent conclure des “Accords de Travail”, pour définir la façon dont ils entendent interagir entre eux.

    Ces “Accords relationnels” servent à définir des comportements liés au travail, et ne servent pas à définir la liste de ce qui est attendu des personnes dans le travail. Ils peuvent spécifier des actions concrètes ou des attentes comportementales à honorer, mais pas lister des objectifs ou des qualités abstraites. Donc ce ne sont pas des redevabilités.

    Les Partenaires ont l’obligation de respecter les Accords de Travail qu’ils ont acceptés. Un Facilitateur peut aussi renforcer ces Accords de Travail en facilitant des réunions, tant qu’elles n’entrent pas en conflit avec la constitution.

    Cette évolution permet d’inclure une forme de charte relationnelle entre les membres de l’organisation. Nous nous en sommes saisis et avons consacré un atelier de travail pour identifier ces accords relationnels. Certains accords ont été passés avec l’ensemble des membres de l’équipe, d’autres sont plus restreints et concernent de plus petits groupes.

    Par exemple :
    Je peux entrer ou quitter une réunion à tout moment sans perturber son déroulement.

    S’isoler pour discuter, parler bas quand l’espace est contraint.
    Une demande formulée dans slack plus qu’une interruption orale.
    Je me laisse coacher par le facilitateur.

    Nos projets pour 2021

    Sémawé est officiellement provider, ce qui signifie que nous pouvons accompagner d’autres organisations sur l’adoption d’Holacracy. Aliocha est certifié coach. Nous avons le souhait de continuer à affiner notre pratique et de créer nos propres “applications” pour travailler sur le champ du relationnel.

    Nous avons également décidé Semawe est officiellement provider, cela signifie que nous pouvons accompagner d’autres organisations sur l’adoption d’Holacratie. Aliocha est certifié coach, il s’occupe des accompagnements de nos clients.
    Il y a dans l’équipe des envies de passer la certification de coach en Holacracy.
    Nous avons le souhait de continuer à affiner notre pratique et pourquoi pas créer nos propres “applications”, méthodes à accoler à Holacratie pour travailler sur des sujets précis. Notamment, le champ du relationnel qui nous intéresse particulièrement !

    Lors de notre Forum Ouvert d’hiver dans le Beaufortain, nous avons également décidé d’écrire un second livre. Pour le printemps 2021 nous allons emménager dans les nouveaux locaux que nous venons d’acheter. Cela va nécessiter une organisation et des aménagements. Je ne doute pas que plusieurs rôles apparaîtront dans notre gouvernance pour mener à bien ce projet

  • Les formations en distanciel peuvent être efficaces et agréables !

    Lecture : 6 minutes

    Aujourd’hui on parle distanciel !

    Pour la première fois de notre histoire, une majorité d’entreprises et de travailleurs doivent apprendre à travailler à distance. Nous essayons tous de nous adapter au contexte, visioconférences, outils numériques participatifs, les options ne manquent pas.

    Le distanciel va potentiellement constituer une grande partie de nos échanges dans les prochains mois, alors comment faire pour que cela reste fluide et agréable ?

    À Sémawé nous nous sommes posé la question pour adapter nos formations, nos accompagnements, nos séminaires ou supervision d’équipe dans ce contexte si particulier.

    Nous vous partageons dans cet article ce que nous mettons en place !

    Comment garantir l’attention du groupe ?

    Plusieurs sessions courtes

    De la formation en visio oui, mais pas à n’importe quel prix ! Plusieurs sessions courtes nous permettent de maintenir nos formations sur un rythme soutenable et efficace. Des sessions de maximum 2h30 avec 10 minutes de pause au milieu aident à garder l’attention du groupe et laissent tout de même le temps d’avancer ensemble !

    Limiter le temps consacré aux apports théoriques

    La capacité d’attention moyenne d’un individu n’excède pas 20 minutes. Partant de ce constat, nous essayons le plus possible de ne pas donner d’explications longues. Pour Jeanne il est essentiel de : “faire des apports théoriques là où ils sont nécessaires. Je pars toujours d’une expérimentation et des questions des participants pour transmettre de la théorie. C’est pour moi la méthode la plus efficace pour favoriser les apprentissages et garder l’attention du groupe.”

    Donner des points de repères

    Les formations que nous avons suivies ces dernières années sautent souvent la case des informations pratiques. Juliette formatrice à Sémawé raconte : “Je me suis rendue compte en le vivant, que mon attention était parasitée par des questions sans réponse que je me pose en début de session. La conséquence directe, c’est que je ne suis pas très attentive à ce qui se dit car je n’ai pas les informations dont j’ai besoin pour me sentir à l’aise dans les échanges.” Forts de ce constat partagé par plusieurs membres de l’équipe, il est essentiel pour nous de commencer nos formations avec ces informations.

    Il suffit de prendre 10 min pour présenter au groupe les repères dont il a besoin. Pour cela un moyen de s’en souvenir facilement est l’acronyme TOAST :

    • Thème :
      De quoi va-t-on parler ? (clarification contexte / thématique)
    • Objectif :
      Quels sont les objectifs de la formation ? (objectifs de production, managériaux, pédagogiques)
    • Animation :
      Qui (co)anime ?
      Quelles modalités d’animation ? (Quoi ? on va jouer ? on peut se tromper ?…)
      Quelle organisation de l’espace ?
      Quels outils/supports (pendant, après) ?
      Quel cadre ? (quelles règles du jeu pour que ça se passe bien ?)
    • Séquences :
      Quel déroulé ? (les séquences)
      Quels horaires ? (repas, pauses, début/fin…)
    • Transition :
      Quelles sont les attentes des participants ?
      Quelle est la perception / connaissance du sujet ?

    Comment maintenir un bon niveau d’apprentissage ?

    Des sessions régulières

    Moduler une formation initialement prévue sur une journée en plusieurs sessions permet un apprentissage différent. Les participants peuvent expérimenter entre les sessions ou continuer leur réflexion individuelle. Nous avons constaté qu’une ou deux sessions par semaine pour des formations de 7 à 14h est un rythme suffisamment espacé et suffisamment soutenu pour progresser.

    Juliette précise : “En tant que formatrice je vois vraiment les avantages d’avoir plusieurs rendez-vous avec les participants. Cela permet de créer un lien plus palpable. Ce lien est intéressant pour nous et nous permet d’introduire le débrief entre participants, un élément essentiel pour la bonne intégration d’une pratique. Plus les participants sont à l’aise, plus les débriefings vont être sincères et apprenants pour le groupe !”

    Ces temps de pratiques peuvent se faire en sous-groupe, ou en groupe entier. Avec ou sans outils numériques. Certains outils de visioconférence permettent de faire des sous-salles pour y envoyer une partie du groupe.

