Catégorie : Démarches participatives

  • L’art au service de la participation : l’exemple de la concertation Malraux

    Lecture : 4 minutes

    La concertation Malraux est un exemple concret de l’utilisation de l’art pour favoriser la participation des habitants et des acteurs du territoire dans un projet de reconversion d’envergure. L’intervention de l’artiste Tomas Bozzato et l’utilisation de l’Afghan Box ont permis de recueillir une photographie sensible du bâtiment et de donner une voix particulière aux habitants et acteurs du quartier.

    La mission dans les grandes lignes

    L’appel à projet du bâtiment Malraux va être lancé par Grenoble Alpes Métropole dans le but de donner une troisième vie à ce bâtiment emblématique. Il s’agit de l’ancienne Chambre de Commerce et d’Industrie, construite dans les années 1980. Avec sa façade de verre et de béton, ce bâtiment de 16 000 m2 ne laisse pas indifférent !

    Avant de lancer cet appel à projet, la Métropole a souhaité mener une concertation pendant plusieurs mois, pour recueillir les idées et les ressentis des habitants et des acteurs économiques du quartier. L’objectif : pouvoir transmettre une photographie sensible du bâtiment dans son environnement, aux porteurs de projet qui travailleront sur sa reconversion.

    Pour mener à bien cette concertation, la Métropole a fait appel à l’expertise de Sémawé. Nous nous sommes associés aux talents d’un artiste visuel, Tomas Bozzato.

    Quel était le dispositif de mobilisation du public ?

    Pour interpeller les passants, nous nous sommes installés dans des lieux stratégiques : devant la sortie de l’école, sur le marché, dans le parc du quartier, dans une rue passante… Nous interpellions les habitants en les questionnant sur leur lien avec le bâtiment Malraux, leurs ressentis et leurs idées pour la reconversion, en fonction de ce qu’ils connaissent de leur quartier. Leurs contributions étaient affichées au fur et à mesure sur un grand panneau.

    Difficile de ne pas nous voir, car notre dispositif comprenait :

    • un triporteur qui nous permettait d’ouvrir une petite table et d’offrir le café
    • un grand panneau pour collecter les verbatims
    • une Afghan box (voir ci-dessous)
    • une corde tendue sur laquelle séchaient les portraits photographiques des habitants

    Pour aller à la rencontre des habitants sur l’espace public, Tomas Bozzato était présent avec son Afghan box. Ce dispositif photographique est en quelque sorte un “polaroïd argentique”. C’est un mini laboratoire photo qui permet de développer sur-le-champ une photographie noir et blanc. Il permet non seulement d’offrir un portrait, mais également de prendre un vrai temps d’échange avec la personne car le développement n’est pas instantané !

    Tomas Bozzato a également pris le temps de l’immersion afin de réaliser des photographies du bâtiment de l’intérieur et dans son environnement. Deux de ses photographies ont servi à réaliser des cartes postales : une pour inviter les habitants à contribuer et l’autre pour les acteurs économiques du quartier. Ces cartes étaient une occasion de présenter le projet de reconversion du bâtiment, de renvoyer vers la plateforme de participation en ligne de la Métropole ainsi que d’inviter à une visite du bâtiment ou un atelier de concertation.

    Les habitants et autres acteurs du quartier ont découvert les photographies de l’artiste, un samedi matin, à l’occasion d’une visite du bâtiment Malraux, organisée avec les services de la Métropole.

    À quels moments l’artiste est-il intervenu ?

    L’artiste Tomas Bozzato est intervenu à plusieurs moments clés de la concertation Malraux. Tout d’abord, il a été présent dans l’espace public, où il a réalisé et offert des portraits photographiques noir et blanc aux habitants du quartier. Il était également présent dans le parc, devant l’école et sur le marché pour aller à leur rencontre et échanger avec eux.

    Il est également intervenu directement dans le bâtiment Malraux, occupé actuellement par des agents de la Métropole.

    Présent le jour où l’exposition a été dévoilée aux habitants, il a pu mettre en lumière les différentes voix des participants et les différentes perspectives du bâtiment.

    Qu’est-ce que ça permet ?

    La présence de Tomas Bozzato a permis d’apporter une sensibilité artistique à la démarche de concertation. Son regard unique a complété le dispositif de recueil de la parole des habitants et acteurs du quartier, et sa présence a permis d’engager des discussions approfondies sur le lieu et la ville.

    Cette démarche a conduit à la réalisation d’un cahier d’acteurs qualitatif, comprenant les ressentis, les idées et les inspirations des participants. Des récits intimes et des idées qui vont nourrir les réflexions autour de la reconversion du bâtiment Malraux !

    Crédits photos : Tomas Bozzato.

    Voici quelques extraits de ce cahier d’acteurs :

    Geneviève Goubel

  • Allibert, l’avenir en friche et en concertation

    Lecture : 5 minutes

    En 2022, Sémawé a accompagné la démarche de concertation de Grenoble Alpes Métropole autour du devenir de la friche industrielle Allibert. Située dans le sud Grenoblois, cette friche est à cheval sur Grenoble et Échirolles. Elle représente 10 Ha et un bout de ville à imaginer.

    Une ambition d’aménagement économique au sein d’un vaste territoire urbain

    Sémawé a été missionné pour conduire cette démarche de concertation. Dernière grande opportunité foncière de la Métropole et symbole du passé industriel de Grenoble, la friche Allibert est à l’abandon depuis plus de 25 ans. Le projet ? Proposer une offre foncière et immobilière pour les entreprises de production avec une attention particulière pour des filières économiques liées aux mobilités durables, aux énergies propres et aux enjeux de la transition. L’enjeu est aussi urbain et citoyen car cette friche est insérée au sein de quartiers densément peuplés.

    La friche Allibert est située dans l’ensemble plus vaste de Grandalpe, une opération ambitieuse de renouvellement urbain. Grandalpe est un territoire de 400 ha pour près de 30 000 habitants. Situé au cœur de la Métropole, en périphérie de la commune centre, ce territoire est un marqueur fort de l’urbanisme des années 60, 70. L’organisation en grands îlots monofonctionnels voit cohabiter des grands ensembles d’habitats structurés autour d’espaces verts, des zones économiques avec le centre commercial Grand’Place en son centre, et de grands équipements sportifs et culturels. Emblématique de l’urbanisme sur dalle, les flux de circulation sont clairement séparés avec un réseau de passerelles piétonnes et des axes routiers larges et très roulants.

    Cet espace géographique souffre aujourd’hui de plusieurs dysfonctionnements et globalement d’une image dégradée liée au vieillissement des logements, aux fragilités sociales de ses habitants, à la prépondérance de la voiture comme moyen de déplacement dans un univers globalement très bétonné.

    La méthode, associer les acteurs économiques et les riverains !

    La démarche de concertation a débuté à l’automne 2021 pour se clore à l’automne 2022. Quatre saisons ont jalonné différents temps d’expression pour les habitants, les acteurs économiques et sociaux du quartier ainsi que des élus des communes riveraines et de la Métropole. Un espace en ligne sur la plateforme de la Métro a également permis de communiquer sur le projet et de collecter des avis et propositions.

    Cette démarche de concertation s’est réalisée en parallèle de la déconstruction de la grande halle Allibert. La friche industrielle a progressivement laissé place à un vaste plateau nu permettant d’imaginer les possibles avec en toile de fond une vue dégagée sur les massifs du Vercors et de Belledonne.

    Les temps forts et les résultats

    La concertation a débuté par une série d’entretiens auprès d’entreprises et d’associations présentes aux abords du site : un hôtel, des commerces, une entreprise de BTP, des associations de quartiers, un centre social, l’association gestionnaire de l’aire de passage des gens du voyage. Des échanges qui ont permis d’affiner les représentations sur le quartier, de récolter l’expression d’attentes sur des usages possibles et de commencer à se projeter sur un après dans un quartier en pleine mutation.