    Des espaces de pratique et de débrief

    Vous l’aurez compris, à Sémawé, nous n’envisageons pas de formation sans pratique. Une visioconférence sur une journée avec uniquement des informations descendantes de sachant à apprenant est un format que nous ne souhaitons pas proposer.

    À la place, nous utilisons des espaces de pratique, en petit groupe ou en duo/trio selon le sujet. Si vous faites vous-même quelque chose, c’est le meilleur moyen d’apprendre et de comprendre ce qui se joue. Nos thèmes de formation comportent beaucoup de notions liées aux dynamiques de groupe, ou individuelles, aux postures et comportements.

    “J’aime proposer des espaces d’expérimentation (même courts, sur 20 minutes par exemple) suivis de débrief. Ce sont des leviers vraiment puissants pour garantir la modélisation des apprentissages. Un groupe va avancer beaucoup plus vite si les participants ont l’occasion de comprendre les notions théoriques en les vivant,” précise Jeanne.

    Des outils numériques accessibles

    Les outils numériques sont là pour aider le groupe à partager de l’information ou matérialiser les contributions individuelles. Si un outil n’aide pas le groupe à la compréhension peut-être est-il inadapté ou inutile ? Cela vaut la peine de se questionner sur ce que l’on souhaite créer dans le groupe avant d’introduire un outil.

    Pour une prise en main facile, nous utilisons des solutions qui ne nécessitent pas de compétence particulière pour les participants.

    Sarah précise : “En formation, je me concentre sur les besoins des participants en fonction de leurs objectifs et des compétences visées. Les outils numériques peuvent aider la participation de chacun et chacune mais pour moi, leur usage doit toujours se faire au service des stagiaires. L’intérêt pédagogique prime toujours sur l’aspect ludique ou divertissant de l’outil proposé.”

    Jeanne a changé sa pratique de formatrice avec les outils numériques : “Je suis une adepte de la formation en présentiel. Je ne pensais pas qu’il était possible de permettre autant la participation d’un groupe en ligne. Avec des outils comme Padlet ou Miro, les participants contribuent facilement. Cela favorise les échanges car chacun a le temps de réfléchir sans se faire couper la parole avant de poser une idée”.

    • Padlet : un outil qui permet de contribuer à plusieurs soit sur des tableaux soit en nuage de mots sans que les utilisateurs ne créent de compte.
    • Miro : un outil qui permet de paramétrer des espaces de contribution avec diverses étapes et des post-it virtuels.

    Comment susciter l’engagement du groupe ?

    Respecter les horaires prévus

    Un engagement qui nous tient à cœur, et qui vient de notre culture Agile et de notre pratique d’Holacracy, est : la ponctualité. Commencer à l’heure et terminer à l’heure est un marqueur du respect des autres surtout lorsque plusieurs personnes sont concernées.

    Cela nécessite une attention toute particulière à la façon d’animer nos temps de formation. Pour cela nous utilisons les tours de parole et verbalisons le plus possible le temps dont nous disposons sur les différentes étapes de la formation. “Évidemment nous sommes capables de nous adapter aux imprévus et de moduler les temps prévus selon le niveau du groupe par exemple, mais jamais au détriment de la ponctualité. Cela passe aussi par la responsabilisation du groupe, à qui l’on peut demander de choisir si besoin de priorisation il y a,” explique Juliette.

    Jeanne a changé sa pratique de formatrice avec les outils numériques : “Je suis une adepte de la formation en présentiel. Je ne pensais pas qu’il était possible de permettre autant la participation d’un groupe en ligne. Avec des outils comme Padlet ou Miro, les participants contribuent facilement. Cela favorise les échanges car chacun a le temps de réfléchir sans se faire couper la parole avant de poser une idée”.

    • Padlet : un outil qui permet de contribuer à plusieurs soit sur des tableaux soit en nuage de mots sans que les utilisateurs ne créent de compte.
    • Miro : un outil qui permet de paramétrer des espaces de contribution avec diverses étapes et des post-it virtuels.

    Comment susciter l’engagement du groupe ?

    Respecter les horaires prévus

    Un engagement qui nous tient à cœur, et qui vient de notre culture Agile et de notre pratique d’Holacracy, est : la ponctualité. Commencer à l’heure et terminer à l’heure est un marqueur du respect des autres surtout lorsque plusieurs personnes sont concernées.

    Cela nécessite une attention toute particulière à la façon d’animer nos temps de formation. Pour cela nous utilisons les tours de parole et verbalisons le plus possible le temps dont nous disposons sur les différentes étapes de la formation. “Évidemment nous sommes capables de nous adapter aux imprévus et de moduler les temps prévus selon le niveau du groupe par exemple, mais jamais au détriment de la ponctualité. Cela passe aussi par la responsabilisation du groupe, à qui l’on peut demander de choisir si besoin de priorisation il y a,” explique Juliette.

    Proposer un espace d’inclusion et de déclusion

    Ces moments peuvent sembler optionnels mais en réalité, même courts, ils contribuent au ciment qui lie le groupe. Ce lien est à soigner car il va contribuer à l’engagement et la motivation du groupe à suivre la formation. A Semawe, en tant que formateurs, nous participons comme les autres à ce moment d’introduction, cela permet de créer dès le début un lien de confiance.
    Juliette précise : “Une inclusion en début de session peut consister par exemple, à partager sa météo du jour. La météo est un partage de ressenti. Chacun contribue à la hauteur de ce qui lui paraît juste de partager au groupe et cela créé un premier moment de connexion où chaque individualité a le droit d’exister. Si le groupe se revoit régulièrement on peut s’amuser en introduisant des images que les participants peuvent choisir pour représenter leur état du jour.”

    La déclusion est aussi importante pour matérialiser la fin de chaque session. Ce moment est aussi une façon concrète de permettre à chacun de sortir de la formation intellectuellement et énergétiquement parlant. Elle permet de savoir comment se situe chacun à l’issue des échanges. Elle peut prendre diverses formes comme un simple partage d’un apprentissage, d’une surprise ou un vœux pour soi.

    Sarah ajoute “Même dans une session de 2h30 de formation, nous prenons le temps d’accueillir les stagiaires et d’apporter du soin à l’espace que nous avons occupé ensemble dans nos journées respectives. Inclusions et déclusions sont très importantes et me permettent de prendre le poult du groupe que j’accompagne. J’essaye de varier les exercices, surtout lorsque c’est un groupe que je suis sur plusieurs sessions, ça me demande parfois un peu d’imagination !