    Des interventions dans l’espace public ont suivi, sur le marché de la Butte à Échirolles et à la sortie du groupe Scolaire Beauvert à Grenoble avec une question simple : aujourd’hui on détruit la grande halle, demain, on reconstruit quoi ? Les idées ont fusé pour voir émerger un quartier plus apaisé au niveau de la circulation routière, plus facile d’accès à pied ou en vélos, plus végétalisé et récréatif aussi avec la présence d’espaces verts de qualité et d’équipements sportifs. La présence de petits commerces a également été sollicitée.

    Pour bâtir à partir de ces propositions, deux réunions publiques ont ensuite été organisées, sur Échirolles et Grenoble. Avec l’aide des urbanistes et aménageurs, les participants ont travaillé sur plan afin de dessiner l’aménagement du futur quartier sans perdre de vue la vocation économique de cette grande zone d’activités. La mobilisation et l’implication des habitants du quartier associée à la présence des représentants d’entreprises et des associations locales a nourri des échanges passionnés et constructifs.

    Au final, 4 thèmes de travail ont été retenus avec pour chacun de nombreuses préconisations d’aménagement :

    • Les formes urbaines : une mixité d’activités, de formes et de hauteur
    • Les mobilités : ouvrir, traverser et raccorder le site aux quartiers voisins
    • Désimperméabiliser et végétaliser le site notamment pour prévenir les îlots de chaleur urbains.
    • Proposer des usages et de nouveaux services pour les salariés et les habitants

    Des propositions ont par ailleurs été formulées pour l’aménagement de la nouvelle aire de passage des gens du voyage.

    Les fondamentaux de notre démarche participative

    Avec la confiance de la Métropole, nous avons engagé une démarche de concertation ouverte et centrée sur l’expression des participants. Cette démarche a été animée avec la volonté de donner la parole aux principaux bénéficiaires du projet d’aménagement et de mobiliser pleinement leur expertise. Dans les facteurs de réussite de la démarche nous retenons :

    • Une expression politique claire sur l’intention du projet et sur la vocation du quartier à aménager.
    • Un temps confortable pour mobiliser les différentes parties prenantes, les habitants mais aussi les acteurs économiques.
    • Des lieux de concertation répartis sur le territoire, à Grenoble et à Échirolles et des rencontres qui se sont adaptées aux disponibilités des personnes concernées, en soirée, sur les temps de la vie quotidienne, et sur des horaires de travail.
    • Une plateforme en ligne pour découvrir le projet et contribuer à distance.
    • Une équipe de facilitateurs formés à la concertation.
    • Un sujet de concertation avec des enjeux réels qui ont suscité de l’intérêt.

    Notre intention de facilitateur

    Nous voulions concevoir une démarche participative qui :

    • Favorise les liens et l’expression de l’intelligence collective.
    • Permette aux participants d’apporter librement leurs idées et leurs préoccupations.
    • Laisse du temps et invite la parole de chacun.
    • Propose des formats innovants, évite le format conférence ou les réunions d’experts.
    • Explore des propositions concrètes, génère des idées nouvelles.
    • Invite à la coopération avec une logique de convergence pour aider les décideurs à se positionner.

    Une envie de continuer la démarche

    Pour clore la démarche de concertation, les élus se sont exprimés lors d’une réunion publique et se sont engagés sur les préconisations d’aménagement à retenir. Ils ont donné de la visibilité sur la suite du projet, sa feuille de route et son tempo. Une étape utile pour remercier celles et ceux qui ont donné de leur temps pour leur cadre de vie et célébrer le chemin parcouru tout au long de cette année de concertation. Cette concertation Allibert est un premier ballon d’essai réussi pour d’autres mobilisations citoyennes en lien avec l’opération de rénovation urbaine Grandalpe.

    En tant qu’entreprise coopérative du territoire, cette implication fait particulièrement sens pour nous.