    Allier les rôles de formateur et de facilitateur

    Ce qui nous semble essentiel quand on donne une formation, qu’elle soit en présentiel ou en distanciel, c’est notre rôle de facilitation. D’autant plus lorsque le groupe est constitué de personnes qui ne se connaissent pas et sont potentiellement chacune devant leur écran. Faciliter signifie animer les temps pour s’assurer que la parole est bien distribuée, que les questions sont bien traitées et que le groupe est toujours attentif. Au delà de la posture de formateur, celle de facilitateur permet d’ouvrir des espaces pour les participants et de maintenir le cadre sécurisé. La facilitation passe notamment par des choses simples à mettre en place comme les temps de connexion entre participants, des règles communes claires, de l’explicite sur les arbitrages lorsque cela est nécessaire.

    Présentiel et distanciel, même attention

    Nous utilisons la majorité de ces éléments dans nos autres formes d’accompagnement, qu’il s’agisse de l’animation de séminaires ou d’accompagnement d’équipe.
    Nous avons le souhait de nous adapter au distanciel tout en respectant nos identités d’accompagnants. Couplées avec la démarche qualité dans le cadre de notre certification Qualiopi, ces pratiques nous permettent de proposer des formations exigeantes, sur le fond et sur la forme !

  • Un Forum Ouvert pour réinventer le Festival Off d’Avignon

    Lecture : <1 minute

    Retour sur le forum ouvert du festival off animé et facilité par notre équipe.

  • Semawe facilite le Forum Ouvert du Festival OFF d’Avignon

    Lecture : 2 minutes

    Souvenez-vous, c’était en mai 2019. Le Festival Off d’Avignon initiait pour la première fois de son histoire une rencontre entre ses acteurs (commerçants, habitants, élus, compagnies de théâtre et théâtres) pour impulser une dynamique de co-construction du festival de demain.

    Ce premier moment avait suscité beaucoup d’émotion et d’enthousiasme de la part des participants qui ont pu constater qu’ils avaient finalement les mêmes préoccupations et ambitions pour le festival.

    Lors de cet événement, nous avons eu la mission de proposer un format rassembleur et de faciliter les échanges.

    6 mois plus tard, un deuxième rendez-vous toujours plus ambitieux

    Nous avons réitéré l’expérience en novembre dernier, avec cette fois la volonté marquée de l’équipe du Festival de travailler sur le sujet de l’éco-festival.

    C’est donc lors d’une matinée que nous sommes intervenu.e.s pour proposer des outils d’intelligence collective. Des petits groupes de personnes se sont rassemblés par thème après avoir participé à la place de marché, moment de partage des envies de sujets de chacun et chacune.

    La centaine de personnes présentes s’est volontiers prêtée au jeu du dialogue et de la réflexion commune. Il en est sorti plusieurs dizaines de propositions concrètes pour faire du Festival Off d’Avignon un festival plus responsable et respectueux de l’environnement, de la ville et de ses habitants.

    Notre rôle en tant qu’équipe d’animation

    Notre mission était de rythmer la matinée et de proposer les outils. Nous avons eu la volonté de garder une posture de facilitation. Cela signifie que nous n’avons pas contribué à la réflexion ni influencé les idées, nous avons au contraire été plus en retrait pour aider les groupes qui en avaient besoin et être les garants du cadre de la démarche.

    Notre ressenti après cette matinée

    Nous sommes très reconnaissant.e.s envers l’équipe du Festival de la confiance et de la liberté accordées dans le format de l’animation. Contribuer à faire se rencontrer et dialoguer des personnes qui ne se côtoient pas est pour nous une source de profonde satisfaction.

    Enfin, être témoins de la richesse des idées générées et de l’alignement des individus dans ce collectif tout neuf est une chance et une vraie fierté.

    Nous vous laissons découvrir la courte vidéo qui résume bien l’énergie et la dynamique de ce moment. Merci à Najim Barika pour cette belle réalisation qui vous donne un aperçu de notre métier !

  • Notre interview dans le Podcast de l’entreprise de nouvelle génération

    Lecture : <1 minute

    Dans un entretien avec Luc Bretones, (Organisateur de l’événement « The NextGen Enterprise Summit ») en partenariat avec Holaspirit, Aliocha Iordanoff partage son expérience de gérant d’une SCOP.

    « L’objectif de ce podcast est de partager des expériences de nouvelles gouvernances et d’innovation managériales. Holaspirit est allé à la rencontre d’organisations adaptatives, centrées sur leur raison d’être.
    Le principe de ce podcast est clair : pas de langue de bois, 0 bullshit et une totale indépendance de ton ».

    Aliocha explique notre pratique interne d’une gouvernance en cercle : Holacratie.

    Pour Sémawé, il s’agit d’une cohérence philosophique et culturelle que d’allier SCOP et gouvernance distribuée avec un partage du pouvoir.

  • Holacracy, un vent porteur pour la gouvernance de Sémawé

    Lecture : 6 minutes

    Lors de notre Forum Ouvert de l’hiver 2019, l’ensemble de l’équipe a décidé d’expérimenter une gouvernance partagée structurée en cercle : l’Holacracy (Holacratie).

    Depuis plusieurs années, nous avons le souhait d’explorer de nouvelles formes de collaboration. Nous avons débuté avec des pratiques issues de la philosophie Agile. Fort.e.s de cette expérience en Agilité, nous avons eu envie de compléter ces outils pour nous améliorer sur le traitement opérationnel des sujets transversaux à notre agence.

    Le souhait d’expérimenter une gouvernance en cercle est né de notre envie commune d’alignement entre notre statut de SCOP – avec les responsabilités individuelles et collectives que cela implique – et notre fonctionnement interne.

    Il est essentiel pour nous d’être cohérent.e.s au quotidien. C’est cette exigence qui nous permet de maintenir une grande cohésion et une confiance partagée !

    Je vous propose aujourd’hui de parler de cette méthode de gouvernance qu’est l’Holacratie.

    La gouvernance partagée en cercle

    Après ces mois de pratique, nous tirons déjà de grands bénéfices en tant qu’équipe. Il y a eu des phases enthousiasmantes de découverte, d’autres plus introspectives sur nos méthodes et la complexité de mise en place d’une gouvernance qui ait du sens. L’équipe a avancé ensemble, à son rythme avec des profils plus ou moins à l’aise en fonction des sujets. Ce nouveau fonctionnement est apprécié, et l’envie d’approfondir notre connaissance et d’affiner notre pratique est grandissante.

    Le pouvoir d’Holacracy : l’explicite

    Globalement, ce qui ressort, c’est l’immense efficacité de l’explicite. Rendre visible ce qui autrefois était implicite, confère au collectif un dynamisme et une capacité à avancer de manière efficace et transparente.

    Réfléchir collectivement à la création de rôles qui correspondent aux actions portées dans la réalité par certains membres de l’équipe, participe à la confiance partagée entre nous et clarifie la place de chacun.e dans le groupe.

    La gouvernance : des rôles plus que des personnes

    Un des éléments renforçant la légitimité de chaque rôle est que la décision de création d’un rôle revient au cercle composé de l’ensemble des membres. Le travail collectif consiste à définir le rôle et à lui attribuer sa raison d’être ainsi que ses redevabilités. En somme, on définit le pourquoi de l’existence d’un rôle et de son périmètre d’action.

    Le fait que le rôle soit accepté et décidé par tous lui donne un grand pouvoir d’autonomie et de responsabilité.

    Créer des rôles permet également de les distinguer des personnes qui les énergisent.

    Les réunions de gouvernance servent à créer, supprimer ou modifier des rôles, et nous n’y prenons aucune décision opérationnelle. Celles-ci sont travaillées par les rôles eux-mêmes et en réunion de triage si la décision implique l’équipe plus largement.

    Une personne qui accepte d’énergiser un rôle en détient les clés. Cela signifie qu’elle a la responsabilité de s’assurer de la tenue de ses missions et des résultats attendus par le collectif. Pour cela, elle peut s’entourer de toute l’aide nécessaire mais reste la garante de la gestion des redevabilités attribuées à son rôle. Cela signifie également qu’elle a toute autorité pour prendre les décisions nécessaires :

    C’est celui ou celle qui fait qui est à même de décider.

    Une philosophie particulièrement stimulante et responsabilisante, qui correspond à notre vision de la coopération.

    Le triage : Pragmatique et opérationnel

    Une réunion de triage est une réunion opérationnelle qui consiste à traiter un ensemble de sujets amenés par l’équipe sous forme de tensions. Le facilitateur a la mission de traiter les sujets un par un, et de s’assurer que les tensions sont résolues. Le processus de l’Holacracy (Holacratie) permet de trouver des solutions qui peuvent répondre à ces tensions. Cela ne signifie pas que le facilitateur doit trouver lui-même la solution mais doit baliser le terrain pour que les individus qui forment le collectif puissent trouver une solution ensemble.

    À la manière d’une gare de triage, c’est un moment régulier de la vie d’équipe au cours duquel seront débloqués tous les points qui empêchent l’équipe d’avancer comme elle le voudrait.

    L’équipe va remettre en circulation les trains qui étaient arrêtés, en attente d’une solution !

    Dans une réunion de triage, on s’adresse par exemple au rôle « communication » et non pas à la personne qui énergise le rôle. Cela permet d’éviter la charge personnelle que peuvent prendre certains échanges lorsqu’on parle d’une mission.

    Le triage permet de créer un espace pour répondre à des besoins opérationnels exprimés par un rôle. Il ne s’agit en aucun cas de traiter des tensions d’un ressort émotionnel. Nous avons trouvé pour cela un autre format complémentaire dans lequel nous explorons les inconforts et les besoins d’évolution de chaque membre de l’équipe. Nous aborderons ce sujet dans un prochain article à paraître.

    Les tensions : en responsabilité et en conscience

    Parmi les règles fondamentales de l’Holacracy (Holacratie), il est admis qu’une tension doit être amenée sur la base de faits réels. Une tension peut être une question, un blocage ou un besoin de réassurance. Tant qu’une tension n’est pas limpide, le collectif ne peut pas travailler à une proposition pour la résoudre. Avec l’apprentissage, le facilitateur et les rôles qui amènent les tensions commencent à gagner en exigence et en précision quant à leur formulation. Cela permet notamment de faire le tri dans ce qui relève parfois de craintes personnelles liées à des projections.

    Les tensions sont une sorte de matière première de la discussion. La recherche d’une solution, ou la décision de mettre en place une action, est ensuite exclusivement dédiée à lever cette tension pour la personne qui l’a apportée. Cela évite à une équipe d’essayer de résoudre plusieurs problèmes à la fois, ou de construire des solutions très complexes.

    Le traitement de l’ordre du jour des réunions par tension est aussi un moyen d’apporter un grand soin au vécu et au regard de chaque individu dans le collectif.

    Au cours d’une réunion, toutes les tensions apportées sont traitées, et chaque fois, l’attention du facilitateur et de l’équipe est réellement centrée sur la tension apportée par la personne qui porte ce point.

    Mon témoignage sur l’énergisation de rôles structurels

    J’ai eu l’occasion d’énergiser deux rôles structurels essentiels dans la mise en place d’une gouvernance en Holacratie. Je suis d’ailleurs reconnaissante envers l’équipe pour la confiance qu’elle m’a accordée en me choisissant pour énergiser ces rôles.

    Mon premier rôle a été celui de secrétaire. Ce rôle a la mission de répertorier l’ensemble des décisions qui sont prises en réunion de gouvernance et en réunion de triage. Il apporte un regard de précision au groupe puisqu’il est en charge d’écrire les décisions.

    C’est aussi un rôle qui porte la responsabilité de rendre accessible et compréhensible par tous les membres la gouvernance de l’entreprise et les décisions prises. Cela demande de savoir bien interpréter et expliciter les règles et d’avoir une vision globale à jour des décisions prises en réunion.

    Ce que cela m’a apporté : un regard critique sur la méthode, une envie d’en maîtriser les codes pour garantir un processus pertinent et utile au collectif. Une aide pour formuler mes propres besoins auprès de l’équipe.

    Le second rôle pour lequel j’ai été élue est celui de facilitatrice. C’est le rôle qui a la responsabilité d’animer les réunions structurelles du cercle : les réunions de gouvernance et de triage. C’est le rôle qui insuffle la dynamique à ces moments, et crée le climat de confiance et d’ouverture qui peut y régner. Le collectif a aussi une responsabilité pour garder une posture de coopération et d’attention réciproque, mais c’est au facilitateur d’en impulser la rythmique.

    Ce que cela m’apporte : une conscience de l’importance de mon rôle et de ma posture pour que tout le monde se sente à l’aise dans le processus.

    Mes envies :

    • Explorer profondément la méthode pour en avoir une bonne maîtrise, dans le but d’apporter mon soutien le plus entier à chaque membre de la SCOP.
    • Être à l’aise et à l’écoute dans mon rôle pour proposer ma propre facilitation dans quelques mois.