  • Municipales 2020 : la campagne participative de Grenoble en Commun

    Lecture : 7 minutes

    Entre octobre et décembre 2019, l’équipe de Sémawé a animé la démarche participative des Fabriques en ville pour le mouvement Grenoble en Commun. Le mouvement soutient la candidature d’Eric Piolle à la Mairie de Grenoble. Les Fabriques en ville, c’est 9 rendez-vous citoyens pour écrire un programme pour les élections municipales de 2020. Comment ? De manière participative, avec les Grenobloises et Grenoblois qui le souhaitent.

    Au total, 700 propositions ont émergé. Les deux tiers générés en ateliers et un tiers issu des propositions postées sur la plateforme en ligne. Sémawé vous raconte le déroulement de cette démarche participative inédite et porteuse de sens.

    Les ingrédients de la démarche

    La démarche des Fabriques en ville est une initiative du mouvement Grenoble en Commun. Elle vient de la volonté de changer les manières de faire, de sortir des modèles classiques de campagnes municipales en donnant la parole aux citoyens. Anne-Sophie Olmos, signataire, rappelle que :

    « Cette façon de faire n’est pas dans les habitudes de ce qu’on peut observer dans les campagnes politiques. Or c’était le moment de le faire ! La fabrique en ligne n’a pas été non plus un automatisme, pourtant nous sommes une liste d’avant-garde. »

    Dans les ingrédients de la démarche nous retenons :

    • Un leader de campagne qui souhaite partir des réalités des citoyens.
    • Des signataires impliqués, porteurs de la démarche dans la durée et présents à chaque Fabrique en ville.
    • 9 rendez-vous dans des lieux répartis sur le territoire et des horaires variés.
    • Une plateforme pour participer en asynchrone, bonifier des propositions.
    • Une équipe de 4 facilitateurs.
    • Des thématiques de fond abordées : social, transport, environnement, santé, économie, sécurité.

    Les Fabriques en ville : des rendez-vous citoyens animés par Sémawé

    Conception de la démarche participative

    À Sémawé, nous concevons et animons des démarches participatives. Le défi cette fois-ci : concevoir des déroulés d’animation pour 9 réunions publiques dans le but de faire émerger des propositions pour un programme de campagne. Nous avons conçu un format réplicable pour chaque fabrique en prenant en compte que :

    • Nous ne connaîtrions jamais à l’avance le nombre de participants.
    • Les salles pourraient ne pas être assez grandes.
    • Certaines réunions seraient thématiques, d’autres non.

    Notre intention

    Nous voulions concevoir un format de réunions qui :

    • Favorise l’interconnaissance.
    • Permette aux participants d’apporter librement leurs problématiques.
    • Laisse du temps pour discuter.
    • Change des formats classiques (éviter l’assemblée en plénière).
    • Génère des propositions concrètes.
    • Génère de la coopération avec des idées à mettre en place plus que du débat.

    Nous avons donc :

    • Laissé les participants amener leurs sujets.
    • Favorisé des travaux en petits groupes.
    • Créé un canevas pour la rédaction des propositions.
    • Demandé aux participants de prioriser les propositions pour donner à l’équipe des tendances.

    Le rôle de facilitateurs

    Poser un cadre et une intention

    Nous étions à chaque fois 4 facilitateurs de l’équipe de Sémawé. Notre rôle était de faciliter l’émergence de propositions. Lors de chacune de ces Fabriques nous avons :

    • Posé notre intention pour la session.
    • Donné un cadre pour que les échanges se passent bien.
    • Rythmé les sessions par nos consignes.
    • Aidé les groupes à avancer vers la formulation de propositions.

    Cela a favorisé l’émergence de propositions concrètes et constructives. Juliette et Sarah, facilitatrices de Sémawé, s’accordent pour dire que :

    « les participants arrivaient avec l’envie de contribuer, une posture d’écoute et de bonifications plus que de critiques ».