    Ce que Holacracy m’a appris

    • La certitude que l’explicite est un élément essentiel d’une organisation qui recherche des relations saines et solides entre ses membres. Pas question de prendre en charge sans le dire des tâches restées sans personne pour s’en occuper ou de prendre des décisions engageantes seul. Avant cette expérience, je le devinais, maintenant j’en suis sûre.
    • La sérénité de savoir qu’il existe des espaces pour que nous nous organisions et que nous nous occupions de nos rôles et projets respectifs en étant efficaces.
    • La dynamique insufflée par le fait que chaque membre de notre SCOP occupe un ou plusieurs rôles. Cela renforce la cohésion et le sentiment que les responsabilités sont réparties dans notre collectif.
  • Notre processus de creation

    Lecture : 5 minutes

    La naissance de l’idée

    Depuis plusieurs années, nous pratiquons, testons et adaptons au quotidien des outils issus de l’Agilité. Nous nous questionnons sur le sens de notre projet d’entreprise, sommes passés en SCOP l’année dernière.

    C’est une démarche de fond de travailler à une vraie congruence, être alignés sur nos valeurs et notre façon de travailler chaque jour. Cette posture et ces convictions nous ont amenés à faire différentes rencontres de personnes ayant la même envie, la même vision !

    Nous avons convié ces personnes en décembre dernier et avons discuté des possibilités de travailler ensemble. L’envie d’aller plus loin sur l’accompagnement des équipes est clairement apparue. La possibilité de mutualiser des compétences variées et complémentaires nous a ouvert des portes, et a permis de préciser cette envie d’opérer un véritable pivot dans notre activité.

    Juliette : Accompagner les équipes, injecter de la méthode dans nos sessions de travail, utiliser l’intelligence collective pour établir une stratégie, élaborer un plan d’action, nous savons le faire depuis longtemps ! Aujourd’hui, notre moteur est d’aller plus loin dans cet accompagnement et d’appliquer ses méthodes à la vie interne des organisations.

    Après plusieurs années de pratiques sur nous-mêmes, nous connaissons un panel d’approches et d’outils qui nous semblent à la fois innovants, adaptables et ambitieux pour redonner du sens au travail de chacun.e. Nous savons que manager intelligemment est possible et nous avons vraiment envie que d’autres l’expérimentent !

    Souvent témoins des dysfonctionnements de communication interne des équipes avec lesquelles nous travaillons, nous avons envie d’impulser un changement. Combattre la morosité, lutter contre cette conviction répandue d’une forme de fatalité, comme si rien ne pouvait changer au sein des équipes. Nous croyons profondément en un avenir différent avec des individus qui s’épanouissent dans le collectif, à leur juste place en autonomie et en liberté. Un avenir où les leaders sont libérateurs et les équipes responsables et considérées.

    Sylvia : Ce sens est au cœur de nos discussions depuis longtemps. Notre engagement s’exprime dans notre façon de construire les choses ensemble, dans notre désir commun d’impacter notre bien-être individuel et par conséquent celui du collectif.
    L’envie d’accompagner les autres a pris forme comme une évidence. L’idée de pouvoir faire vivre ce qu’on vit de si positif au quotidien nous porte ! Sémawé vient d’un véritable élan et d’une envie que le monde aille mieux, de faire notre part. Si chacun.e se sentait bien dans son travail, il y aurait une répercussion énorme sur la qualité des relations entre individus à l’échelle sociétale.

    Le Forum Ouvert pour construire la vision partagée

    Si certain.e.s redoutent l’épreuve de la feuille blanche, nous avons fait le choix d’un format très libre. Le forum ouvert part du principe que les personnes qui sont là sont les bonnes et que ce qui doit arriver arrivera. C’est un format qui favorise l’émergence d’idées et implique pleinement les participant.e.s dans le déroulé de la journée car ils.elles en sont les auteur.rice.s.

    Nous avons réuni lors de cette journée, les personnalités qui avaient envie d’intégrer ce projet d’accompagnement au changement des organisations.

    Plusieurs thèmes formulés nous ont permis d’échanger sur le moteur qui nous animait pour rejoindre l’aventure, le projet. Partie à la fois nécessaire mais pas facile puisqu’il a fallu comprendre et mettre le point sur ce qui nous motivait. Cela peut paraître évident, dit comme ça, mais en définitive, cet exercice implique de se poser des questions plus profondes. Des moteurs semblables, d’autres différents ; rien d’étonnant, nous n’avons pas les mêmes vécus personnels et professionnels.

    Où voulons-nous aller ensemble, que voulons-nous faire ? Pour quelles raisons ? Telles sont les questions que nous nous sommes posées.

    La raison d’être : l’éthique du projet

    En une journée de travail, l’équipe a abouti à la rédaction d’une raison d’être porteuse de l’essence du projet. Cette raison d’être a ensuite été affinée et nous a permis de rentrer dans le fond de la démarche avec tout ce qu’elle contient de philosophie et d’éthique. Nous avons exploré le sens que l’on met derrière le mot équipe, nos envies individuelles d’investissement dans le projet. Nous avons explicité clairement quelles étaient nos envies respectives, et nous nous sommes alignés tous ensemble sur des objectifs partagés.

    Jeanne : J’ai trouvé courageux de se lancer dans un changement de nom et de proposer à d’autres personnes de nous rejoindre. Il y a eu un alignement lorsque l’on a décidé de faire cohabiter les deux cœurs de métiers (communication et accompagnement sur le management).
    Ce pivot me paraît logique et réaliste. Avec 10 ans d’existence et la transformation en SCOP, l’équipe est allée au bout du processus. Sémawé a fait le pari d’aller plus loin en s’associant avec une vraie équipe de travail et en cohérence totale avec ce qu’on a envie de proposer. Je suis très reconnaissante de cette invitation et de cette ouverture qui m’ont permis de rejoindre le projet !

    Une journée pour mieux se connaître

    Un bilan de compétences collectif. Définir une offre, c’est donner vie à des envies et valoriser des compétences. C’est à cette étape que le bilan de compétences collectif s’est imposé ! Chacun.e a fait le point sur ses savoirs, savoir-faire et savoir-être professionnels, puis sur ses envies d’apprentissage et son niveau de maîtrise de chaque savoir. Ce moment de découverte et d’interconnaissance a été nécessaire et très stimulant pour notre équipe en construction !

    Le partage de nos références et sources d’inspiration

    Nous avons profité de ce moment pour découvrir et partager nos références, les outils que nous apprécions. Ce moment a été riche d’enseignement et de nombreuses lectures et ateliers de pratiques ont ensuite été mis en place dans l’équipe.

    L’arbre de notre offre

    La dernière phase de travail a consisté à concevoir l’arbre de notre offre. Chaque compétence a été répertoriée et cela nous a permis de créer une carte de nos prestations.

    Une identité visuelle réinventée

    Nous avons décidé tous ensemble de retravailler le logo et de changer de nom. Nous voulions qu’il véhicule les valeurs fortes du projet, qu’il soit identifiable, chaleureux, qu’il suggère la coopération. Thomas a réalisé ce travail en partant du logo d’origine de Semaweb.

    Thomas : J’ai fait en sorte de respecter l’ensemble des critères importants pour notre équipe.
    J’ai testé des formes pour illustrer cette envie de renouveau. J’ai affiné l’aspect esthétique dans un second temps.
    Le plus complexe a été de travailler la symbolique. Pour cela, je me suis basé sur une approche sémiologique : les mots ont un sens et sont associés à une image.
    J’ai trouvé le travail fluide et je n’ai pas été freiné dans le processus créatif ; je connaissais déjà l’état d’esprit à transmettre puisque je le vis tous les jours !
    Je me sens fier, car le travail a été limpide pour moi, c’est sorti tout de suite.
    Je me suis senti porté par l’énergie du groupe. Nous sommes associés, le fait de nous côtoyer de manière plus forte chaque jour en ayant plus qu’une simple relation de travail nous a permis d’acquérir une connectivité qui est innée maintenant, ça favorise grandement ce processus créatif !

  • Le Festival Off d’Avignon, co-construire et rassembler !

    Lectutre : 3 minutes

    Vous connaissez probablement le célèbre Festival d’Avignon, son festival IN et son festival OFF.

    Chaque année depuis 1967 se tient le Festival Off d’Avignon qui attire pas moins de 1400 pièces de théâtre et 1 million de spectateurs sur 3 semaines dans les rues d’Avignon !

    À l’occasion du lancement du programme 2019, nous avons été sollicité.e.s pour animer un moment de rencontre initié par les organisateurs du Festival Off.

    Tout l’enjeu était de faire collaborer compagnies de théâtres, élus, commerçants, habitants et organisateurs du festival pour trouver un terrain d’entente et co-construire un avenir commun.

    Du jamais vu dans l’histoire du Festival Off. Cette initiative portée par le président d’Avignon Festival & Compagnie, Pierre Beffeyte, a été saluée par les participants qui attendaient pour certains ce moment d’échange depuis plusieurs années.

    La jeune et dynamique équipe du Festival a montré sa volonté de rentrer dans un nouveau cycle et d’améliorer les conditions pour tous les acteurs du territoire.

    Le site Profession spectacle a d’ailleurs rédigé un article enthousiaste au sujet de cet événement !

    Fluidifier les échanges et canaliser le groupe

    L’idée de départ était de recueillir les axes d’amélioration de chaque partie prenante pour créer un espace de partage.

    Sémawé a été missionnée pour animer et faciliter ce temps de concertation. Nous avons proposé de pousser le format pour en faire un échange participatif et solidarisant, notre envie étant de créer du lien entre des publics qui, à première vue, étaient plutôt dans des postures revendicatrices.

    3 thématiques ont été abordées : hébergement, mobilité, commerce restauration et éco-festival.

    Jeanne, Juliette et Aliocha ont animé chaque groupe dans le but de faire réfléchir les participant.e.s à des solutions qui pourraient améliorer les problématiques liées à chaque thème.

    La méthode d’intelligence collective des Chapeaux de Bono a permis de traiter les tensions et le besoin de partage et d’expression de l’ensemble des personnes présentes pour laisser ensuite place à la créativité et la recherche de nouvelles solutions constructives.

    Le rôle de Sémawé a été de créer le cadre qui permette :

    • la circulation égale de la parole
    • le respect de chacun.e sur les avis des autres
    • l’écoute mutuelle de chaque partie prenante
    • la construction d’un avenir commun en utilisant la force d’intelligence du collectif

    Les propositions retenues ont ensuite été présentées en débat mouvant, une phase d’échange collectif qui a permis de laisser remonter les objections des participant.e.s et d’affiner encore l’adhésion collective lorsqu’il y en avait.

    Un moment émouvant

    Après des années sans espace de discussion, la bienveillance commune et l’attachement partagé par chacun.e concernant le Festival Off ont suscité beaucoup d’émotion dans l’assistance.

    La prise de conscience et la joie de la co-construction ont été deux éléments révélateurs de l’envie de toutes et tous de prendre soin du Festival Off, un événement précieux pour le territoire !

    Des participant.e.s enthousiastes

    La clôture de la matinée a permis à chacun.e de s’exprimer sur son degré de satisfaction suite aux échanges. Le groupe s’est montré très enthousiaste quant à l’optimisme ressenti. Un soulagement commun a également été visible. Toutes et tous ont réalisé que peu importait le statut de chacun.e, les mêmes enjeux sont partagés en période de Festival !

    Notre analyse de la situation

    Quel que soit le sujet à travailler, lorsqu’il est nécessaire de rassembler un collectif avec des idées et des enjeux différents, la méthode de démarche participative est un élément indispensable pour créer les conditions d’une véritable écoute et d’une coopération constructive. Elle est la garante de l’écoute mutuelle puisqu’elle définit les règles de prise de parole et de la créativité positive en séparant bien les phases de réflexion.

    Rien de plus vrai pour créer du lien et donner envie aux personnes de changer de posture !

  • La rétrospective d’équipe, une réunion pas comme les autres !

    Lecture : 3 minutes

    Dans un précédent article, nous vous parlions de notre rendez-vous annuel d’équipe, le Forum ouvert. Soit dit en passant, nous l’avons vécu il y a peu, et ce fut un extraordinaire moment de réflexion collective et de partage ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir à quoi ressemble notre réunion d’équipe mensuelle, nommée « rétrospective ». Un autre moment essentiel, rythmant la vie de l’agence…

    Les bienfaits

    Avant de décrire la méthode, il faut que je vous dise une chose importante : j’adore ce moment d’équipe ! Loin des réunions à rallonge qui se révèlent parfois stériles, la rétrospective nous permet de faire le point ensemble, de façon structurée, posée et dynamique. Résultat : l’issue est toujours constructive et renforce notre cohésion ! Comme pour tout ce qu’on entreprend au sein de Sémawé : l’humain est au centre. Cette dimension nous anime et nous donne envie de requestionner régulièrement nos pratiques, tous ensemble.

    Le principe

    La rétrospective est un outil issu de l’approche agile. Concrètement, toute l’équipe se retrouve 1 h 30 environ pour faire un bilan de la période écoulée et décider d’actions à mettre en place. Un format qui correspond bien à ce qu’on essaie d’appliquer au quotidien : identification des erreurs/difficultés/freins, propositions d’actions pour corriger/faciliter/améliorer. Et bien sûr, ce qui marche bien, on ne se prive pas de le partager, de s’en réjouir et de le reproduire si possible !