    Au-delà du cadre relationnel, les facilitateurs sont aussi des logisticiens, déménageurs de table et gérants de stock de feutres. C’est un métier où la logistique compte autant que le déroulé. Dans l’équipe, c’est Sarah qui a piloté cette mission :

    « Mon rôle était d’assurer le confort des facilitateurs et des participants. Quand on porte de l’attention à la logistique et au lieu, on incarne une ambiance pour qu’il se passe ce que l’on a envie qu’il se produise. »

    Ressentir et ajuster

    Être facilitateur, c’est se mettre au service d’un processus et d’un groupe. À chaque réunion l’ambiance, la salle, les participants étaient différents. Nous ne savions jamais si les participants seraient 40 ou 150. Cela demande une grande capacité d’adaptation pour à la fois animer et sentir ce qui se passe dans la salle. Comme le dit Juliette :

    « C’est un rôle sur l’instant. Cela demande une disponibilité, une énergie à mettre à disposition du collectif présent le jour J. Faciliter, ça veut dire proposer le cadre, la méthode et sécuriser le timing pour que les idées puissent émerger et les personnes se sentir à l’aise. »

    Se sentir concerné sans être partie prenante

    Nous étions connectés à l’intensité et à la joie de la campagne. Nous nous sommes sentis concernés, sans être partie prenante car nous étions prestataires. Juliette partage que :

    « La session qui m’a le plus marquée c’est la dernière : salle comble ! Jusqu’à la dernière minute on ne savait pas qui et combien feraient le déplacement. J’ai été très inspirée de voir des personnes se mettre autour d’une table et analyser les propositions qui avaient été faites pendant la campagne. J’ai trouvé ça marquant que tous ces gens donnent du temps pour cette démarche. »

    Nous repartons avec le sentiment d’avoir été utiles, de nous sentir acteurs d’un processus politique et d’avoir diffusé de nouvelles pratiques :

    « Nous avions un geste avec les mains (le chapeau), un signal pour avoir rapidement un espace d’écoute. Les gens se le sont approprié très vite et je l’ai revu dans d’autres espaces. Cela fait vraiment plaisir de voir que les gens ont adopté ce signe de ralliement coup de cœur de cette campagne. » – raconte Sarah, facilitatrice.

    Le rôle des signataires

    Incarner, faciliter, publier

    Les signataires se sont impliqués dans les fabriques. Pour nous, facilitateurs, leur présence a été précieuse car ils ont incarné la démarche. Leur rôle principal était d’introduire chaque Fabrique en rappelant la philosophie de la démarche et le thème du jour. Attentifs à ce que tout se passe bien, les signataires nous ont aidés dans la logistique des salles, dans le relais des consignes et la tenue du cadre. Notre travail avec eux a permis d’avoir de l’attention à toutes les échelles : de la plénière au trio de discussion. Nathalie Marest, signataire, a vécu son rôle

    « avec beaucoup d’exigence au départ. C’était surtout ma motivation et la conviction qui étaient mes valeurs ajoutées plus que mon expérience politique. J’avais envie d’apporter ma pierre pour fédérer le groupe, faire du lien et porter une motivation. »

    Nous avons vécu ensemble les interrogations sur le nombre de participants, la taille des salles et la dynamique de groupe :

    « Au début j’étais angoissée et en fait à chaque fois il y a eu l’effet magique. C’était scotchant de voir ce qui est possible de faire avec un collectif de gens qui ne se connaissent pas. » – Anne-Sophie Olmos, signataire.

    Leur rôle se jouait aussi après les Fabriques car ce sont les signataires qui publiaient toutes les propositions issues des réunions en ligne. Leur ligne déontologique était stricte : à part la correction de quelques fautes d’orthographe, pas de reformulation !