    Le cadre

    On choisit une salle agréable et accueillante, qui va nous servir de bulle protégée pendant ce temps commun. On prévoit du matériel qui va permettre techniquement à la réunion d’être efficace :

    • un tableau, sur lequel écrire
    • des post-it
    • des feutres de couleur
    • des sabliers de différentes durées (30 secondes, 1 minute, 5 minutes…)

    L’état d’esprit

    L’idée est de se mettre dans une posture de prise de recul, dans un climat de confiance et de bienveillance. Pour cela, nous avons quelques règles d’or :

    • on parle de soi, sans viser personne
    • on priorise les informations, en choisissant ce qu’il y a de plus pertinent pour l’équipe
    • on s’autorise à mentionner uniquement ses propres erreurs, pas celles des collègues
    • on essaye d’être clair(e) et précis(e)

    Il est évident que cet exercice fonctionne si l’équipe a la volonté d’établir une confiance et une liberté de parole au quotidien et si le management joue le jeu. La rétrospective étant un des éléments facilitateurs qui ne saurait vivre seul, sans la vigilance permanente de chaque membre de l’équipe.

    Le facilitateur

    Nous partons du principe que nous contribuons collectivement à la construction et à la tonalité de la rétrospective. C’est pourquoi il n’est nullement question de faire reposer la qualité de ce moment sur les épaules du facilitateur. Ce rôle – que nous voulons tournant entre chaque membre de l’équipe – sert à rappeler les règles, à expliquer les exercices, relancer la dynamique si besoin…

    Le déroulement

    Voici comment se découpe généralement une rétrospective :

    • Ouverture
    • Remontée d’informations
    • Générer des idées
    • Décider des actions
    • Clôture

    Les exercices peuvent être différents d’une fois sur l’autre. Nous pouvons nous inspirer d’idées trouvées par exemple sur ce site : plans for retrospectives.

    Et parfois nous en inventons et les testons ! La créativité n’est jamais brimée à Sémawé !

    Les actions

    Il s’agit d’un point important car elles représentent une sorte de pont entre la rétrospective qui vient de se terminer et celle d’après. Ce sont notamment elles qui vont nous permettre de nous améliorer sur certains points. Avant de décider de leur pertinence, nous les passons par le filtre « SMART ». C’est ainsi qu’une action se doit d’être :

    • Spécifique (à un problème donné)
    • Mesurable (avec un indicateur de succès ou d’échec)
    • Acceptable (par les parties prenantes concernées)
    • Réalisable (en termes de moyens, délais, ressources…)
    • Temporellement définie (avec une limite et/ou une durée)

    Ensuite, chacun(e) prend en charge une action à mettre en place, et c’est parti jusqu’à la prochaine !

    Vous avez envie d’essayer ? Si oui, alors lancez-vous ! Le meilleur moyen d’avancer, c’est de tester, ajuster, retester… En tout cas, c’est le leitmotiv de Sémawé et ça nous plaît bien !

  • Comment conjuguer travail et bien-être en entreprise ?

    Lecture : 5 minutes

    Entreprise libérée, intelligence collective, marque employeur, l’humain au centre du travail…

    Le changement des modes de management et de fonctionnement structurel des entreprises est un sujet qui étonne, fait réagir, passionne, parfois agace…

    Depuis plusieurs années, nous pratiquons tous les jours, au sein de notre PME, un fonctionnement dit “d’entreprise libérée”. Cette démarche demande individuellement de l’exigence et de l’humilité en continu, mais elle est la source d’une profonde confiance partagée et d’un épanouissement de chaque membre de l’équipe ! Ce n’est pas un délire d’agence jeune et “branchée”, bien au contraire, ce sont nos convictions profondes qui nous ont menés jusque-là…

    L’entrée dans le monde du travail

    J’ai 32 ans, et comme beaucoup de professionnels de la communication, j’ai d’abord fait mon expérience dans des entreprises de grandes villes, car c’est là que les premières embauches semblent les plus faciles. Qui dit grande ville, dit modernisme et dynamisme me direz-vous ? J’ai découvert avec stupéfaction qu’il n’en était rien !

    Les méthodes de management rigides et autoritaires que j’ai connues à cette époque supposaient de subir en silence de l’agressivité librement exprimée. Le stress et la pression du résultat imposés par mes supérieurs m’ont fait fuir vers des eaux plus calmes et plus humaines !

    Avant d’intégrer l’équipe de Semawe, je n’avais jamais imaginé que la relation entre dirigeants et salariés pouvait ressembler à autre chose qu’une succession d’ordres et de devoirs devant être exécutés le mieux et le plus vite possible sans possibilité de dialogue.

    Les entreprises collaboratives ne sont pas une vue de l’esprit

    À force de témoigner du fonctionnement très horizontal que nous avons réussi à mettre en place au sein de Semawe, nous nous sommes aperçus que la thématique pouvait à la fois intéresser et faire peur parfois.

    Le principal frein exprimé est souvent que les dirigeants et les équipes n’ont pas été formés aux nouvelles formes de management.

    Certes, j’entends bien ! Lorsqu’une formation de ce genre existera, nous aurons franchi une étape majeure dans l’histoire culturelle des entreprises.

    Mais selon moi, ce motif est un leurre un peu trop facile… C’est un peu comme dire : “Je ne l’ai jamais fait donc je n’essaye pas et je continue sans me poser de questions, même si je ressens de l’inconfort”.

    Il appartient à chacun.e de prendre la responsabilité de se saisir de cette question essentielle de la vie d’entreprise. À commencer par le dirigeant, qui est le seul à pouvoir insuffler au départ un climat de confiance et d’écoute au sein de ses équipes.

    Ils nous répondent parfois, lors des ateliers que nous animons sur le sujet, qu’ils ne “font pas confiance tant que leur employé n’a pas fait ses preuves”.

    Comment dans ce cas créer les conditions de bienveillance et de confiance qui vont permettre à une personne d’exprimer pleinement son potentiel, lorsque son supérieur hiérarchique lui fait comprendre qu’il ne lui fait pas confiance ? La question reste ouverte : pourquoi considérer que les salariés d’une entreprise doivent obligatoirement fournir des preuves à leur patron ? Et pourquoi pas l’inverse ? Que gagne-t-on à imposer dès le début une relation déséquilibrée et basée sur la présomption de l’incompétence ou de la non-fiabilité de l’autre ?

    Pourquoi ne pas miser sur l’accompagnement et la confiance comme base relationnelle ?

    Une plongée dans le modèle scolaire

    Cela me rappelle étrangement les notions que l’on nous enseigne toute notre vie :

    • l’obéissance aux référents adultes, parents, professeurs puis employeurs, sous-entendu “supérieurs”,
    • l’impossibilité de choisir ou de proposer tant que nous ne sommes pas considérés comme “adultes”,
    • le suivi d’un programme imposé sans prise en compte de notre rythme individuel ou de nos envies,
    • l’évaluation et la notation permanente par des tiers les 20 premières années de notre vie.