    700 propositions pour 1 programme

    Comment faire un programme à partir de 700 propositions ? La mission de coordination du comité de rédaction n’a pas été simple. Nicolas Kada était le coordinateur du comité de rédaction. Un rôle subtil pour faire converger différents points de vue :

    « Nous avions des représentants de tous les mouvements dans le comité, chacun était prêt à faire un pas vers l’autre. Il n’y a pas eu de sujet mis de côté car jugé trop problématique. »

    Une expérience inédite qui lui a permis de « découvrir d’autres candidats et de travailler avec des personnalités variées, avec des caractères différents. »

    Le comité de rédaction a trouvé sa ligne éditoriale grâce au livre Grandir ensemble d’Eric Piolle. Les propositions ont été organisées autour des 3 grandes thématiques du livre. La difficulté suivante a été de concilier des propositions de tailles très inégales. Le comité s’est appuyé sur des groupes de travail. Ces groupes vérifiaient que les propositions étaient réalisables et fondées.

    Un travail qui a payé car comme Emile, 12 ans, participant assidu des 9 Fabriques en ville, vous avez peut-être retrouvé votre proposition dans le programme :

    « C’était super chouette. Ce qui m’a marqué, c’est le fait qu’un enfant puisse participer ! Et j’ai retrouvé une de mes propositions dans le programme, je ne m’y attendais pas du tout, j’étais super content ! »

    La proposition en question : Pour permettre à chaque jeune de participer à la vie démocratique, nous créerons des conseils de secteurs des jeunes ayant force de proposition et leur permettrons de porter des projets et de gérer leurs propres budgets…

    Une envie de continuer la démarche durant tout le mandat

    Dans la vie citoyenne…

    L’émulation créée par la campagne donne envie de poursuivre sur cet élan. Pour les signataires, la campagne a eu un effet démonstratif : il faut du courage pour se lancer mais c’est possible ! Ce programme construit en commun représente une feuille de route :

    « l’intégralité du travail est issue de ces groupes de travail, on ne peut pas se défiler, c’est bien construit. Nous avons du recul sur le mandat précédent et de nouvelles réflexions. » – Mathias Charre, signataire.

    À ce titre, les signataires souhaitent renforcer les allers-retours avec les citoyens et les citoyennes. Comme le souligne Nicolas Kada :

    « Cette méthode va être notre marque de fabrique. Les signataires vont nous aider à garder le lien car le projet proposé n’est pas figé pour les 6 ans qui viennent, il va évoluer. »

    Pour que les Fabriques aient lieu, les signataires ont agi à l’échelle du secteur. Pour garder la dynamique, il faudra continuer à mailler le territoire, développer des relais auprès d’acteurs locaux, intervenir encore plus dans les Maisons des Habitants. Cela permettra de varier le public présent et les sujets.

    … et dans la vie institutionnelle

    Au-delà du débat public, les Fabriques ont montré l’importance d’avoir des temps d’émergence et d’échanges sur les actions à mener. Anne-Sophie Olmos souhaite que cette démarche s’incarne aussi dans la vie institutionnelle :

    « On a mis la barre assez haut, il faudrait la mettre aussi haut au sein de l’institution. Cette dynamique va nous aider à améliorer nos pratiques en interne… »

    Conclusion : Une candidature qui se renouvelle dans la continuité

    Les élections de ce dimanche 28 juin 2020 ont permis une seconde élection d’Eric Piolle et Grenoble en commun à la Mairie de Grenoble. L’équipe portera donc le programme issu des Fabriques. Le travail démarré il y a 6 ans se poursuit mais avec des nouveautés. En effet, la liste des élus est renouvelée à 50 %. Nous souhaitons une belle aventure à l’équipe tout au long du mandat !

    Sémawé s’implique dans la vie citoyenne de son territoire

    Il est important pour nous de participer à la vie de notre territoire. Nous nous impliquons dans les réseaux professionnels locaux et travaillons avec les collectivités du sillon alpin. Notre équipe propose :

    • L’animation d’ateliers thématiques.
    • L’animation de temps forts de campagne municipale.
    • L’animation de démarches participatives.
    • L’animation de conférences participatives.
    • Des formations pour les élus.
  • Sémawé facilite des débats citoyens à l’échelle de la Métropole de Grenoble

    Lecture : 3 minutes

    Depuis le mois d’avril, l’équipe de Sémawé cultive son esprit démocratique avec le groupe des Grenopolitains. Les Grenopolitains se définissent eux-mêmes comme « des habitant.e.s, des militant.e.s, des chef.fe.s d’entreprises, des élu.e.s des territoires… tous et toutes uni.e.s autour d’un même objectif : construire un projet métropolitain avec les citoyen·es autour de valeurs communes à la fois de gauche, écologistes et humanistes. »

    Le groupe échange, élabore, débat, rédige des propositions concrètes pour répondre aux défis sociaux et environnementaux de demain. Leur appel s’adresse à toutes les communes, « des plaines jusqu’aux sommets de la Métropole ».

    Les Grenopolitains : un espace de débat pour répondre à l’appétit démocratique et réinventer l’action publique à l’échelle de la Métropole

    Inspirés par les innovations citoyennes qui naissent à Barcelone, les Grenopolitains ont choisi de mettre en ligne leurs propositions et de provoquer le débat. Dans un esprit de co-construction, le groupe soumet aujourd’hui ses propositions aux citoyen.ne.s. Chacun.e peut réagir et bonifier les idées présentées.

    Et pour incarner ces débats, le groupe a prévu 4 temps forts, ouverts à tous.tes, dans 4 villes du territoire : Champagnier, Le Sappey en Chartreuse, Saint-Égrève et Grenoble. Sémawé intervient lors de ces 4 « Apéro’Politains » pour :

    • faciliter les prises de parole
    • faire émerger le débat
    • aider à l’élaboration de propositions concrètes

    Notre méthodologie

    L’équipe de Sémawé apporte ses méthodes participatives pour favoriser un débat constructif.

    Pas de sujets prédéfinis ; en début d’atelier, chaque participant.e affiche le sujet qu’il.elle veut aborder. Par un jeu de regroupement, les sujets similaires se rassemblent par familles et forment plusieurs petits groupes.

    Chaque groupe thématique part alors en discussion, chacun.e livre son approche du sujet traité, sa vision des choses. Après ces échanges, les participant.e.s sont invité.e.s à faire une proposition. Cette proposition est passée au crible du processus du vote par consentement. Autrement dit, une proposition n’est retenue que s’il n’y a aucune objection. Si objection il y a, le rôle de l’animateur.rice est d’aider le groupe à lever cette objection et à apporter les bonifications (améliorations) nécessaires pour que le groupe entier tombe d’accord sur une proposition.

    Une fois validée au consentement, la proposition peut être présentée au grand groupe en fin de séance.

    Par exemple sur le sujet de l’accueil des migrant.e.s, un groupe a proposé de regrouper les réseaux existants d’hébergement et de mettre en place une allocation solidaire pour les familles qui hébergent pendant une ou plusieurs nuits.

    Ce qui nous porte

    La démarche initiée par les Grenopolitains est une démarche d’ouverture qui fait écho à notre façon de concevoir le débat public. La dimension participative du projet nous semble fondamentale et nous avons plaisir à animer ces matinées.

    D’une part, nous apportons notre méthodologie et permettons aux participant.e.s de découvrir d’autres modes de prise de décision, comme la décision par consentement. Et d’autre part, nous repartons nourri.e.s par toutes les idées qui émergent pendant l’animation. Ce sont des idées concrètes pour faire avancer la Métropole vers plus de démocratie.

    Enfin, c’est un moment convivial où l’on partage des produits locaux, dans des lieux porteurs d’initiatives sur le territoire. C’est pour nous une démarche enthousiasmante et encourageante !

    Prochain rendez-vous

    Le prochain rendez-vous est donné : le samedi 6 juillet 2019 à la Bifurk à Grenoble !

    Retrouvez le programme de cette journée sur la page Facebook.

    Vous avez déjà plein d’idées, voici la plateforme pour participer : https://grenopolitains.fr/

    Vous souhaitez échanger avec le groupe des Grenopolitains ? contact@grenopolitains.fr

  • Le Festival Off d’Avignon, co-construire et rassembler !