    Et cela continue dans le monde du travail. Pas étonnant que les classes s’affrontent en restant bien campées sur leurs positions respectives : les salariés d’un côté qui ne veulent pas plus de responsabilité que ce qui est écrit dans leur “fiche de poste”, les patrons de l’autre qui ne font pas confiance à leurs équipes.

    Pourtant, les entreprises à visage humain existent et commencent à éveiller l’intérêt des générations Y et Z, souvent qualifiées d’indomptables ou d’imprévisibles.

    Laisser aux équipes la liberté de leur propre autonomie et responsabiliser les salariés est une démarche qui a du sens, dans un monde où beaucoup de gens vont travailler en pilote automatique. Il ne reste plus qu’à s’y mettre !

    L’apprentissage par la prise d’autonomie

    Cette démarche demande une gestion attentive de l’équipe et du dialogue humain. La magie peut opérer seulement si le groupe adhère et pratique quotidiennement cette bienveillance partagée. C’est d’ailleurs ce qui m’interpelle chez les détracteurs de ce modèle qui, 90% du temps, le critiquent sans jamais l’avoir pratiqué, par simple a priori !

    Un des principaux aspects de cette bienveillance partagée est la gestion des erreurs. Se débarrasser de la gêne est un gage de réussite, car c’est dans l’accompagnement que les personnes s’épanouissent et cessent de reproduire les mêmes erreurs. Aboutissant ainsi à des façons de travailler plus humaines et plus efficaces. L’ouverture de la parole permet d’éviter les effets dévastateurs d’une erreur cachée et répétée.

    En tant que salariée ayant vécu l’expérience, je peux en témoigner.

    Je n’ai jamais autant progressé qu’en partageant mes erreurs avec mes collaborateurs aux oreilles attentives, sans avoir peur d’être jugée.

    La prise de décision en autonomie est aussi un élément crucial de la démarche. Elle permet aux salariés de décider plus vite, souvent bien mieux que le dirigeant car ils connaissent leur dossier. Les gains obtenus sont énormes : efficacité d’exécution, recherche autonome de solution, intelligence dans la prise de décision, amélioration de la confiance en soi et du climat général dans l’entreprise.

    De l’importance de transmettre le message aux autres générations

    Il nous paraît aujourd’hui essentiel d’essayer de transmettre une partie des valeurs qui nous tiennent à cœur à Semawe : bientraitance, respect de l’individualité, écoute réciproque, remise en question… Cette nouvelle vision a sa place dans les TPE et les PME ! Il est humain d’avoir envie de s’investir dans son travail en étant écouté.e, encouragé.e et responsabilisé.e par son employeur et par ses collaborateurs ! Et cela relève du possible 🙂

    Ce vaste sujet du bien-être au travail et de l’épanouissement individuel est un sujet trop important pour être négligé. Le sujet de toute une vie professionnelle ! Il concerne toutes les générations qui sont capables de travailler au changement de leurs méthodes de management. Il concerne aussi les générations à venir, celle de nos enfants qui méritent d’avoir une vie professionnelle heureuse ; après tout, le travail représente 1/3 de notre vie !

    Et vous qu’en pensez-vous ? Avez-vous envie d’évoluer dans un contexte où travail et bonheur vont de pair ?

    D’autres articles sur des sujets parallèles que nous avons expérimenté en équipe :

    Crédits photo : Léa Major et Sémawé

  • Juliette, comment a-t-elle décidé de devenir associée ?

    Lecture : 2 minutes

    Moi entrepreneure ? Peut-être dans une autre vie !

    Depuis que je suis en âge de travailler, je ne me suis jamais vraiment imaginée prendre les rênes de ma propre organisation. Trop de responsabilités, d’inquiétudes, de solitude aussi. Quel tableau noir me direz-vous ! Vous n’avez pas tort !
    Ma perception s’est construite en accordant du crédit aux croyances de la majorité des gens. Personne ne nous apprend qu’il est possible d’entreprendre à plusieurs dans la confiance et la complicité ! Cela commence dès l’enfance, où on nous forme à l’individualisme : « N’aide pas ton voisin, c’est tricher ! » ou « Bravo Romain, super note, toi Juliette par contre, tu peux mieux faire… »

    J’ai fait mes études supérieures dans une école privée et là encore, on nous forme à « aller chercher le meilleur salaire, celui que notre niveau d’étude exige car même en temps de crise, il faut être ambitieux », à briguer le meilleur poste, à ambitionner des responsabilités de cadre, tout ceci dans le modèle hiérarchique le plus abouti, celui de l’agence de publicité ! Autant vous dire qu’on n’a pas besoin d’envisager une seule seconde qu’entreprendre peut être une vraie option dans un monde si incertain !

    La confiance que j’ai reçue, comme point de départ

    Du chemin, j’en ai parcouru depuis ce temps-là. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas dans mon quotidien professionnel. J’ai aussi eu la chance exceptionnelle de croiser une personnalité, un patron, qui avait une autre vision, un vrai optimisme sur le monde et les hommes et ce que nous pouvons faire à notre portée. Aliocha m’a ouvert les yeux sur des valeurs que je possédais déjà au fond de moi mais qu’il ne m’avait jamais été possible d’exprimer dans une entreprise classique avec un modèle pyramidal. J’ai reçu une grande confiance et cela m’a permis de m’émanciper des idées reçues que j’avais accumulées pour laisser place à une vraie réflexion sur ce que je voulais faire de ma vie professionnelle, sur ma place individuelle et dans le groupe.

    Associée de ma SCOP, une fierté !

    Cette aventure a été possible aussi, grâce à l’équipe que nous avons constituée et renforcée avec les années. Cultiver cette vision d’un modèle horizontal où les individualités ont leur place a permis de drainer des personnalités compatibles et fiables. Ces envies communes et cette vision qui nous animent et nous font vibrer, nous ont permis de passer le pas et de nous associer tous ensemble cette année !
    J’en tire aujourd’hui une réelle fierté car je crois en notre projet d’entreprise et le sens que nous y mettons. Devenir copropriétaire de mon entreprise est devenue une évidence et la suite logique d’une conviction forte : travailler ensemble, dans l’épanouissement, l’engagement et la confiance sont des conditions dont je ne peux me passer au quotidien !

    Mon envie pour la suite ?

    Continuer à avancer dans cette aventure collective et prouver que c’est possible. Qui sait, peut-être que nous pourrons inspirer d’autres entreprises et donner des idées à des personnes qui sentent cette petite flamme au fond d’eux !