    Lectutre : 3 minutes

    Vous connaissez probablement le célèbre Festival d’Avignon, son festival IN et son festival OFF.

    Chaque année depuis 1967 se tient le Festival Off d’Avignon qui attire pas moins de 1400 pièces de théâtre et 1 million de spectateurs sur 3 semaines dans les rues d’Avignon !

    À l’occasion du lancement du programme 2019, nous avons été sollicité.e.s pour animer un moment de rencontre initié par les organisateurs du Festival Off.

    Tout l’enjeu était de faire collaborer compagnies de théâtres, élus, commerçants, habitants et organisateurs du festival pour trouver un terrain d’entente et co-construire un avenir commun.

    Du jamais vu dans l’histoire du Festival Off. Cette initiative portée par le président d’Avignon Festival & Compagnie, Pierre Beffeyte, a été saluée par les participants qui attendaient pour certains ce moment d’échange depuis plusieurs années.

    La jeune et dynamique équipe du Festival a montré sa volonté de rentrer dans un nouveau cycle et d’améliorer les conditions pour tous les acteurs du territoire.

    Le site Profession spectacle a d’ailleurs rédigé un article enthousiaste au sujet de cet événement !

    Fluidifier les échanges et canaliser le groupe

    L’idée de départ était de recueillir les axes d’amélioration de chaque partie prenante pour créer un espace de partage.

    Sémawé a été missionnée pour animer et faciliter ce temps de concertation. Nous avons proposé de pousser le format pour en faire un échange participatif et solidarisant, notre envie étant de créer du lien entre des publics qui, à première vue, étaient plutôt dans des postures revendicatrices.

    3 thématiques ont été abordées : hébergement, mobilité, commerce restauration et éco-festival.

    Jeanne, Juliette et Aliocha ont animé chaque groupe dans le but de faire réfléchir les participant.e.s à des solutions qui pourraient améliorer les problématiques liées à chaque thème.

    La méthode d’intelligence collective des Chapeaux de Bono a permis de traiter les tensions et le besoin de partage et d’expression de l’ensemble des personnes présentes pour laisser ensuite place à la créativité et la recherche de nouvelles solutions constructives.

    Le rôle de Sémawé a été de créer le cadre qui permette :

    • la circulation égale de la parole
    • le respect de chacun.e sur les avis des autres
    • l’écoute mutuelle de chaque partie prenante
    • la construction d’un avenir commun en utilisant la force d’intelligence du collectif

    Les propositions retenues ont ensuite été présentées en débat mouvant, une phase d’échange collectif qui a permis de laisser remonter les objections des participant.e.s et d’affiner encore l’adhésion collective lorsqu’il y en avait.

    Un moment émouvant

    Après des années sans espace de discussion, la bienveillance commune et l’attachement partagé par chacun.e concernant le Festival Off ont suscité beaucoup d’émotion dans l’assistance.

    La prise de conscience et la joie de la co-construction ont été deux éléments révélateurs de l’envie de toutes et tous de prendre soin du Festival Off, un événement précieux pour le territoire !

    Des participant.e.s enthousiastes

    La clôture de la matinée a permis à chacun.e de s’exprimer sur son degré de satisfaction suite aux échanges. Le groupe s’est montré très enthousiaste quant à l’optimisme ressenti. Un soulagement commun a également été visible. Toutes et tous ont réalisé que peu importait le statut de chacun.e, les mêmes enjeux sont partagés en période de Festival !

    Notre analyse de la situation

    Quel que soit le sujet à travailler, lorsqu’il est nécessaire de rassembler un collectif avec des idées et des enjeux différents, la méthode de démarche participative est un élément indispensable pour créer les conditions d’une véritable écoute et d’une coopération constructive. Elle est la garante de l’écoute mutuelle puisqu’elle définit les règles de prise de parole et de la créativité positive en séparant bien les phases de réflexion.

    Rien de plus vrai pour créer du lien et donner envie aux personnes de changer de posture !